La Morning note de Mirabaud Securities - Update de l'après-midi

jeudi, 04.05.2017

Aujourd'hui, la Morning note de Mirabaud Securities surveillera avec attention la publication des ventes au détail en zone euro ainsi que les chiffres de l’import/export aux Etats-Unis.

L'analyste de Mirabaud Securities

Commentaires américains Mirabaud Securities

Les futures sur les principaux indices américains sont en hausse au lendemain du statu quo de la Réserve fédérale américaine (Fed) et d’un semblant de débat en France qui aurait donné comme vainqueur Emmanuel Macron (très probable futur président de la République française donc). Si ce sont les sondages d’après-débat qui le disent, ce sont aussi le mouvement des obligations. En effet, l'écart de taux entre les obligations d'Etat françaises et allemandes à dix ans est tombé ce matin à son plus bas niveau depuis novembre, après le combat de rue entre les deux protagonistes. Le taux des OAT à 10 ans dépasse maintenant de 0,4 point de pourcentage celui des Bunds allemands, contre un écart de 0,78 point avant le premier tour de l'élection présidentielle.

Si les indices européens sont en belle hausse ce matin, c’est aussi grâce à la publication d’une très belle croissance du privé en zone euro. On a en effet appris que le secteur privé de la zone euro a entamé le deuxième trimestre en enregistrant sa meilleure performance depuis six ans en avril. En détail, l'indice PMI composite a grimpé à 56,8 en avril, contre 56,4 en mars. Les chiffres montrent également que la croissance reste solide en Allemagne et en France et accélère en Espagne et en Italie, les quatre plus grandes économies de la zone euro. La hausse des indices européens est finalement à mettre sur le compte de la publication de résultats d’entreprises probants. La micro prenant enfin le dessus sur la macro comme cela est le cas aux Etats-Unis.

À noter ce matin que nous avions la très intéressante publication des volumes d’activité d’Euronext pour avril. Le volume a été conséquent puisque le volume quotidien moyen de transactions observé sur les marchés cash du groupe a augmenté de 21,7% sur un an, et aussi de 14,4% en données séquentielles, c'est-à-dire par rapport au mois de mars.

Il s'agit du 4ème mois consécutif d'amélioration ainsi que du volume de transaction moyen (8,5 milliards d'euros) le plus élevé depuis février 2016. Lors de la séance du 24 avril, le record annuel de 15,9 milliards d'euros a même été constaté.

Du côté des ETF (ne manquez pas notre Update sur les ETF dans notre Morning & Synthèse EU du jour), le volume quotidien moyen s'est établi le mois dernier à 549 millions d'euros, inchangé sur un an et en hausse de 7,3% par rapport à mars. Enfin, en ce qui concerne les produits dérivés sur indices, les hausses ont atteint 28,5% sur un an et 19,6% sur un mois. Le 19 avril, le volume de contrats échangé (833.262 unités portant surtout sur le CAC 40) a atteint un record depuis décembre 2014.


Les indices américains ont fini en ordre dispersé hier soir après le statu quo de la Réserve fédérale américaine (Fed) et la clôture étale d’Apple. Intéressant (voire inquiétant) de constater que le S&P 500, lors des 5 dernières séances, a connu en clôture un plus bas de 2'384 points et un plus haut de 2'391 points….

Parmi les indicateurs de la séance, à deux jours des chiffres officiels et plus complets sur l'emploi américain en avril, la société de services informatiques ADP a annoncé un ralentissement des créations d'emploi en avril. Elles se sont établies à 177’000, soit juste au-dessus de ce à quoi s'attendaient les analystes, et le chiffre du mois précédent a été révisé à la baisse.

L'indice des valeurs financières du S&P 500, dont les investisseurs considèrent qu'elles bénéficient d'un environnement de hausse des taux, a terminé en hausse de 0,33%.

Dans le secteur des médias, Viacom a chuté de plus de 7,5% et Twenty-First Century Fox de 5,1% après que Time Warner (-0,28%) a dit s'attendre à une baisse de ses revenus publicitaires au deuxième trimestre. En revanche, le groupe New York Times a pris près de 12,6% après avoir fait état d'une progression record des abonnements à son offre numérique ayant compensé la baisse des ventes du journal papier

Au niveau des valeurs individuelles le titre Delphi Automotive, en tête du S&P 500, a bondi de 11%. L'équipementier automobile a annoncé la scission de ses activités de transmission pour se concentrer sur le développement des technologies nécessaires aux véhicules autonomes et électriques.

