La morning note de Mirabaud Securities

vendredi, 17.03.2017

Aujourd'hui, la Morning note de Mirabaud Securities surveillera avec attention la production industrielle et le sentiment de l’université du Michigan aux Etats-Unis.

L'analyste de Mirabaud Securities

Les indices américains ont fin en légère baisse hier soir suite à une prise de bénéfice après la hausse des taux d’intérêt de la réserve fédérale américaine (Fed) la veille. Les secteurs des utilities (service aux collectivités) et de la santé ont été les plus impactés négativement. Concernant ce dernier secteur, le gouvernement veut doubler les recettes de la Food and Drug Administration (FDA), l'autorité sanitaire américaine, à plus de deux milliards de dollars, ce qui se traduira concrètement par des frais plus élevés pour les laboratoires obligés de passer par cette instance pour faire homologuer leurs produits.

Seuls quatre des 11 indices sectoriels S&P ont fini dans le vert, avec en tête les financières (+0,3%) et les technologiques (+0,2%). Les technologiques ont bénéficié d'un nouveau record d'Apple, à 141,02 dollars (+0,16%), et d'un bond de 6,23% d'Oracle après la publication par l'éditeur de logiciels de résultats trimestriels meilleurs qu'attendu.

Les nombreux chiffres du jour n'ont eu aucun impact sur les indices malgré la publication des inscriptions hebdomadaires du chômage aux Etats-Unis en léger recul, les chiffres des mises en chantier qui ont progressé de +3% à 1,29Mns (au plus haut depuis 9 ans) et les permis de construire pour le mois clos qui ont reculé de -6,2% à 1,21Mns. Signalons tout de même la surprise du côté de l'indice Philly Fed qui recule à 32,8 contre 43,3 en février... mais les entrées de commandes sont au plus haut depuis 30 ans.

Le dollar a continué de pâtir des annonces de la Fed, reculant à un plus bas de cinq semaines face à un panier de grandes devises. L'euro, également soutenu par la victoire du parti pro-européen du Premier ministre Mark Rutte aux élections législatives néerlandaises, gagnait 0,3% à 1,0766 en fin de séance américaine.

La faiblesse du dollar a encore profité à l'or, en hausse de 0,6%, mais non aux cours du pétrole qui ont fini en légère baisse sur le Nymex après leur hausse de 2,4% la veille.

Le rendement des bons du Trésor à 10 ans montait à 2,536%, contre 2,502% la veille, et celui des bons à 30 ans à 3,146%, contre 3,112% précédemment.

Statistiques américaines

Il y avait hier plusieurs statistiques économiques importantes aux Etats-Unis, voici ce que nous avons relevé :

Hausse des mises en chantier

On a appris que les mises en chantier de logements aux Etats-Unis avaient rebondi en février et dépassé les attentes du consensus. En détail, elles se sont élevées à 1,288 million en rythme annuel, en hausse de 3%, leur plus haut niveau depuis octobre 2016. Le consensus tablait lui sur 1,260 million de départs de nouveaux chantiers. Sur un an, les mises en chantier ont grimpé de 6,2%. La hausse du mois dernier, dans un contexte de climat exceptionnellement doux qui a favorisé la poursuite des chantiers, est à attribuer exclusivement à la construction de maisons individuelles. Elles ont progressé de 6,5% à 872'000 et atteint leur plus haut niveau depuis octobre 2007. Les constructions d'immeubles collectifs ont reculé pour le deuxième mois accusant une chute de 7,7% après avoir fortement augmenté tout au long de 2016. Au niveau régional, toutes les régions étaient en baisse sauf l'ouest. Donnant une idée des perspectives du marché de la construction, les demandes de permis de construire ont reculé de 6,2% à 1,213 million, après un fort mois de janvier au plus haut depuis 14 mois

Baisse des inscriptions au chômage

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis ont légèrement baissé par rapport aux attentes du consensus. En données corrigées des variations saisonnières, le ministère a recensé le dépôt de 241’000 demandes d'allocations chômage pour la semaine close le 11 mars, soit 2.000 de moins que la semaine précédente. Le consensus tablait sur 242’000 demandes. La moyenne des demandes sur quatre semaines a augmenté de 750 à 237’250. Sur un an, les inscriptions au chômage sont en repli de 7%. Pour les férus de statistique, notons que cela fait plus de deux ans que les inscriptions hebdomadaires au chômage sont sous la barre symbolique des 300’000.

