La Suisse au troisième rang de la compétitivité économique mondiale

mardi, 16.06.2020

Au troisième rang, la Suisse gagne une place dans le classement des économies les plus compétitives du monde de l'IMD. C'est l'un des rares pays à afficher une croissance positive des exportations en 2019.

MH

Christos Cabolis, chef économiste au centre de la compétitivité mondiale de l'Institut de management IMD.

La Suisse gagne un rang en 2020 au classement des économies les plus compétitives du monde, compilé par le centre de compétitivité mondial de l'institut de management (IMD). Le pays se classe au troisième rang après Singapour, qui garde la première position du classement pour la deuxième année consécutive, et le Danemark. Les Pays-Bas et Hong Kong complètent le top 5, qui, cette année, démontre la force actuelle des petites économies.

"L'avantage des petites économies dans la crise actuelle vient de leur capacité à lutter contre la pandémie et de leur compétitivité économique" estime Arturo Bris, directeur du centre de compétitivité de l'IMD, cité dans l'étude publiée, soulignant leur "facilité à trouver un consensus social".

Un commerce international robuste alimente les solides performances économiques de la Suisse, font remarquer les auteurs de l'étude, tandis que l'infrastructure scientifique du pays et ses systèmes de santé et d'éducation affichent des performances constantes. Le pays s'est classé au premier rang en matière d'enseignement universitaire et de gestion, les services de santé et la qualité de vie.

Augmentation des exportations

"En 2018, les exportations de la Suisse ont augmenté de 3,76%, toutefois 56 économies ont affiché une croissance des exportations plus élevée. En 2019, de nombreux pays ont commencé à montrer les premiers signes de ralentissement, la plupart des pays affichant une croissance négative des exportations. L'économie suisse a poursuivi sur sa lancée en 2019 et a été l'un de ces rares pays à afficher une croissance positive des exportations en 2019 à 1%", commente le professeur Christos Cabolis, chef économiste au centre de la compétitivité mondiale de l'Institut de management (IMD).

Le chef économiste observe aussi de nettes améliorations en terme absolus en Suisse. Les indicateurs à court terme tels que le chômage ont continué de s'améliorer jusqu'à 4,39%, tout comme les indicateurs économiques et sociaux à long terme. Christos Cabolis mentionne notamment les introductions en Bourse en Suisse à hauteur de 3,728 milliards de dollars.

Les atouts traditionnels de la Suisse ont été renforcés dans la recherche. La Suisse possède le plus grand nombre de demandes de brevets par habitant au monde et la qualité de son enseignement universitaire lui vaut la première place dans ce domaine. "Ces indicateurs génèrent une grande valeur qui ne peut pas être facilement reproduite", explique Christos Cabolis.

Renforcer la concurrence

Pour surmonter la crise du coronavirus et développer davantage son économie, l'IMD conseille à la Suisse de prendre des mesures afin d'empêcher le protectionnisme et de garder ses marchés ouverts. Il faudrait également renforcer la concurrence dans les secteurs nationaux pour augmenter la productivité du pays.

Certains des indicateurs sur l'entrepreneuriat sont faibles. Au niveau de la création d'entreprises, le pays se positionne seulement à la 26ème place. Le professeur explique ce classement en raison des salaires élevés et du faible taux de chômage en 2019.

Les prix élevés et le taux de change ont également un impact sur certains aspects de l'économie tels que le tourisme, un autre domaine gravement touché par la crise du coronavirus.

La Suisse doit faire des efforts supplémentaires pour maintenir ses systèmes de protection sociale et de retraite sur le long terme. "Elle a une population vieillissante et un besoin constant d'immigration. Les écarts entre les sexes sont souvent faibles, toutefois les améliorations se font lentement", ajoute Christos Cabolis.






 
 

AGEFI



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