La Morning note de Mirabaud Securities

lundi, 08.05.2017

Aujourd'hui, la Morning note de Mirabaud Securities surveillera avec attention la réaction des indices européens suite à la victoire d’Emmanuel Macron aux élections présidentielles françaises.

L'analyste de Mirabaud Securities

Les principaux indices américains ont fini en hausse vendredi soir dans le sillage de la publication des chiffres de l’emploi américain (n’hésitez pas à nous redemander notre Flash Spécial Emploi d’avril 2017) et du rebond du prix du baril de pétrole. Le S&P 500 a marqué un nouveau record en clôture à … 2'399.29 ( !) points soit toujours en-dessous de 2'400 points et le Nasdaq a aussi connu un nouveau sommet historique.

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones a pris 0,32%, le S&P 500 a gagné 0,63% et le Nasdaq a avancé 0,88%, les trois principaux indices boursiers de Wall Street enchaînant leur troisième progression hebdomadaire de suite. Notons cependant que cela fait 8 séances de suite que le Dow Jones fait littéralement du surplace en ne progressant pas de plus de 0.2% ce qui n’était plus arrivé depuis … 1952 (1964 pour le S&P 500) !

Au niveau des secteurs, l'indice du S&P 500 regroupant les valeurs énergétiques a gagné 1,62%, affichant la plus forte hausse sectorielle du jour, juste devant les télécoms (+1,46%) et les matières premières (+1,43%). Les cours du pétrole ont en effet gagné plus de 1,8%, refaisant quelque peu le terrain perdu jeudi après que l'Arabie saoudite a dit dans la journée que l'on se dirigeait vers une prolongation de l'accord mondial de réduction de la production.

Seuls les compartiments pharmaceutique (0,06%) et financier (-0,10%) ont terminé la séance dans le rouge.

Au niveau des valeurs individuelles on a noté qu’Apple a touché un plus haut historique en séance. Au sein de l'indice Dow Jones, cela profitait aux majors pétrolières Chevron et ExxonMobil qui prenaient respectivement 0,94% et 0,47%.

À l’inverse le titre Revlon a plongé de 23,56% après que le groupe de cosmétiques a fait état d'une baisse de son chiffre d'affaires pro forma et d'une perte nette au premier trimestre, sous le coup notamment d'une moindre fréquentation des centres commerciaux. IBM quant à elle a perdu 2,51% après l'annonce de Warren Buffett de la vente d'un tiers de la participation que détenait son fonds Berkshire Hathaway dans le groupe informatique.

Au niveau des devises, le dollar a reculé de 0,22% face à un panier de devises. Contre l'euro, le billet vert est à un creux de six mois, les investisseurs étant confiant de voir Emmanuel Macron l'emporter face à Marine Le Pen lors du deuxième tour de l'élection présidentielle française.

Le rendement des bons du Trésor à 10 ans s'affichait vendredi à 2,352% comme la veille, et celui des bons à 30 ans à 2,990% contre 2,998%.

And the winner is

Emmanuel Macron est donc devenu le 8ème président de la 5ème république française.et succèdera à François Hollande. Synthèse et analyse.

Les faits

Emmanuel Macron devient à 39 ans le plus jeune président de la 5ème république en battant Marine Le Pen avec 65% des voix (non définitif). Il y a eu 4.2 millions de vote « blancs » (soit 9% des inscrits, un record historique) et 12 millions d’abstentionnistes. Selon l'institut Ipsos, 61 % des sondés ne souhaitent pas qu'Emmanuel Macron dispose d'une majorité absolue de députés à l'Assemblée nationale. Dans les raisons du vote en faveur d'Emmanuel Macron, 43 % des sondés mettent en avant leur opposition à Marine Le Pen. Un tiers des sondés ont voté Macron pour le renouvellement politique qu'il représente. 16 % approuvent son programme et 8 % ont voté pour sa personnalité. C’est dire le peu de motivation malgré le score net du nouveau président de la république française.

