Assurance voyage: les défaillances sont sources d’enseignement

mardi, 19.05.2020

Olivier Parenteau*

Olivier Parenteau

Ces dernières semaines, les preneurs d’assurance disposant d’une assurance voyage ont dû constater avec amertume : une bonne partie des prestations figurant dans leur assurance sont exclues en cas de pandémie. Du coup, nombreux sont ceux à s’interroger : est-ce que ça vaut vraiment la peine d’avoir une telle assurance ?

Voilà une question à laquelle on peut, malgré tout, répondre par « oui ». En effet, bien que le risque d’avoir à faire face à une pandémie, ou une catastrophe naturelle telle qu’un tsunami, un séisme ou un événement similaire, existe bien réellement, sa probabilité n’en demeure pas moins très faible pour un individu. Comme les décennies passées l’ont mis en évidence : il s’agit de situations exceptionnelles. Nombreuses sont en revanche les circonstances dans lesquelles une assurance voyage multirisque peut être d’un précieux secours. Par exemple en cas de maladie ou d’accident survenant à l’étranger, pour pallier aux déficits de couverture d’une assurance maladie existante.

Lors de séjours dans les pays de l’UE et de l’AELE, et en cas d’urgence médicale, l’assurance de base obligatoire suisse prend à son compte les mêmes prestations que celles dont bénéficie la population locale des pays en question. Cependant, cela signifie également que les éventuels quotes-parts (franchise/participation individuelle) entrant en jeu localement ne sont pas non plus pris en charge par l’assurance de base obligatoire. Un exemple, la France : dans ce pays, les patients hospitalisés doivent contribuer à hauteur de 20 % aux frais facturés et, en plus, s’acquitter d’un forfait journalier d’environ 16 francs. Ces frais ne seront pas remboursés par l’assurance maladie suisse. Par ailleurs, la personne assurée devra également assumer sa franchise individuelle et sa participation aux frais, applicables en Suisse.

En cas de maladie ou d’accident dans un pays de l’UE ou de l’AELE, les modalités de facturation sont fort simples. Sur présentation de la carte d’assuré, les prestations médicales fournies à l’étranger sont directement facturées à la caisse maladie suisse. Par conséquent, l’assuré concerné ne devra s’acquitter d’aucuns frais sur place.

Si la destination est un pays qui se situe en dehors de la zone UE/AELE, les choses se présentent différemment. Il se peut alors que les prestations médicales devront être payées immédiatement sur place, en espèces. De plus, l’assurance de base suisse ne prend en charge les frais encourus qu’à concurrence du double de ce que le même traitement aurait coûté en Suisse, dans le canton de résidence de la personne assurée. Dans les pays tels que les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Japon ou la Nouvelle-Zélande, ce double montant peut être très vite atteint, c’est pourquoi il est recommandé de conclure une assurance voyage correspondante avant de se rendre dans un tel pays.

L’étendue des prestations de cette assurance voyage complémentaire varie fortement, selon les compagnies - de même que les prix pratiqués. La plupart des offres comprennent les frais médicaux et d’hospitalisation, de même que les coûts d’un rapatriement dicté par des raisons médicales. Les coûts de ces vols de rapatriement ne sont normalement pas couverts par l’assurance de base. Pour sa part, la REGA effectue aussi des vols de rapatriement pour ses affiliés. Le cas échéant, il est donc possible de se passer de cette prestation supplémentaire dans son contrat avec la caisse maladie.

Outre l’assurance voyage, il existe de nombreuses assurances spécifiques que l’on peut conclure en vue d’un voyage. L’offre va de l’assurance unique contre le risque d’annulation, que l’on peut souvent souscrire avant un déplacement en train ou en avion, par exemple, à l’assurance aux prestations partielles lorsqu’on réserve un voyage au moyen d’une carte de crédit, en passant par les assurances de remboursement lors de l’achat de billets pour un concert ou d’autres manifestations culturelles ou sportives.

Avant son voyage, il est en tous les cas conseillé de s’informer sur le système de santé du pays où l’on compte se rendre afin de déterminer les possibles insuffisances de couverture de l’assurance maladie et de vérifier soigneusement les prestations des éventuelles assurances individuelles. Assumer les frais annuels d’une assurance voyage pourrait alors vite s’avérer une option judicieuse et intéressante. Toutefois, en cas de pandémie, toutes les assurances se révèlent pratiquement inutiles - si l’on a de la chance, des prestations provenant d’autres sources, par exemple de fonds fédéraux, pourront éventuellement couvrir les déficits les plus importants.

* Membre de la direction de Maklerzentrum Schweiz






 
 

AGEFI



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