Les cours du pétrole ont fini en légère hausse hier soir après des chiffres hebdomadaires mitigés sur l'offre américaine, qui n'ont pas suffi à franchement sortir le marché d'une déprime perceptible depuis la fin avril.

L'or a cédé plus de 1%, à un plus bas depuis la fin mars, pénalisé par la hausse du dollar et après avoir enfoncé ses moyennes mobiles à 50 et à 200 jours.

Sur le marché des changes, le dollar a accru ses gains après la publication du communiqué de la Fed progressant de 0,35% face à un panier de devises de référence. L'euro s'échangeait à moins de 1,09 dollar, contre 1,0915 juste avant le communiqué de la Fed.

Le rendement des bons du Trésor à 10 ans montait hier soir à 2,322% contre 2,287% mardi soir, tandis que celui des bons à 30 ans baissait à 2,972% contre 2,975%.

Statistiques américaines

Il y avait hier des statistiques économiques importantes, voici ce que nous avons relevé :

Un ADP légèrement meilleur que les attentes

Le secteur privé aux Etats-Unis a créé 177’000 emplois en avril, un chiffre légèrement supérieur aux attentes, montre l'enquête mensuelle publiée par ADP. Le consensus anticipait 175’000 créations d'emploi.

Il s'agit du rythme de créations d'emploi le plus faible depuis octobre 2016. Le chiffre du mois de mars a été révisé en baisse à 255’000 emplois créés au lieu des 263’000 estimés initialement.

Rappelons que les chiffres officiels des créations d'emploi d'avril seront publiés demain par le département du Travail et portent à la fois sur le secteur privé et le secteur public (attente du consensus du 190'000 contre 98'000 en mars).

Accélération dans les services

Selon l’ISM auprès des directeurs d'achats la croissance du secteur des services a accéléré en avril aux Etats-Unis, soutenue par une hausse des nouvelles commandes. En détail, l'indice ISM des services est ressorti à 57,5 le mois dernier contre 55,2 en mars. Le consensus était positionné à 55,8. Le sous-indice de l'activité dans les services a quant à lui progressé à 62,4 le mois dernier, contre 58,9 en mars et un consensus à 58,4. Le sous-indice de l'emploi a en revanche baissé à 51,4, son plus faible niveau depuis août, contre 51,6 en mars. L'indice des nouveaux contrats s'est établi à 63,2 en avril, à son plus haut niveau depuis août 2005, et après 58,9 en mars. La composante des prix payés par les prestataires de services a progressé à 57,6, après 53,5 en mars. Selon ISM, la croissance de l'activité du secteur manufacturier aux Etats-Unis a ralenti plus fortement que prévu en avril.

Baisse des stocks de brut

D'après le rapport du jour du Département américain à l'énergie pour la semaine close au 28 avril, les stocks domestiques de brut hors réserve stratégique se sont établis en repli de 0,9 million de barils en comparaison de la semaine antérieure (consensus -3,3 MB).

Les stocks d'essence ont quant à eux augmenté de 0,2 million de barils. Enfin, les stocks de distillés ont régressé de 0,6 million de barils.

La réunion de la Fed

La Réserve fédérale américaine (Fed) tenait sa réunion de mai hier soir. S’il n’y avait aucune conférence de presse au programme la lecture du communiqué fut néanmoins intéressante.

Les faits

Le comité de politique monétaire a ainsi décidé à l'unanimité de ses neuf membres de maintenir les taux dans une fourchette de 0,75% à 1% à l'issue de sa réunion, après le relèvement d'un quart de point décidé en mars par le FOMC.

La croissance

Les responsables monétaires ont été encouragés dans leur évaluation optimiste de la situation de l'économie américaine par l'amélioration du climat des affaires et un rythme de croissance des salaires au plus haut depuis une décennie. Le communiqué signale que le comité considère que le ralentissement de la croissance au premier trimestre est vraisemblablement transitoire.

La Fed note que les dépenses des ménages n'ont augmenté que modestement (+0,3% au 1T) mais assure que les fondamentaux soutenant la progression de la consommation demeurent solides. Elle relève que les investissements des entreprises se sont raffermis. Entendre une erreur de parcours.

L’inflation

La Fed note que l'inflation a décliné sur un mois en mars -hormis les secteurs volatils de l'alimentation et de l'énergie- et qu'elle reste globalement "un peu en-dessous" de son objectif annuel de 2% (1,8%, selon l'indice PCE).

Quels sont les risques

La banque centrale continue de surveiller les développements financiers et internationaux. Elle estime que les risques pour l'économie à court terme sont "équilibrés".