L’investiture

Emmanuel Macron entrera en fonction dès le jour de son investiture au palais de l'Élysée. À cette occasion se tiendra la passation des pouvoirs avec François Hollande. La journée d'investiture peut avoir lieu dès la proclamation officielle des résultats de l'élection par le Conseil Constitutionnel ou, au plus tard, le dernier jour du mandat du président encore en exercice. La date est alors fixée en concertation avec celui-ci. La Constitution n'établit aucune règle dans le déroulement de cette journée : dès que les résultats sont connus, le nouveau président élu doit simplement convenir avec son prédécesseur de la date où se tiendra la journée d'investiture. Depuis 1974, l'investiture du président nouvellement élu s'est toujours tenue entre 8 et 13 jours après son élection. Le plus souvent, cette date coïncide avec les commémorations du 8 Mai.

Entre ombre et lumière

L’élection d’Emmanuel Macron et son inexpérience suscite bien évidemment plusieurs questions majeures dont celle de savoir quelle politique économique et sociale il va tenter de mettre en place.

  • L’espoir

Le programme d’Emmanuel Macron est inspiré par deux philosophes, John Rawls (1921-2002) et Amartya Sen (né en 1933). Le premier est considéré comme le plus important philosophe politique du XXe siècle, le second a reçu le Prix Nobel d’Économie en 1998. C’est un courant de pensée connu sous le nom de « libéralisme égalitaire ». Son idée principale est que dans une société juste toute personne doit avoir la chance de réaliser ses projets, sans que des inégalités héritées de naissance ou issues des accidents l’en empêchent.

Au niveau économique, puisque c’est ce qui nous intéresse en premier lieu, c’est limiter les inégalités économiques de façon à améliorer, l’égalité équitable des chances et la situation des plus désavantagés. La conviction théorique d’Emmanuel Macron est que des gens de gauche, du centre et de droite peuvent adhérer à des principes fondamentaux, sans renoncer à leurs différences. Le nouveau président pourrait donc théoriquement réussir là où l’ancien a échoué…

  • La crainte

La crainte des investisseurs est bien évidemment qu’Emmanuel Macron poursuive la même politique que François Hollande. Son surnom n’est-il d’ailleurs pas Emmanuel Holland ou François Macron ? Si Emmanuel Macron a choisi théoriquement une ligne sociaux-libérale qui n’est pas celle de l’ancien président, va-t-il pour autant l’appliquer ? On rappelle ici que le nouveau président devra faire énormément de concessions ces prochaines semaines pour tenter de décrocher une majorité aux législatives de juin. Faute de quoi, il n’aura aucun pouvoir décisionnel et pourrait même devoir coabiter avec un premier ministre de droite.

Place aux législatives

Comme le rappelle le site du gouvernement français, le régime parlementaire, tel qu’il fut construit en Grande-Bretagne, a longtemps inspiré la doctrine constitutionnelle française. Il repose sur une idée simple : la souveraineté est détenue par l’unique assemblée élue au suffrage universel, celle-ci représentant directement le peuple.

L’élection législative est donc, en ce cas, l’élection clé de la vie politique, elle conditionne y compris la désignation du pouvoir exécutif, le Premier ministre étant mécaniquement le leader du parti qui l’a emporté. À la différence de ses devancières qui obéissaient à ce système, la France de la Ve République a fait le choix de faire coexister une assemblée élue au suffrage universel direct (l’Assemblée nationale) et un président élu de la même manière.

La prééminence institutionnelle du second sur la première a contribué à la dévalorisation relative du scrutin législatif, ce qui s’observe par exemple au niveau de l’abstention. C’est particulièrement évident quand les législatives suivent la présidentielle, ce que le quinquennat rend possible en alignant la durée des mandats présidentiel et législatif. L’élection des députés recouvre sa centralité dans les situations autres, notamment lorsqu’un président de la République doit affronter une élection législative au cours de son mandat.

