La Morning note de Mirabaud Securities - Update de l'après-midi

lundi, 15.05.2017

Aujourd'hui, la Morning note de Mirabaud Securities surveillera avec attention les commentaires du chef économiste de la banque centrale européenne (BCE) Peter Praet, l’Empire Manufacturing (Mai) et l’enquête NAHB (immobilier) de mai aux Etats-Unis.

L'analyste de Mirabaud Securities

Commentaires américains Mirabaud Securities

Les futures sur les principaux indices américains sont en légère hausse après un week-end qui aura été marqué par un nouveau tir de missile nord-coréen visant à tester leur capacité nucléaire et par l’intronisation d’Emmanuel Macron en France. Si les indices européens évoluent sans tendance signalons cependant que le FTSE 100 et le DAX ont touché de nouveaux records historiques ce matin.

Si cette semaine ne sera pas marquée par des statistiques économiques importantes les investisseurs ne devraient cependant pas chômer. En effet, si la publication des résultats du premier trimestre des entreprises tire sur sa fin, il faudra se focaliser sur d’autres nouveaux sujets. Rappelons en effet que ces derniers mois ont été marqués par 3 sujets spécifique :

  • L’élection présidentielle française
  • Les élections régionales en Rhénanie-du-Nord-Westphalie
  • L’attente de détails concernant la réforme fiscale aux Etats-Unis
  • La publication des résultats des entreprises (1er trimestre)
  • Les diverses réunions des banques centrales

S’il est probable que la volatilité reste sur ces bas niveaux pendant encore un moment (voir nos dernières études sur le sujet) d’autres thèmes et sujets vont rapidement émerger.

Parmi ceux-là on songe en premier lieu à l’élection présidentielle en Iran qui prendra part ce vendredi 19 mai. On imagine qu’en cas de défaite du président Hassan Rohani face à un conservateur, l’administration Trump pourrait s’immiscer dans la brèche. En effet, le nouveau gouvernement américain n’a de cesse de répéter depuis janvier que l’accord nucléaire avec Téhéran devrait être révisé voire annulé.

Rappelons qu’en 2013 Hassan Rohani, dignitaire musulman considéré comme « modéré », avait remporté l'élection présidentielle avec 50.7% des voix, en promettant de sortir l'Iran de son isolement diplomatique et de mettre un terme à la résidence surveillée des chefs de l'opposition.

Au niveau des sujets « sensibles », on songe aussi à la réunion de l’Opep du 25 mai qui pourrait remettre le prix du baril de pétrole au centre du débat. En effet, depuis un certain temps les indices ne réagissent plus au mouvement du prix du baril alors qu’il y avait une parfaite corrélation il n’y a pas si longtemps de cela….

 


Les principaux indices américains ont fini … sans tendance vendredi soir à la suite de statistiques économiques mitigées et de la poursuite de la baisse du secteur de la distribution.

Au niveau macroéconomique, les ventes au détail ont augmenté en avril aux Etats-Unis, mais moins que prévu, laissant tout de même penser que l'économie se reprenait après avoir fait pâle figure au premier trimestre.

Les prix à la consommation sont repartis à la hausse en avril aux Etats-Unis, mais cela s'explique avant tout par une flambée du secteur de l'énergie, et, surtout, les ventes au détail, témoin de la consommation, ont accéléré au même mois à un rythme moins prononcé que prévu.

L'indice de confiance des consommateurs du Michigan pour mai ressort en légère hausse à 97,7 contre 97, mais avec des anticipations d'inflation au plus bas absolu !

Au niveau des secteurs, les groupes de grands magasins, déjà sanctionnés la veille, ont continué de souffrir (en ligne avec nos attentes) après la publication par J.C. Penney de résultats dans le rouge et l'annonce par Nordstrom de ventes inférieures aux chiffres du consensus. L'action Norstrom a reculé de 10,84% accusant la plus forte baisse du S&P 500, tandis que le titre J.C. Penney a plongé 13,99%. De leur côté, les actions Kohl's et Macy's ont perdu respectivement 1,80% et 3,04%. Sur la semaine, ce sont aussi les secteurs des valeurs financières qui ont souffert. Le secteur de la technologie a été celui qui a été le plus en vue avec les fameuses 5 valeurs (Facebook, Apple, Amazone, Netflix et Google).

Du côté des hausses, le titre Apple, première capitalisation boursière mondiale, a de son côté signé la plus forte hausse du Dow avec un gain de 1,40%. A ce cours, la marque à la pomme vaut plus de 813 milliards de dollars en Bourse.

Les cours du pétrole ont terminé inchangés sur le marché new-yorkais Nymex, des données suggérant que la production de brut des Etats-Unis allait encore augmenter ayant une nouvelle fois conduit les investisseurs à s'interroger sur les effets réels de l'accord mondial de réduction de la production.