Le marché du travail

Selon le communiqué de la Fed, le marché du travail a continué de se renforcer alors que la croissance de l'activité ralentissait et les fondamentaux soutenant la croissance continue de la consommation demeurent solides.

La réduction du bilan de la Fed

Le communiqué ne revient pas sur le bilan de Fed. Rappelons que le comité de politique monétaire doit annoncer d'ici la fin de l'année le calendrier et les modalités de la réduction de son bilan de 4’500 milliards de dollars.

Réaction de marché

Indices : Hausse

Dollar : Hausse

10 ans américain : Hausse

Or : Baisse

Conclusion

Si certains membres du FOMC ont dit qu'ils souhaitaient disposer de plus de données avant de poursuivre la normalisation de la politique monétaire, on comprend bien à travers le communiqué de la Fed que le marché du travail et la croissance américaine (malgré la faiblesse du premier trimestre). Preuve en est qu’après la lecture du communiqué la probabilité d’une hausse des taux en juin est remonté à 94%....

Rappelons que la prochaine réunion monétaire est prévue les 13 et 14 juin 2017,

C’est un comble !

À y voir de plus près, on a constaté que la croissance de la zone euro avait été plus forte que celle des Etats-Unis au premier trimestre 2017 ? Un comble ! Ceci confirme et justifie cependant les flux acheteurs que rencontre le vieux continent depuis maintenant plusieurs semaines. La zone euro serait en passe de revenir sur les rails de la normalisation.

Alors oui le contexte est assez spécifique. D’un côté de l’Atlantique les effets saisonniers et une méfiance des consommateurs suite à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump peuvent expliquer (en partie en tout cas) la faible croissance (+0.7%) publiée la semaine passée.

D’un autre côté, l’amélioration progressive des perspectives conjoncturelles et la vigueur économique de pays comme l’Allemagne sont des arguments en faveur d’une meilleure croissance économique (+1.8% en rythme annualisé).

Si on se fie aux toutes premières prévisions du modèle prévisionnel de la Fed d’Atlanta (GDPNow), cette différence assez inédite devrait bientôt être comblée (puisque la prévision est actuellement de +4.3% pour le deuxième trimestre).

Cependant il s’agit de ne pas nier le fait que la croissance (molle certes) en zone euro est de retour et que les flux acheteurs vont continuer à venir alimenter le vieux continent.

Ne pas oublier le revers des ETF

La SEC (Securities Exchange Commission) vient d’approuver le lancement de 2 ETF à quadruple levier. Tant à la hausse qu’à la baisse. Ces produits explosifs sont concrètement le ForceShares Daily 4X US Market Futures Long Fund (sous le ticker UP) et le ForceShares Daily 4X US Market Futures Short Fund (sous le ticker DOWN).

Un des fonds a été créé pour délivrer 400% de la performance journalière du S&P 500. L’autre fond a été créé pour répliquer 4 fois l’inverse du benchmark. Plus concrètement, un fond pourrait progresser de 8% sur la journée alors que l’indice perdrait 2%....

Si les ETF à triple levier existent déjà aux Etats-Unis, c’est plutôt en Europe que l’on trouve les ETF les plus réactifs.

Au-delà de cette anecdote, c’est bien tout la sphère des ETF (avec ses excès) qui est mis en avant. Il nous convient donc de faire un petit passage en revue du phénomène qui ne fait que de grandir.

La croissance du phénomène

La croissance du phénomène est très importante et prend, en termes de volumes, des proportions quasi exponentielles.

Si la tenue d’actifs « passifs » dans les portefeuilles reste faible en comparaison avec les actifs « actifs », la détention des ETF a cependant progressé de près de 10% en seulement 7 ans.

Historique des ETF

Si les ETF existent depuis plus de vingt ans, la thématique a pris de plus en plus d’ampleur après la crise financière de 2008. Fin 2007, on comptait 1'181 différents ETF à travers le monde. Fin 2015 le chiffre était de 4'396.

L’industrie des ETF a affiché une collecte nette record de 375 milliards de dollars en 2016 contre 348 milliards de dollars l'année précédente.

En 2016, sur les ETF européens, la collecte des ETF obligataires européens (22,4 milliards) a, pour la première fois, dépassé celle des ETF actions (15,9 milliards).

L'essor rapide de ce type de produit a répondu à la demande des clients qui souhaitaient un accès instantané, une surperformance (en moyenne) et à moindre coût à de nouvelles opportunités d'investissement dans le monde entier.