Cette situation s’est présenté autrefois lorsqu’il n’y avait pas de concordance entre élection présidentielle (tous les 7 ans) et élections législatives (tous les 5 ans). Le président était alors confronté au risque de devoir, en cas de défaite de sa majorité aux législatives, « cohabiter » avec un Premier ministre du camp adverse. C’est ce qui arriva à François Mitterrand à la suite de revers essuyé par la gauche aux législatives de 1986, puis à nouveau en 1993 dans les mêmes conditions. Jacques Chirac connut la même situation après la défaite de la droite en 1997, à la suite de la dissolution anticipée de l’Assemblée nationale. La logique est en ce cas celle des élections dites du midterm aux États-Unis : à mi-mandat, le président doit parfois composer avec une Chambre des représentants qui lui est défavorable.

Les prochaines élections législatives auront lieu les 11 et 18 juin prochain et la question qui va prévaloir ces prochaines semaines sera bien évidemment de savoir si Emmanuel Macron va réussir (à coup d’alliance) à avoir une majorité présidentielle. Ce qui est très peu probable à l’heure actuelle.

Les prochaines élections

Si tout le monde se focalise maintenant sur les élections législatives allemandes de septembre prochaine, la réelle surprise pourrait cependant venir d’un autre pays : L’Iran. En effet, les prochaines élections présidentielles auront lieu le 19 mai prochain et l’actuel président Hassan Rohani n’est pas certain de remporter la mise. En effet, ses principaux adversaires viennent de rappeler à tout le peuple iranien (si besoin était) que le bilan économique de M. Rohani, notamment la faible croissance (1 %, entre mars 2016 et mars 2017) et le chômage élevé (officiellement de 12,4 %, mais sous-évalué), ne plaide pas en sa faveur.

On imagine bien que si un nouveau président plus « radical » devait être élu, cela pourrait à nouveau pousser la coalition internationale et notamment américaine à ajouter de nouvelles sanctions économiques qui pourraient raviver les tensions dans la région.

Réaction des marchés

  • Euro : Stable
  • Franc Suisse : Stable
  • Indice : Hausse
  • 10 ans français et italiens : Légère baisse
  • Secteurs en hausse : Banques françaises, grande distribution française, constructeurs automobiles français, moyenne capitalisation française -> Société Générale, BNP Paribas, Carrefour, Casino, Peugeot
  • Secteurs moins entourés : Valeurs exportatrices et exposées à l’étranger (semi-conducteur, luxe, boisson, la défense) -> STMicroeletronic, LVMH, Hermès, Pernod Ricard, Thales
  • Or : Légère hausse

Attention, nous tenons à rappeler ici que depuis le premier tour des élections présidentielles françaises, les indices européens, mais particulièrement le CAC 40 ont fortement progressé (plus de +8% pour le CAC 40 par exemple). Une prise de bénéfice bien méritée est très probable ces prochains jours donc (Sell on good news).

Résumé des grandes lignes sociales/politiques et économiques d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron est rapporteur de la Commission pour la liberté de la croissance français en tant que haut fonctionnaire en 2007. En 2008, il devient banquier d'affaires chez Rothschild, car l'échec de son militantisme local (il n'obtient pas son investiture aux élections législatives de Picardie) et l'élection de Nicolas Sarkozy l'ont poussé à changer de voie. En 2010, il est promu associé au sein de la banque et en 2012, il est nommé comme associé gérant.

En 2011, il soutient François Hollande lors de la primaire présidentielle socialiste.

En 2012, il devient secrétaire général adjoint de l'Elysée et seconde le nouveau secrétaire général, Pierre-René Lemas. Il est l'un des artisans du pacte de responsabilité et du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi. En 2014, il quitte son rôle de conseiller économique et financier au sein du cabinet de François Hollande. La même année, il est nommé ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement de Manuel Valls II. C'est le plus jeune ministre de l'Economie depuis Valéry Giscard d'Estaing.

Il crée son mouvement politique En Marche ! le 6 avril 2016 et démissionne du gouvernement la même année.