À la suite de la publication des chiffres de l’inflation américaine le billet vert a reculé de 0,44% face à un panier de devises tandis que les emprunts du Trésor à 10 ans ou l'or (qui est repassé au-dessus de sa moyenne mobile des 100 jours), ont gagné respectivement 0,66% et 0,33%.

Enfin, signalons que la volatilité (VIX) a continué de baisser, ce qui n’a cependant pas aidé les indices américains. Le VIX est maintenant sous la barre des 11 depuis 15 séances consécutives…

Statistiques américaines

Il y avait vendredi des statistiques économiques importantes, voici ce que nous avons relevé :

Hausse du moral !

Le moral des ménages aux Etats-Unis a progressé en mai alors que les analystes s'attendaient à une légère baisse. Il s'est établi à 97,7 points, en hausse de 0,7 point par rapport à avril (97 points). Le consensus attendait un indice à 96,5 points. Une estimation révisée sera publiée à la fin du mois. L'université a précisé que la moyenne sur les cinq derniers mois restait à 97,4 points et que l'enquête montrait toujours de vastes différences d'opinion entre les soutiens du parti républicain de Donald Trump et ceux de l'opposition démocrate. Il a précisé que l'indice reflétait deux tendances sous-jacentes avec des gains de revenus et une inflation faible amenant les consommateurs à avoir des attentes de hausse de revenu réel au plus haut en une douzaine d'années mais une baisse des intentions d'achats, notamment pour les logements et les automobiles.

L’inflation repart en hausse mais

Les prix à la consommation sont repartis à la hausse en avril après avoir reculé en mars pour la première fois en un an, selon l'indice CPI. L'indice des prix à la consommation a progressé de 0,2% en un mois, en données corrigées des variations saisonnières et conformément à la prévision du consensus. Ce rebond tient notamment à une hausse des prix énergétiques qui ont progressé de 1,1% sur un mois après deux mois consécutifs de recul. Les prix du carburant ont ainsi gagné 1,2% en avril après avoir dévissé de 6,2% le mois précédent. Sur un an et en données brutes, l'inflation continue sa lente décélération à 2,2%, contre 2,4% en mars et 2,7% en février, qui était son plus haut niveau en presque cinq ans. Vendredi, le ministère du Travail a par ailleurs indiqué que le salaire horaire réel aux Etats-Unis avait décéléré en avril en grappillant 0,1% sur un mois après une hausse de 0,4% en mars.

Ventes au détail moins forte que prévues

Les ventes au détail ont augmenté en avril aux Etats-Unis, mais moins que prévu. Le département du Commerce a annoncé que ces ventes avaient augmenté de 0,4% le mois dernier, après une hausse de 0,1% en mars et non pas une baisse de 0,2% comme annoncé en première estimation. Le consensus tablait sur une hausse de 0,6%. Par rapport à avril 2016, les ventes au détail affichent une hausse de 4,5%. Hors automobile, essence, matériaux de construction et alimentaire, les ventes au détail ont progressé de 0,2% après un gain de 0,7% en mars (+0,6% en première estimation). Cette définition des ventes au détail est celle qui correspond le mieux à la composante des dépenses de consommation intégrée dans le PIB.

Secteur de la distribution, suite

Le secteur de la distribution aux Etats-Unis est à feu et à sang en ligne avec notre message de prudence du 6 avril 2017 (Morning & Synthèses EU : Le secteur de la grande distribution est-il mort ?). En l’espace de 2 séances des valeurs comme Nordtröm, JC Penney et Macy’s pour ne nommer qu’elles, ont perdu plus de 15% de leur capitalisation boursière (respectivement -17%, -20% et -20%) et laisse craindre le pire pour l’avenir de la grande distribution « classique » qui ferme de nouveau magasin à un niveau sans précédent depuis le début de l’année.

Classique car c’est bien la distribution « en ligne » qui prend de plus en plus d’importance. Au rythme actuel, la distribution en ligne aura dépassé les ventes de la grande distribution dans 2 à 3 ans.

Et lorsque l’on parle de distribution en ligne on pense bien évidemment à un acteur comme Amazon.

Songez seulement : En terme de capitalisation boursière, Amazon représente aujourd’hui 8 fois la capitalisation boursière de l’indice de la grande distribution du S&P.

Rappelons aussi que selon les estimations, un peu plus de la moitié des achats de biens en ligne réalisés aux Etats-Unis vont aujourd'hui dans les comptes d'Amazon.

Court extrait de notre étude : (n’hésitez pas à nous demander l’étude complète)

(…) les incertitudes qui s’accumulent et un futur incertain, il n’en fallait pas plus pour qu’un secteur qui autrefois était l’un des fleurons de l’économie américaine devienne un paria.

L’effet Trump

Le renvoi de millions de clandestins (de quoi bouleverser l’emploi dans de nombreuses chaînes) et l’augmentation drastique les droits de douane vias à vis des importations en provenance du Mexique et de la Chine (rappelons que les américains ont importé pour 482 milliards de dollars de biens chinois en 2015) ou l’instauration d’une TVA (qui n’existe pas aux Etats-Unis) font planer le pire pour ce secteur.