Quelles sont les prévisions pour le futur ?

Selon les dernières prévisions, le secteur des ETF devrait atteindre plus de 7'000 milliards en 2021.

Quels sont les risques ?

L’utilisation des ETF comportent plusieurs risques assez distincts, nous les listons ci-dessous :

  • La variation est souvent plus importante que le sous-jacent

On a constaté que dans plusieurs cas (notamment lors des flash-crash) les baisses des ETF étaient bien plus importantes que les indices qu’ils étaient sensé répliquer.

Les raisons de tels écarts étant à mettre sur le fait que les ETF market makers ou les Broker-dealers qui achetaient et vendaient ces produits étaient dans l’incapacité de calculer un prix ou de hedger leurs positions. Rappelons que le calcul du prix (price) d’un ETF à un instant donné dépend d’un mécanisme d’arbitrage qui permet au prix de l’ETF de répliquer la Net asset value (NAV ou valeur d’inventaire).

  • Le risque du prix

Il y a plusieurs risques liés au prix et tout particulièrement le risque de spread attaché à l’indice. C’est-à-dire l’écart entre le prix de l’offre et celui de la demande. Sur un indice exotique par exemple, avec un marché difficile d’accès, peu de sociétés pourront pricer ce produit et le spread sera plus large. Nyse Euronext publie des statistiques mensuelles rendant compte des spreads moyens. Sur les ETF les plus liquides, les spreads sont de l’ordre de 5 à 6 points de base, sur les ETF les moins liquides les spreads peuvent atteindre 400 pb.

  • Le manque de liquidité

Pour qu’un ETF puisse être acheté ou vendu rapidement il faut bien évidemment que le sous-jacent soit liquide. Cependant plusieurs ETF qui ont été lancés dernièrement répliquent des actifs qui ont du mal à être valorisés lorsque la volatilité devient importante. Par exemple, des obligations (à haut rendement notamment) ou des petites entreprises ne peuvent pas être vendues rapidement sans que cela ne mette de la pression sur le prix.

Lors de la crise de 2008, on estime que les obligations détenues par les ETF représentaient quasiment l'équivalent de ce que les banques assurant la tenue de marché détenaient elles-mêmes dans leurs bilans.

Le problème de liquidité ne concerne donc pas l’ETF en lui-même mais les volumes de transactions sur les actifs sous-jacents.

  • Les HFT

Le trading à haute fréquence (HFT) a pris une telle ampleur dans le marché des ETF qu’il « capte » la majeure partie de la liquidité, mais aussi et surtout des meilleurs prix. Ce d’autant plus que certains marchés sur lesquels sont traités les ETF par les machine de HFT souffrent d’un manque de transparence….

  • Le risque de contrepartie

On observe plusieurs méthodes de réplication d’indice dans les ETF qui sont émis. Deux méthodes principalement se distinguent : la méthode de réplication synthétique, la méthode de réplication physique. Lorsque l’on fait de la réplication synthétique, on fait rentrer dans le processus des contreparties et on ajoute un type de risque supplémentaire. On a pu voir en 2007 quelle importance pouvait avoir ce risque de contrepartie avec la faillite de Lehman Brothers. Ce risque revient à ne pas connaître ou à mal identifier la contrepartie. Il est d’autant plus significatif, qu’il est plus aisé de lancer sur le marché des ETF en réplication synthétique que des ETF qui suivent la méthode de réplication physique.

  • La légitimité

Il est parfois surprenant de voir des ETF proposés par une filiale de grande banque sur des indices créés par une autre filiale de la même banque. Cela pose la question de la légitimité de l’indice. L’intérêt d’un ETF est d’acheter le marché via un benchmark représentatif de ce marché. Si un indice n’a pas de track record, alors il n’offre guère de représentativité.

Conclusion

Ne nous voilons pas la face, les ETF sont des véhicules d’investissements extraordinaires avec plusieurs avantages évidents (simplicité d’utilisation, frais réduits, diversification, large offre) qui permettent d’éviter plusieurs excès de marché dans certains cas. Cependant il convient de surtout pas oublier les risques de ces produits qui pourraient potentiellement créer une bulle incontrôlable dans certains cas….

Aujourd’hui

Aujourd’hui, nous suivrons avec attention la publication des ventes au détail en zone euro ainsi que les chiffres de l’import/export aux Etats-Unis.