Emmanuel Macron a promis s'il est élu de s'engager sur six chantiers: réforme de l'école, "société du travail", modernisation de l'économie, sécurité, stratégie internationale et moralisation de la vie publique. En voici les principales mesures.

  • MORALISATION DE LA VIE PUBLIQUE/ DÉMOCRATIE

- interdiction pour les parlementaires d'exercer des activités de conseil

- fiscalisation de l'intégralité de la rémunération des parlementaires

- fin du régime spécial de retraite des parlementaires

- interdiction pour les parlementaires d'employer des proches ou des membres de leur famille

- interdiction de cumuler de plus de trois mandats identiques successifs

- interdiction pour tous les détenteurs d'un casier judiciaire (niveau B2) de se présenter à une élection

- réduction d'un tiers du nombre de parlementaires

- utilisation le plus souvent possible de la procédure d'urgence pour examiner les textes législatifs

  • TRAVAIL

- organisation "de la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l'entreprise"

- instauration d'un bonus/malus pour les entreprises abusant des CDD courts

- création d'un système universel d'assurance-chômage financé par l'impôt et piloté par l'Etat

- hausse de la prime d'activité de 50 %

- suspension du versement des allocations chômage après le refus de plus de deux offres pour un emploi "décent"

- suppression de la totalité des charges "générales" au niveau du SMIC. Pour tous les salaires: suppression des cotisations maladie et des cotisations chômage grâce à une augmentation de 1,7 point de la CSG, en protégeant les chômeurs et 40 % des retraités les plus modestes

- rétablissement des exonérations de cotisation sociales sur les heures supplémentaires

- suppression du Régime social des indépendants (RSI)

  • ÉCONOMIE/NOUVEAU MODÈLE DE CROISSANCE

- plan d'investissement de 50 milliards d'euros (dont 15 pour la formation, 15 pour la transition écologique)

- baisse de l'impôt sur les sociétés de 33,3 à 25 %

- transformation de l'ISF en "Impôt sur la fortune immobilière" (excluant le patrimoine financier)

- création d'un prélèvement unique sur les revenus du capital, de l'ordre de 30 %

- prime de 1.000 euros pour l'achat d'un véhicule moins polluant, neuf ou d'occasion

- rénovation d'un million de logements mal isolés

- 50 % d'aliments bio, écologiques ou issus des circuits courts dans les cantines scolaires ou d'entreprises d'ici 2022

- réduction à 50 % de "la part du nucléaire dans (la) production d'énergie"

  • ÉDUCATION

- autonomie pour les écoles "en termes de recrutement" au niveau pédagogique

- prime de 3.000 euros nets par an pour les enseignants en zone prioritaire Rep+

- dans ces zones, pas plus de 12 élèves par enseignant en CP-CE1

- création de 4.000 à 5.000 postes d'enseignants

- rétablissement des classes bi-langues, des sections européennes

- rétablissement des études dirigées

- interdiction de l'usage des téléphones portables au collège et à l'école primaire

- modernisation du baccalauréat en limitant l'examen final à quatre matières obligatoires

- les universités pourront recruter leurs enseignants et définir leurs formations

- enseignement sur le fait religieux à l'école

  • SÉCURITÉ

- création d'une "police de sécurité quotidienne"

- création de 10.000 postes de policiers et gendarmes

- création d'une injonction d'éloignement du territoire des délinquants, sous le contrôle du juge

- toute peine prononcée sera exécutée

- 15.000 nouvelles places de prison

- augmentation du budget de la Défense à 2 % du PIB

- création d'un état-major centralisé du renseignement rapportant directement au Conseil de défense auprès du président de la République

- création de centres pénitentiaires dédiés aux "foreign fighters" (combattants étrangers)

  • EUROPE

- limiter à un an la durée autorisée de séjour d'un travailleur détaché

- création d'une force de 5.000 garde-frontières avec les partenaires européens

- imposer les grands groupes internet sur leur chiffre d'affaires réalisé en France

- mise en place d'un budget de la zone euro avec un Parlement et un ministre de l'Économie et des Finances de la zone euro

- réserver l'accès aux marchés publics européens aux entreprises localisant au moins la moitié de leur production en Europe

- création d'un Fonds européen de défense qui financera les équipements militaires communs et d'un Quartier général européen permanent

- mise en place d'un mécanisme de contrôle des investissements étrangers en Europe pour préserver les secteurs stratégiques

- lancement dans toute l'Union européenne, après les élections allemandes de l'automne 2017, de conventions démocratiques, qui aboutiront à un projet adopté par tous les pays le souhaitant.