La taxation va impacter le secteur

La mise en place d’une « border-adjusted tax » (BAT), c’est à dire une taxe aux frontières, est présentée comme la réforme clé de la nouvelle administration. La président Donald Trump pourrait également invoquer une loi d’urgence de 1977, qui permet de prendre des mesures temporaires en cas de menace jugée « exceptionnelle » pour l’économie, et d’imposer des droits de douane individuels contre des entreprises, sans trop de risques juridiques

La hausse des taux va impacter le secteur

C’est une lapalissade de dire que la grande distribution est extrêmement consommatrice d’espace. Et qui dit espace dit location et remboursement. La décorrélation entre les volumes de transaction dans le secteur de la grande distribution et les prix de location s’est accrue depuis le début 2015 et devrait poursuivre ce momentum dommageable pour les marges de la grande distribution.

Le mal vient cependant d’ailleurs

C’est bien évidemment la montée en puissance du commerce électronique. Le mode de consommation et le comportement des consommateurs se sont en effet transformé profondément et durablement beaucoup plus rapidement que prévu. Des changements auxquels certains distributeurs n’étaient pas préparés. Le e-commerce s’est développé d’une manière fulgurante depuis le début des années 2000.

Conclusion

Le secteur de la grande distribution (alimentaire et non-alimentaire) vit un tournant majeur pour son avenir car plusieurs facteurs négatifs s’accumulent. Ne pas comprendre par exemple que l’avenir passe obligatoirement par le e-commerce est une erreur monumentale. Amazon vient d’annoncer le recrutement de 100'000 personnes dans les 18 prochains mois et a, il y a bien longtemps (en 2015), dépassé la capitalisation boursière de WalMart.  Si c’est aujourd’hui le secteur américain qui est touché de plein fouet, demain ce sera le secteur européen. Forcément.

Aujourd’hui nous réitérons nos conclusions pour le secteur de la distribution et des craintes qui entourent l’avenir du secteur en Europe.

Vive les cyberattaques !

Une vague de cyberattaques sans précédent a frappé ce week-end une centaine de pays, affectant le fonctionnement de nombreuses entreprises et organisations, dont les hôpitaux britanniques, Renault et le système bancaire russe.

De la Russie à l'Espagne et du Mexique au Vietnam, des dizaines de milliers d'ordinateurs, surtout en Europe, ont été infectés par un logiciel de rançon exploitant une faille dans les systèmes Windows, divulguée dans des documents piratés de l'agence de sécurité américaine NSA.

Le 24 octobre 2016 nous sortions notre étude sur la cybercriminalité – Une autre guerre a commencé, investissons ! (n’hésitez pas à nous la demander !) ou nous expliquions que si le thème n’étais pas nouveau, il revenait fortement sur le devant de la scène et qu’il fallait surtout pas le négliger.

Nous expliquions qu’il était une évidence qu’il allait y avoir une forte augmentation de ce nombre de problèmes, internet reposant aujourd’hui sur des protocoles et une infrastructure conçus … avant que la cybersécurité ne soit un problème.

La crainte était d’autant plus grande que le monde connecté se reposait de plus en plus sur des fournisseurs de services de cloud.

Nous indiquions aussi que l’étude « The Global State of Information Security® Survey 2016 » réalisée par le cabinet d’audit et de conseil PwC avait étudié la façon dont plus de 10’000 dirigeants dans 127 pays gèrent et améliorent la cybersécurité dans leurs organisations. Au niveau mondial, le nombre de cyber-attaques recensées avait progressé de 38% en 2015 ; les budgets Sécurité des entreprises avaient, eux, augmenté de 24%, renversant la tendance baissière de 2014 (nombre total de 42,8 millions, soit l'équivalent de 117’339 attaques par jour). 

En France, le nombre de cyber-attaques avait progressé à hauteur de 51% au cours de l’année 2015 et les budgets de Sécurité des entreprises françaises avaient augmenté en moyenne de 29%, soit autant que les pertes financières estimées imputables à ces incidents (+ 28%).

En 2015, l’Office britannique des statistiques avait quant à lui, pour la première fois, intégré les chiffres de la cybercriminalité dans les statistiques nationales de la criminalité.

Nous réitérons notre message en affirmant que si toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne, le thème me peut pas être plus d’actualisé d’autant plus qu’à l’échelle mondiale, le coût estimé de la cybercriminalité atteint 400 milliards de dollars. De nouvelles mesures préventives contre ce risque sont par conséquent indispensables.

Il y a des moyens d’investir dans ce thème. N’hésitez pas à nous demander de quelle manière (à travers certains ETF notamment).

Les flux

Selon la très intéressante étude hebdomadaire de Bank of America Merrill Lynch les fonds d'investissement collectifs dédiés aux actions européennes ont enregistré des souscriptions nettes hebdomadaires record au cours de la semaine au 10 mai (élection d'Emmanuel Macron).