Les indices européens devraient ouvrir ce matin sans tendance dans le sillage de la clôture américaine, du statu quo de la Fed et au lendemain d’un débat politique (vraiment ?) d’entre deux tours totalement stérile entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Tendance asiatique

Le Nikkei étant toujours fermé aujourd’hui, les autres indices asiatiques sont à la baisse ce matin dans le sillage des incertitudes géopolitiques (la Corée du Nord vient de menacer son « allié » chinois). La tendance est aussi portée par la publication d’une statistique économique chinoise décevante. On a en effet appris que la croissance des services avait ralenti en avril à un plus bas de près d'un an selon l'enquête Caixin/Markit auprès des directeurs d'achats. En détail, 'indice PMI des services s'établit à 51,5 en avril sur une base ajustée des variations saisonnières, contre 52,2 en mars. Le secteur des services a progressé à son rythme le plus faible depuis mai 2016. C'est le quatrième mois de recul successif de l'indice.

Actualité

Le gouverneur de Porto Rico a demandé à ce que le territoire américain soit déclaré en situation de faillite, afin de pouvoir restructurer sa lourde dette de plus de 70 milliards de dollars. C'est la plus grosse faillite d'une entité territoriale jamais déclarée aux Etats-Unis mais elle ne présente pas de risque systémique pour le système financier américain.

La production industrielle du Brésil a enregistré une baisse plus forte que prévu en mars (1,8%) par rapport à février, mais progressé de 1,1% sur un an, selon des chiffres officiels publiés, alors que le pays est plongé dans une récession historique.

Energie / Utilities   

►               Les autorités européennes cherchent à déterminer si la vente à EDF de l'activité réacteurs d'Areva est susceptible de nuire à la concurrence et à l'innovation sur le marché nucléaire, a-t-on appris auprès d'une personne informée de cette initiative. La Commission européenne est en train d'examiner l'un des volets du plan de sauvetage d'Areva qui verrait EDF prendre une participation de 51% à 75% d'Areva NP, qui conçoit, construit et entretient les réacteurs nucléaires. Ses services de la concurrence décideront d'ici le 29 mai s'ils approuvent l'opération avec ou sans conditions ou s'ils ouvrent une enquête approfondie de quatre mois.

►               Pemex (publique) a annoncé un bénéfice net de 4,6 milliards de dollars au premier trimestre de 2017, après une perte de 3,2 milliards enregistrée sur la même période l'an dernier. "Pour le deuxième trimestre consécutif, Pemex a enregistré un résultat net positif, ce qui ne s'était pas produit en quasiment six ans", s'est félicité lors d'une téléconférence le directeur financier Juan Pablo Newman. L'entreprise avait enregistré un bénéfice de 3,8 milliards de dollars au 4e trimestre de 2016. Ces résultats s'expliquent principalement par le redressement des cours du pétrole et l'appréciation du peso face au dollar au premier trimestre, selon les responsables de l'entreprise. La monnaie mexicaine, qui avait atteint son plus bas historique début janvier, à 22 pesos pour un dollar, s'est depuis appréciée de 15% pour s'échanger à 18,72 pesos pour un dollar à la fin du trimestre. Sur l'année 2016, la compagnie pétrolière mexicaine a subi une perte nette de 14,3 milliards de dollars, deux fois moins qu'en 2015, grâce à une politique d'"austérité" et d'"efficacité" pour contrôler ses coûts, selon la société.

►               Siemens a dépassé les attentes du marché en termes de commandes, de chiffre d'affaires et de bénéfice au deuxième trimestre de son exercice fiscal, l'ensemble de ses activités ayant dégagé des profits supérieurs aux prévisions à l'exception de la division santé qu'il entend scinder. Les commandes ont augmenté de 1% à 22,6 milliards d'euros, les ventes de 5% à 20,2 milliards d'euros et le bénéfice des activités industrielles de 18% à 2,49 milliards, ce qui a permis d'atteindre une marge de 12,1%, a annoncé le conglomérat. Tous ces résultats sont supérieurs aux attentes moyennes du consensus. Le bénéfice de 588 millions d'euros de la division Healthineers est en revanche inférieur au consensus des analystes à 620 millions d'euros. Le groupe a confirmé ses objectifs annuels pour l'exercice fiscal qui s'achèvera fin septembre. Il a déclaré qu'il entendait mettre l'accent sur l'intégration de Mentor Graphics et qu'il s'attacherait à lancer sur de bonnes bases les activités dans les énergies renouvelables qui se trouvent au sein de Siemens Gamesa Renewable Energy, tout en gardant un oeil attentif à sa performance opérationnelle