Précision importante

Nous vous rappelons que nos commentaires sont totalement dénués de toute préférence politique. Nous tentons d’être le plus objectif possible et le but de cette analyse est d’essayer d’interpréter les conséquences économiques que vont avoir l’élection d’Emmanuel Macron.

Bilan inquiétant

En juin 2015 et l’année passée, nous vous avions déjà fait remarquer que la Banque Nationale Suisse (BNS) avait un portefeuille important de devises mais aussi d’actions (entre autres américaines) géré de manière indicielle (de manière à ne pas envoyer des signaux indésirables aux marchés) consistant à reproduire des marchés.

Après le scandale Valeant (le titre ayant perdu très rapidement 50% après un simple Tweet d’Hilary Clinton), nous avions signalé que l’institution Suisse (selon le dernier rapport de l’autorité américaine de surveillance des marchés (SEC)), avait subi de lourdes pertes avec sa position détenue dans la société pharmaceutique (120 millions de francs estimés) ce qui avait soulevé des vagues de critiques sur la gestion des actifs de la Banque nationale.

En appliquant une gestion indicielle (en reflétant la composition de l’indice), la BNS subit en effet la volatilité des marchés et leur manque de visibilité.

Aujourd’hui, selon les documents publiés chaque trimestre par la BNS, l’on apprend que la part actions qu’elle détient est de 20% et que la valeur cumulée des actions américaines représente maintenant plus de 80 milliards de francs suisses.

Le détail de la composition de cette part action est aussi connu et l’on apprend notamment que les premières positions sont toujours trustées par Apple (18.9 millions d’actions à la fin du premier trimestre 2017 contre 15 millions un trimestre auparavant), Alphabet (2.16), Microsoft (26.25) et Johnson & Johnson (10.46) entre autre.

C’est bien évidemment la part en action Apple qui suscite le plus de questions. En effet, si on peut se réjouir des nouveaux records historiques de la marque à la pomme, un effondrement de la valeur pourrait impacter fortement le bilan de la BNS.

L’autre question, qui est plus plaisante, est de se demander si au rythme des achats mensuels de la BNS, l’action Apple peut vraiment baisser substantiellement. En effet, ce support de masse (ou cet acheteur mystérieux) soutient artificiellement son court de bourse. Et quand on sait le poids d’Apple dans le Nasdaq 100, on comprend maintenant que l’indice technologique (ou bio-technologique) batte de nouveaux records quasi toutes les semaines…

Performance des avoirs de la BNS par rapport au S&P 500.

Les flux

Selon l’excellente étude hebdomadaire de la Bank of America Merrill Lynch, les fonds d'investissements collectifs en actions ont subi des rachats sur la semaine au 3 mai tandis que ceux investis en obligations et en or ont bénéficié de souscriptions nettes, signe d'un moindre appétit des investisseurs pour le risque.

Les fonds dédiés aux actions, toute catégories géographiques confondues, ont enregistré 3,6 milliards de dollars de sorties nettes sur la période et une décollecte sur quatre des sept dernières semaines.

Les fonds dédiés aux actions américaines ont connu leur deuxième plus forte semaine de rachats nets en six semaines avec 9,3 milliards de dollars de sorties. En revanche, les fonds investis en actions émergentes ont enregistré une septième semaine consécutive de collecte nette pour un montant de 2,4 milliards sur la période, le plus élevé en près d'un mois.

Les souscriptions ont été légèrement positives sur les fonds en actions européennes et japonaises à hauteur de 300 millions et 19 millions de dollars, respectivement.