Baisse du Philly Fed

L'indice de la Fed de Philadelphie a substantiellement reculé en rythme séquentiel en mars. Cet indice qui mesure l'activité manufacturière dans la région s'est en effet établi à 32,8, après 43,3 en février et 23,6 le mois précédent. Le consensus anticipait lui un repli autour de 25.

Ne pas oublier la BoE en plein Brexit

On a tendance à l’oublier parfois mais le monde monétaire ne tourne pas seulement autour de la réserve fédérale américaine (Fed) et la banque centrale européenne (BCE). En effet, la banque d’Angleterre (BoE) se réunissait aussi hier après-midi et son message était important puisqu’il intervenait à un moment cruciale des négociations concernant le Brexit. Voici ce que nous avons noté et analysé :

Les faits

La Banque d'Angleterre (BoE) a, comme attendu, maintenu son taux directeur à 0,25% auquel il est fixé depuis août. Cependant, et il fallait s’y attendre, selon les derniers commentaires du président de la BoE il y a eu une voix pour une hausse. Notons cependant que certains autres des neuf membres du CPM ont noté qu'il faudrait relativement peu de nouvelles positives sur les perspectives de l'activité ou sur l'inflation pour leur faire prendre en compte qu'une réduction plus rapide du soutien monétaire pourrait être justifiée.

Le canard noir

La voix de la hausse s’appelle Kristin Forbes. Cette dernière a en effet affirmé que les données prises en compte pour établir la politique monétaire avaient évolué de façon à justifier une hausse immédiate du taux directeur. Elle a entre autre cité l'accélération rapide de l'inflation d'une part et d'autre part le fait que la faiblesse de l'activité attendue depuis le référendum pour le Brexit ne s'était pas concrétisée. Pour Kristin Forbes, il y a moins de raisons de tolérer une inflation au-dessus de sa cible pendant une période prolongée même si la politique monétaire devait rester fragile. Aucun autre membre n'avait appelé à une hausse de taux depuis Ian McCafferty en janvier 2016.

Les limites de l’inflation

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la banque centrale britannique s'est de nouveau dit prêt à tolérer une inflation un peu plus forte que le niveau cible de 2% tout en rappelant qu'il y avait des limites à cette tolérance. La BoE a prévenu que l'inflation devrait accélérer au-dessus de 2% dans les mois à venir et atteindre un pic autour de 2,75% début 2018.

Le QE maintenu

Le CPM a en même temps opté à l'unanimité pour le maintien du montant total de son programme de rachats d'obligations d'Etat à 435 milliards de livres et de celui de rachats d'obligations d'entreprises à 10 milliards de livres.

Conclusion

Nous nous voilons pas la face, à moins d’une surprise de taille la BoE devrait décider de rehausser ses taux avant la fin de l’année et ce malgré le Qe en cours. Ceci répondrait à la question à laquelle le président de la BCE n’a pas voulu répondre récemment : Oui une hausse des taux est possible malgré un programme de rachats d’actifs en cours….

And the loser is…

On attendait avec impatience le projet de budget (qui devra être soumis au Congrès) de Donald Trump car il allait confirmer ou non ses promesses électorales. Pour le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a poursuivi sur sa même ligne : Plus pour la défense et la lutte contre l’immigration clandestine et (beaucoup) moins pour l’écologie et la diplomatie.

En détail, le département d'Etat et les programmes d'aide au développement à l'étranger (USAID) verraient ainsi leur budget global diminuer de 28% en 2018 (10,9 milliards). 

L'agence environnementale subirait une coupe de 31% (2,6 milliards). Des programmes de recherche sur le réchauffement climatique sont supprimés et, en l'état, le projet conduirait à la suppression de 3.200 postes, soit 19% de ses effectifs.