►               Statoil a présenté des résultats trimestriels meilleurs que prévu grâce à la remontée du prix des hydrocarbures et à une hausse de sa production. Après une perte de 2,8 milliards de dollars au quatrième trimestre de l'an dernier, le bénéfice net s'est établi à près de 1,1 milliard de dollars au premier trimestre, en hausse de 75% sur un an. Référence du marché, le résultat d'exploitation ajusté a quadruplé, à 3,3 milliards de dollars, pour un chiffre d'affaires en augmentation de près de 54%, à 15,5 milliards. C'est nettement mieux que ce qu'attendaient les analystes, qui tablaient sur un bénéfice d'exploitation ajusté de 2,6 milliards. Les résultats ont été tirés par "la hausse des prix, de bonnes performances opérationnelles et une augmentation de la production organique de 5%", a expliqué le directeur général de Statoil, Eldar Saetre, dans un rapport.

►               Veolia a publié des résultats en hausse au premier trimestre, grâce à une croissance forte de son activité hors de France, notamment en Asie et dans certains pays d'Europe, et surtout dans ses branches Propreté et Energie, l'Eau restant à la peine. Sur les trois premiers mois de l'année, le bénéfice net courant atteint 155 millions d'euros, en hausse de 4,8% par rapport à la performance de 2016, recalculée selon la norme comptable IFRS 5, qui exclut l'activité en Lituanie, classée en activité non poursuivie, avec la fin du contrat avec la ville de Vilnius prévue fin mars. Le chiffre d'affaires de 6,27 milliards d'euros progresse lui de 4,6% et ressort au-dessus des attentes des analystes qui tablaient sur 6,11 milliards d'euros.

Prix du baril

Le prix du baril de pétrole n’arrive définitivement pas à rebondir ce matin en Asie. Les cours de l’or noir revient sur ses niveaux de novembre 2016.

Industrie / Minières / Automobile

►               Alstom a publié des résultats annuels en hausse et un niveau de commandes de plus de 10 MdsE pour la troisième année consécutive. Les objectifs 2020 ont été confirmés, alors que le dividende a fait son retour, comme prévu. Le chiffre d'affaires de l'exercice clos le 31 mars dernier s'établit à 7,3 milliards d'euros, en progression de 6% en données publiées et de 5% en organique, pour un résultat d'exploitation ajusté de 421 millions d'euros, qui bondit de 15% et matérialise une marge de 5,8% contre 5,3% lors du précédent exercice. Le bénéfice net part du groupe atteint 289 ME. Alstom affiche 3,71 MdsE de capitaux propres, pour une dette limitée à 208 ME. La société a dégagé 182 ME de cash-flow libre au cours du précédent exercice. La direction a prévu de proposer aux actionnaires un dividende de 0,25 euros par action. En moyenne, les analystes misaient sur un chiffre d'affaires de 7,3 MdsE, un résultat opérationnel de 409 ME (5,6% de marge) et un bénéfice net de 242 ME. Alstom est donc bien positionné au niveau de la rentabilité. Les professionnels auraient cependant espéré un coupon de 0,30 euro.

►               Le gouvernement australien, brandissant la menace de poursuites pénales, s'est dit hostile au projet d'un fonds d'investissement américain visant à déménager à Londres la cotation principale de BHP Billiton. Elliott Advisors, un fonds établi à New York (nord-est des Etats-Unis) et actionnaire important du géant minier, milite pour la restructuration de BHP, faisant valoir qu'une telle décision pourrait revaloriser les actions de 50%

►               Air France-KLM a annoncé une perte d'exploitation conforme aux attentes au premier trimestre et a dit déceler une amélioration des réservations depuis le début de l'année. Le groupe franco-néerlandais qui, dans un communiqué, confirme tous ses objectifs, a creusé sa perte d'exploitation à 143 millions d'euros au premier trimestre contre une perte de 99 millions un an plus tôt, malgré une baisse de 1,7% de ses coûts unitaires. Le groupe a amélioré son chiffre d'affaires trimestriel de 1,9% à 5,709 milliards d'euros. Les analystes attendaient en moyenne au premier trimestre une perte d'exploitation de 145 millions d'euros et un chiffre d'affaires de 5,760 milliards, selon le consensus. La baisse de la recette unitaire a été réduite à -0,5% sur le trimestre (contre -4% sur la période correspondante de 2016) grâce à une reprise du trafic vers l'Asie et une amélioration sur l'Amérique du Sud.

