Attention tout le monde est d’accord!

jeudi, 26.09.2019

François Besençon*

François Besençon

Les récentes annonces du Conseil Fédéral semblent emporter l’adhésion de la branche, c’est sans doute un mauvais présage. 

Le soutien aux médias enflamme le parlement depuis de longues années et force est de constater une accélération des postulats et interpellation de nos parlementaires depuis 2 ans avec même des projets de concrets de modification de la constitution afin de permettre le financement direct par la Confédération des titres de presse écrite, imprimée ou digitale. 

Le basculement majeur du marché publicitaire vers les supports digitaux pose des problèmes de financement incommensurables aux titres de presse. 

La presse écrite a perdu la moitié de ses revenus publicitaires ces dernières années, au niveau international près de 1 franc de publicité sur 2 est investi dans la publicité digitale. A eux seul Facebook et Google représente 30% du marché publicitaire mondial. 

Et il y a fort à parier que ce qu’a connu la presse imprimée ces dernières années soit le proche destin de la radio et de la télévision qui a pourtant bien résisté ces dernières années. Cela semble être le cas si on en croit les dernières annonces de la SSR. 

Alors, les annonces de notre conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, nouvelle ministre de la Communication, enterrant le projet de loi sur les médias électroniques de sa prédécesseur Doris Leuthard et confirmant son souhait d’augmenter l’aide à la distribution de la presse imprimée comme le soutien direct à la presse digitale sont-ils pour autant de bons présages? 

A voir la réaction de la branche, saluant la reconnaissance de ses difficultés comme celle de son rôle central dans notre démocratie directe on pourrait le croire. En tous les cas, force est de constater que ces annonces correspondent bien aux demandes formulées par les éditeurs qui voulait une solution rapide, à la SSR qui veut éviter à tout prix un splitting plus important de la redevance, mais aussi à tous ceux, et ils sont nombreux, qui ont rejeté avec véhémence le projet de loi sur les médias électroniques. 

Mais on pourrait aussi regretter que gagner la paix des médias au prix d’un compromis mou est peut-être rendre un mauvais service à la branche. 

A l’heure où tout le monde s’accorde à dire que la transformation digitale des entreprises n’est plus un choix, mais un passage obligé, augmenter le soutien à la distribution de la presse imprimée, c’est un peu subventionner le transport par calèche à l’arrivée de l’automobile. 

Ne fallait-il pas plutôt aider clairement les entreprises de presse à réaliser leur transformation digitale? Les médias de demain seront digitaux et non-linéaires. Cette double révolution constitue un formidable défi pour cette branche. 

Cela étant, la reconnaissance des difficultés de la presse imprimée, facilitera peut-être la suppression du plafonnement de la redevance de la SSR. La compensation de la baisse de la publicité à la SSR est nécessaire pour maintenir le service public fort plébiscité par la votation No Billag de 2018.

* Vice-président, Communication Suisse






 
 

AGEFI




...