Les fonds obligataires, toutes catégories confondues, ont engrangé 9,7 milliards de dollars et des souscriptions nettes sur 18 des 19 dernières semaines. Toutefois, les fonds en obligations indexées sur l'inflation ont subi des rachats 100 millions de dollars comme sur trois autres des cinq dernières semaines, dans un contexte de fléchissement de la hausse des prix aux Etats-Unis. Les fonds en actions émergentes ont bénéficié d'une quatorzième semaine consécutive d'entrées nettes à hauteur de 2,5 milliards de dollars.

Enfin, les fonds investis en métaux précieux, principalement l'or, ont collecté 200 millions de dollars et ont enregistré des entrées nettes sur six des sept dernières semaines.

Cette semaine

Aujourd’hui nous surveillerons avec attention la réaction des indices européens suite à la victoire d’Emmanuel Macron aux élections présidentielles françaises.

Demain, c’est la production industrielle allemande qu’il faudra analyser de près ainsi que le rapport sur l’emploi américain préféré de Janet Yellen (Jolts).

Mercredi c’est l’inflation en Chine et les chiffres de l’import/export aux Etats-Unis qui pourraient apporter de la volatilité aux indices.

Jeudi nous nous intéresserons à la production manufacturière en Grande-Bretagne et à la réunion de la Banque d’Angleterre (BoE). L’inflation américaine (PPI) devrait aussi être intéressante à observer.

Finalement vendredi c’est la croissance allemande, la production industrielle en zone euro et l’inflation core aux Etats-Unis qui devraient dicter la tendance des indices.

Les indices européens devraient ouvrir en hausse ce matin dans le sillage de la victoire l’Emmanuel macron qui devient le 8ème président français de la 5ème république. Nous ferons tout de même attention au risque de prise de bénéfices (sell on good news) compte tenu de la récente performance des indices européens.

Tendance asiatique

Les indices asiatiques sont en légère hausse ce matin dans le sillage de la clôture des indices américains et la victoire (attendue) d’Emmanuel Macron. Si le Nikkei est en plus forte hausse c’est à mettre sur le compte du fait que l’indice japonais était fermé toute la semaine passée (au plus haut de 17 mois tout de même). La tendance est aussi à mettre sur le compte de statistiques économiques mitigées en Chine. Tout d’abord on a appris que la Chine avait vu ses exportations grimper de 8% sur un an en avril, après un rebond de 16,4% en mars, et ses importations progresser de 11,9%, contre une envolée de 20,3% en mars La Chine a ainsi dégagé le mois dernier un excédent commercial de 38 milliards de dollars (après 23,9 milliards en mars).

Actualité

Le Parti conservateur de la Première ministre britannique Theresa May a 18 points d'avance sur la principale formation de l'opposition, le Labour, ce qui lui donnerait une majorité d'au moins 132 sièges lors des législatives anticipées du 8 juin, à en croire un sondage de l'institut ICM pour le Sun on Sunday. Les Tories sont crédités de 46% d'intentions de vote, en recul d'un point, contre 28% pour les travaillistes, stables par rapport au précédent sondage ICM, ajoute le journal dominical.

Le bloc chrétien-démocrate CDU-CSU d’Angela Merkel accentue son avance sur les sociaux-démocrates du SPD selon un sondage Emnid diffusé samedi soir. A un peu plus de quatre mois des élections législatives du 24 septembre, la CDU-CSU est créditée de 36% des intentions de vote, sans changement par rapport à la précédente enquête Emnid parue il y a une semaine. Le SPD de Martin Schulz, qui entend priver Angela Merkel d'un quatrième mandat à la tête du gouvernement, recule lui d'un point, à 28% des intentions de vote. Les autres partis sont stables, le parti de la gauche radicale Die Linke et la droite antimigrants Alternative für Deutschland (AfD) se partageant la troisième place avec 9% des intentions de vote chacun. Suivent les écologistes des Grünen à 7% et les libéraux du FDP à 6%. Le total des autres formations est mesuré à 5% (+1).