►               Faurecia et ZF présenteront lors du Salon de Francfort, qui se tiendra du 14 au 24 septembre prochain, un nouveau concept d'intérieur de véhicule dédié spécifiquement aux voitures autonomes. Les patrons des deux équipementiers ont confirmé la nouvelle dans 'FAZ'. Il n'y aura pas d'entreprise commune mais une collaboration entre différentes équipes.

Financières

►               La banque helvète Credit Suisse a accepté de payer 400 millions de dollars à un régulateur américain, qui l'accusait d'avoir vendu délibérément des produits financiers toxiques adossés aux prêts hypothécaires très risqués, dits subprime. Le régulateur américain des caisses d'épargne, la NCUA, reprochait à l'établissement helvète d'avoir dissimulé les risques de crédits immobiliers subprime d'une valeur de 715 millions de dollars vendus entre 2005 et 2007 à trois banques coopératives américaines (Central Federal Credit Union, Southwest Corporate Federal Credit Union, et Western Corporate Federal Credit Union).

►               La Belgique a annoncé la vente d'environ un quart de sa participation dans BNP Paribas. L'Etat belge restera actionnaire de la banque française à hauteur d'environ 7,8% contre 10,3% actuellement, indique dans un communiqué le ministère belge des Finances Johan Van Overtveldt.

►               Dix responsables en Espagne des banques BNP Paribas et Santander ont été mis en examen dans une affaire de blanchiment d'argent présumé impliquant la filiale suisse du britannique HSBC, a annoncé la justice espagnole.

►               American International Group a publié un résultat d'exploitation au premier trimestre supérieur aux attentes grâce à ses produits d'investissement et à des réductions de coûts. Le résultat d'exploitation est ressorti à 1,37 milliard de dollars contre 765 millions de dollars (64 cents/action) un an auparavant.  Les analystes attendaient en moyenne un profit opérationnel de 1,08 dollar par action, selon le consensus. L'action AIG a pris 2% dans les transactions après Bourse, à la suite de ces annonces. AIG, premier assureur dommages aux Etats-Unis, a aussi dit que son conseil d'administration avait approuvé 2,5 milliards de dollars de rachats d'actions supplémentaires.

►               Société Générale a publié un bénéfice net en baisse et inférieur aux prévisions des analystes au titre du premier trimestre, en raison d'une provision complémentaire pour litiges et d'un effet de base défavorable. La troisième banque française cotée en termes d'actifs a dévoilé un résultat net de 747 millions d'euros pour la période de janvier à mars, en baisse de 19,2% par rapport aux trois premiers mois de 2016, malgré une hausse de 4,8% du produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d'affaires), à 6,47 milliards d'euros. Les analystes anticipaient en moyenne un bénéfice net de 776 millions d'euros et un produit net bancaire de 6,39 milliards d'euros pour le premier trimestre, selon le consensus. Le fléchissement du résultat net tient notamment à une dotation complémentaire de 350 millions d'euros aux provisions pour litiges, liée au différend entre la Libyan Investment Authority (LIA) et Société Générale.

►               Swiss Re a vu son bénéfice net quasiment divisé par deux à 656 mio USD au premier trimestre, en raison des dégâts causés par le cyclone Debbie qui a ravagé l'Australie fin mars. La performance trimestrielle est néanmoins supérieure aux prévisions des analystes. La direction n'a pas formulé d'objectif pour l'ensemble de l'exercice. Les coûts occasionnés par le cyclone Debbie, qui a déferlé sur le Queensland, devraient s'élever à 350 mio USD, dont 320 mio dans l'activité dommages (P&C) et 30 mio pour Corporate Solutions. Le ratio combiné dans l'activité P&C s'est par conséquent dégradé de 2,3 points à 95,6%. Les primes brutes ont reculé de 10,5% à 10,2 mrd USD, en raison "de l'approche disciplinée" en matière de souscription. Autant le résultat net que les primes encaissées ont dépassé les prévisions du consensus. Ce dernier avait tablé en moyenne sur respectivement 639 mio USD et 8,18 mrd.