 

 

 

Du côté des bénéficiaires de ce budget se trouve évidemment la Défense qui verrait son enveloppe augmenter de 54 milliards de dollars. La construction d'un mur à la frontière mexicaine en sera la grande gagnante même s’il n’y a pas eu de mention de la promesse de consacrer 1’000 milliards de dollars à des dépenses d'infrastructures. Ce plan devrait être présenté plus tard, vraissemblablement mi-mai. Selon le texte toujours, le département de la Sécurité intérieure se verrait octroyer une hausse de 6,8% de ses dépenses notamment en vue d'assurer l'interception, la détention et l'expulsion de migrants en situation irrégulière aux Etats-Unis.

Pour compenser les hausses dans le secteur de la défense Donald Trump pense faire des coupes budgétaires dans d'autres domaines afin d'éviter de ne pas creuser le déficit fédéral (proche de 500 milliards de dollars).

Donald Trump entend en outre demander au Congrès 1,5 milliard de dollars pour la construction du mur à la frontière mexicaine, un montant tout juste suffisant à financer des prototypes, avant de réclamer une enveloppe de 2,6 milliards en 2018.

Conclusion

Appelons un chat un chat : Si ce budget devrait contribuer à alimenter la progression de la croissance américaine, il est réellement catastrophique au niveau écologique. Les prochaines générations en paieront le prix fort.

Ceci promet des débats houleux lors des prochaines réunions du Congrès. Si ce dernier est à majorité républicaine plusieurs membres « modérés » ne soutiennent pas sur tous les projets.

Mouvement surprenant de la Banque centrale chinoise

Avec les nombreux évènements qui sont intervenu le 15 mars au soir, nous n’avons malheureusement pas eu le temps de vous parler d’une action totalement inattendue de la part de la banque centrale chinoise hier matin. Il nous semble cependant primordial d’y revenir.

 

 

 

Les faits :

La banque centrale chinoise (PBOC) a annoncé un resserrement de sa politique monétaire en relevant d'un dixième de point ses taux courts sur le marché monétaire. Dans un communiqué, la PBOC a précisé que ses taux à 7, 14 et 28 jours augmentaient de 0,10 point. 

Rappelons que le mois dernier, la PBOC avait relevé ces mêmes taux à 2,35%, 2,5% et 2,65% respectivement. Il s'agissait cependant du premier relèvement depuis 2013 pour les taux à 7 et 14 jours et depuis 2015 pour le taux à 28 jours. 

Les taux à six mois et à un an ont également été relevés jeudi de 0,10 point tandis que les taux directeurs demeurent inchangés.

Cette mesure est intervenue au lendemain du relèvement des taux américains par la Réserve fédérale américaine (Fed).

Prévenir les risques

Selon le communiqué de la PBOC le relèvement vise à combattre les bulles spéculatives et à prévenir les risques. Le risque d'éclatement de la bulle incite le gouvernement à resserrer le coût du crédit. À cela on peut ajouter que les autorités tentent d'enrayer la fuite des capitaux qui devient de plus en plus massive depuis la forte baisse du Yuan (à son plus bas niveau depuis huit ans face au dollar). Ce dernier mouvement qui devait initialement booster les exportations se heurte maintenant au doute des investisseurs qui craignent que la banque centrale chinoise ne maitrise plus du tout son sujet.

Conclusion

Si ce resserrement de base n’aura peu d'effet immédiat sur l’économie chinoise, il montre cependant que le gouvernement chinois veut agir vite pour se prévenir d’un quelconque risque d’éclatement de bulle. La question est maintenant de savoir si c’est trop tard ou non….

Aujourd’hui

Aujourd’hui nous surveillerons avec attention la production industrielle et le sentiment de l’université du Michigan aux Etats-Unis.

Les indices européens devraient ouvrir sans grande tendance ce matin dans le sillage de l’hésitation des indices américains hier soir. La volatilité et les volumes devraient être en hausse ce jour qui va marquer une échéance très importante pour les options (les 4 sorcières).


 

 
 



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