La CDU a remporté dimanche les élections régionales dans le land du Schleswig-Holstein, où elle réalise un score en progression par rapport aux précédentes élections, en 2012, et conforte la position d'Angela Merkel à l'approche des élections législatives du 24 septembre. L'Union chrétienne-démocrate aurait obtenu 33% des voix, contre 30,8% il y a cinq ans, selon les premières projections réalisées pour la chaîne de télévision ARD sur la base de sondages sortie des urnes. Les sociaux-démocrates du SPD sont crédités eux de 26%, contre 30,4% en 2012, un score qui ne leur permettra de reconduire la coalition qu'il dirigeait avec les Verts et le parti de la minorité danoise SSW.

Le crédit à la consommation a augmenté de 16,43 milliards de dollars aux Etats-Unis en mars, par rapport au mois précédent, d'après les données publiées par la Réserve fédérale (Fed). En rythme annuel ajusté des variations saisonnières, la progression s'est établie à 5,2%. Le crédit à la consommation avait augmenté de 4,4% en février.

Les réserves de change de la Chine ont augmenté en avril pour le troisième trimestre consécutif et davantage que prévu, les mesures de contrôle des capitaux et la pause du mouvement de hausse du dollar ayant contribué à limiter les sorties de yuans. Les réserves ont augmenté de 21 milliards de dollars le mois dernier pour atteindre 3.030 milliards de dollars, après une hausse de 3,96 milliards à 3.009 milliards en mars.

Energie / Utilities   

►               Pacific Drilling S.A. a annoncé une perte nette de 99,8 millions USD pour le premier trimestre 2017, soit 4,69 USD par action diluée, contre une perte nette de 43,0 millions USD, soit 2,03 USD par action diluée au quatrième trimestre 2016 et une perte nette de 2,5 millions USD, soit 0,12 USD par action diluée au premier trimestre 2016.

►               Un gisement de gaz naturel, potentiellement important, a été découvert au Turkménistan, non loin des côtes de la mer Caspienne, rapporte samedi l'agence de presse nationale TDH. Les exportations de gaz sont la principale source de devises fortes de cette ex-république soviétique d'Asie centrale, qui est en pourparlers avec l'Union européenne pour faire passer un gazoduc via la Caspienne, afin de relier ses gisements aux marchés européens. La nouvelle découverte a été faite sur les terres, dans le secteur d'Ouzounada, à une profondeur d'environ 7.000 mètres, précise TDH.

►               Total a annoncé qu'il mettait progressivement à l'arrêt la production de sa raffinerie de Feyzin, au sud de Lyon, en raison d'un mouvement de grève. Environ 190 des 600 salariés de la raffinerie, qui produit 117.000 barils par jour, ont entamé une grève jeudi soir à l'appel du syndicat Force ouvrière, majoritaire à Feyzin, après le blocage de discussions avec la direction sur des bonus et d'autres questions, a déclaré une porte-parole du groupe.

Prix du baril

Le prix du baril de pétrole tente un rebond ce matin en Asie après avoir touché ses plus bas niveaux de l’année la semaine passée.

Industrie / Minières / Automobile

►               La firme de conseil aux actionnaires Ivox Glass Lewis recommande aux actionnaires de Linde de ne pas soutenir son directoire et ses administrateurs en raison de leur gestion du projet de fusion avec Praxair.

►               Alitalia, dont trois administrateurs extraordinaires ont pris les rênes mardi, était endettée à hauteur de trois milliards d'euros à la fin février, a fait savoir le gouvernement.

►               Les Etats-Unis cherchent à conclure des contrats d'armement avec l'Arabie saoudite pour plusieurs dizaines de milliards de dollars avant la visite ce mois-ci du président Donald Trump dans le pays, a-t-on appris de source proche des discussions.

►               Le président du conseil d'administration d'ABB, Peter Voser, critique le comportement des conseillers professionnels en vote, dans une interview diffusée samedi à Schweiz am Wochenende. Il dit ne pas comprendre certaines actions de ces consultants.