Informations et Technologies

►               Facebook a publié un bénéfice par action inférieur aux attentes du marché, au titre du premier trimestre, provoquant une baisse de son cours de Bourse dans les échanges après la clôture de Wall Street. Le groupe de Mark Zuckerberg a dégagé un bénéfice net de 1,04 dollar par action, pour un chiffre d'affaires de 7,86 milliards de dollars, en hausse de 51%. Les analystes anticipaient un résultat par action de 1,12 dollar et un chiffre d'affaires de 7,83 milliards de dollars, selon le consensus. La marge opérationnelle a atteint 41% au premier trimestre, contre 37% un an plus tôt. La publicité sur mobile a représenté 85% du total des revenus publicitaires du groupe au premier trimestre, soit une progression de trois points en l'espace d'un an. Facebook comptait 1,94 milliard d'utilisateurs actifs mensuels à la fin du premier trimestre, soit une hausse de 17% par rapport au même trimestre un an plus tôt. Le nombre d'utilisateurs actifs quotidiens du réseau social a grimpé de 18% dans le même intervalle, à 1,28 milliard. "Il s'agit d'un bon début d'année", a estimé Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. L'action Facebook reculait de 1%, dans les échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York

►               Nokia prévoit de mettre en vente ses câbles sous-marins, un actif stratégique hérité du rachat de l'ex-fleuron français Alcatel bouclé l'an dernier, a-t-on appris auprès d'une source gouvernementale française et de deux sources syndicales. Submarine Network Solutions (SNS), plus connu sous son ancienne appellation ASN (Alcatel Submarine Networks), est au coeur des flux de communications mondiaux et joue un rôle clef dans le dispositif des services de renseignement français. Valorisée autour de 800 millions d'euros, SNS, qui emploie un millier de personnes principalement en France et en Angleterre, est spécialisé dans la production, l'installation et la maintenance des câbles sous-marins.

►               Telecom Italia, dont le français Vivendi est le premier actionnaire, a annoncé avoir vu son bénéfice net divisé par deux au premier trimestre, à 200 millions d'euros contre 433 millions un an plus tôt, un chiffre moins bon qu'attendu. Selon le consensus, les analystes tablaient sur 321 millions d'euros. Telecom Italia a fait état d'une charge non récurrente de 115 millions d'euros ayant pesé sur ce résultat. Les ventes de l'opérateur ont dans le même temps progressé de 8,5% sur un an, à 4,8 milliards d'euros, un chiffre meilleur que prévu (4,7 milliards). L'Ebitda a de son côté augmenté de 16,2% à 1,99 milliards d'euros, en ligne avec les attentes (1,97 milliard). La dette a progressé de 116 millions d'euros par rapport à décembre, pour atteindre 25,23 milliards.

►               Gemalto a été sélectionné par Samsung pour fournir son élément sécurisé embarqué. Cette puce intelligente, dotée d'un système d'exploitation et d'applications sécurisées, sera intégrée dans le tout nouveau Samsung Galaxy S8 sur certains marchés. Elle a déjà été embarquée dans d'autres smartphones du fabricant, dont la série Galaxy A à l'échelle mondiale, et la série Galaxy C en Chine. Cette solution prend en charge Samsung Pay et inclut le transport et la billettique sur certains marchés.

Consommation

►               Yoox Net-a-Porter, dans laquelle le groupe Richemont détient une participation de 50%, a vu son chiffre d'affaires net s'étoffer de 15% à 515 mio EUR au cours des trois premiers mois de 2017. La croissance organique a quant à elle bondi de 19%. Le volume de commandes a progressé de 9,9% en rythme annuel frôlant les 2,2 mio. Le montant moyen par commande est passé à 343 EUR, contre 324 EUR un an plus tôt. Yoox Net-a-Porter revendique 2,99 mio de clients actifs, contre 2,50 mio il y a un an.

►               Kraft Heinz a fait état de ventes et de profits trimestriels inférieurs aux attentes en raison de la faiblesse de la demande aux Etats-Unis et au Canada. L'action du géant agro-alimentaire américain a reculé de près de 3% dans les transactions après-Bourse après ces annonces. Les ventes aux Etats-Unis, qui représentent près de 70% des facturations totales de Kraft, ont reculé de 3,5%. Au Canada, elles ont chuté de 12%. Les ventes nettes totales ont baissé de 3,1% à 6,36 milliards de dollars (5,84 milliards d'euros) sur les trois premiers mois de 2017, contre 6,45 milliards de dollars attendu par les analystes financiers selon le consensus. Le bénéfice net part du groupe est ressorti à 893 millions de dollars, soit 73 cents par action, contre 896 millions (73 cents/action) un an auparavant.

►               Anheuser-Busch InBev a dégagé au premier trimestre un bénéfice inférieur aux attentes en raison de la dégradation de ses performances aux Etats-Unis et surtout au Brésil, ses deux principaux marchés. Le premier brasseur mondial, qui produit plus d'un quart de la bière bue à travers le monde, a annoncé que son bénéfice brut trimestriel s'était établi à 4,81 milliards de dollars alors que le consensus attendait en moyenne 4,88 milliards.

La statistique du jour


 

 
 



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