►               Subaru devrait vendre un nombre record de près de 1,1 million de véhicules sur l'exercice 2017-2018, clos le 31 mars, ce qui représenterait une hausse de 6% par rapport à 2016-2017, rapporte le journal Nikkei. Le septième constructeur automobile japonais, détenu à 16,8% par Toyota, devrait dégager sur l'exercice en cours un résultat opérationnel de quelque 410 milliards de yens (3,31 milliards d'euros) et un chiffre d'affaires en hausse de 3%, ajoute le quotidien. Subaru, qui réalise 60% de ses ventes aux Etats-Unis, devrait également laisser son dividende inchangé à 144 yens pour 2016-2017, poursuit Nikkei.

Financières

►               L'annulation de l'entrée en Bourse de l'unité chapeautant les affaires helvétiques de Credit Suisse a coûté moins de 10 millions de francs à l'établissement zurichois. Dans l'ensemble, les coûts liés à la création de cette entité ont atteint 200 millions l'an dernier.

►               La Banque d'Italie demande à EFG International de mettre en oeuvre certaines mesures pour ses bureaux de Milan et Côme, hérités de la reprise de BSI. Le gestionnaire de fortune zurichois examine avec la banque centrale italienne les procédures recommandées.

►               Warren Buffett a qualifié samedi de "grosse, grosse erreur" la gestion par Wells Fargo de l'affaire de l'ouverture de 2 millions de comptes au nom de clients sans leur autorisation.

►               Westpac a annoncé un bénéfice net en hausse de 6% au premier semestre de son exercice décalé, grâce à une performance solide de son secteur institutionnel. L'établissement a dégagé un bénéfice net de 3,90 milliards de dollars australiens (2,63 milliards d'euros) lors du semestre qui s'est achevé le 31 mars. Le résultat net hors amortissements et exceptionnels (cash profit), chiffre le plus regardé par le marché parce qu'il reflète plus justement les performances opérationnelles d'une banque, est ressorti en hausse de 3% à 4,01 milliards de dollars australiens. Westpac a maintenu inchangé son dividende à 94 cents.

Informations et Technologies

►               Les autorités chinoises vont durcir la réglementation sur internet, s'engageant dimanche à renforcer les contrôles sur les moteurs de recherche et sur les portails d'information en ligne, dernière mesure en date du président Xi Jinping pour maintenir l'emprise du Parti communiste sur les contenus diffusés

Consommation

►               Le vignoble de Bordeaux pourrait perdre environ la moitié de sa prochaine récolte après les deux nuits de gel qui ont touché l'ensemble du vignoble à la fin du mois d'avril, a déclaré samedi à Reuters Bernard Farges, président du Syndicat des vins Bordeaux et Bordeaux Supérieur.

Pharmaceutique

►               Roche lance la commercialisation du test de diagnostic Ventana PD-L1 pour le médicament immunothérapeutique Keytruda de son concurrent Merck dans le traitement du cancer du poumon métastasique non petites cellules. Le test est distribué dans les pays qui acceptent le label CE, a précisé Roche, vendredi soir aux Etats-Unis

►               Sanofi a annoncé avoir décidé de conserver son activité de sous-traitance de principes actifs chimiques, écartant ainsi les options d'une cession ou d'une coentreprise, au grand soulagement des salariés des deux usines françaises concernées. Cette décision a été prise "compte tenu de l'amélioration des résultats observée récemment" de cette activité et de ses "perspectives prometteuses" de développement, selon une déclaration du groupe transmise à l'AFP.

►               Roche lance la commercialisation au niveau mondial d'une nouvelle palette de tests en oncologie, destinée aux laboratoires de séquençage génétique. Le dispositif d'analyse Avenio ctDNA permet de détecter les quatre catégories de mutations dans l'ADN tumoral circulant et d'établir le profil génomique complexe de différents stades de types tumoraux, assure le groupe.

La statistique du jour

 

 


 

 
 

 
 

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