Innover ne serait-ce que pour justifier les coûts

dimanche, 06.10.2019

Asset management. Depuis la crise financière de 2008, les sociétés de gestion multiplient les nouvelles approches de placement et les processus d’investissement.

Levi-Sergio Mutemba

Mohammed Amor. Thematics Asset Management s’articule autour de trois thèmes: la sécurité, l’eau, l’IA et la robotique.

Face à des investisseurs de plus en plus sophistiqués, exigeants et/ou appartenant à la génération des milléniaux, les asset managers peuvent opter pour des baisses de coûts (frais de gestion et commissions de performance). La deuxième option, plus complexe et plus risquée, mais potentiellement porteuse, consiste à innover.
Un article ne suffirait pas à faire la liste de toutes les innovations entreprises par les gestionnaires de fonds en 2019, en vue de répondre aux besoins en constante évolution de leurs clients. Citons, par exemple, Thematics Asset Management, filiale de Natixis Asset Managers créé en mars 2019, qui s’appuie sur la spécialisation de ses équipes. Et qui s’articule autour des trois thèmes que sont la sécurité, l’eau, l’intelligence artificielle & la robotique (AI & Robotics).
Autrement dit, des thèmes portés par une croissance séculaire basée sur quatre forces primaires majeures de transformation industrielle et sociétale. À savoir l’évolution démographique, la mondialisation, l’innovation et la raréfaction des ressources. Thematics AM a annoncé mercredi dernier la nomination d’un nouveau membre de l’équipe de gestion, Matthieu Rolin, en qualité de co-gérant du fonds Thematics Safety.
Celui-ci, qui a aussi occupé le poste de Head of Equities chez SwissLife Banque Privée, aura pour mission d’identifier les sociétés offrant des produits et services dédiés à la protection physique et numérique des personnes, des entreprises et des États, ainsi que celles présentant les opportunités les plus attractives dans le cadre des enjeux ESG.
Mohammed Amor, directeur général de Thematics Asset Management, insiste sur le fait que «grâce à son expertise et sa connaissance fine des marchés actions thématiques internationales, la contribution de Matthieu sera précieuse et permettra à l’équipe de la stratégie Thematics Safety de continuer à rechercher les meilleures sources de performance pour nos investisseurs».
Autre axe d’innovation, la sophistication des processus d’investissement. Jeudi, Napoleon Capital, en partenariat avec BNP Paribas Asset Management, a ainsi lancé le fonds quantitatif de rendement absolu Napoleon World Equities AR Dynamix Fund. L’objectif consiste ici à obtenir une performance proche de la stratégie systématique de référence développée baptisée Napoleon World BlueChip AR Strategies 2 Index, construite à partir d’une allocation optimisée entre différentes stratégies de rendement absolu.
La stratégie est exclusivement composée de sous-stratégies consistant en des positions acheteuses, vendeuses (successivement ou simultanément) ou neutres, remises en causes à basse fréquence (au maximum une fois par jour) sur des futures sur indices mondiaux cotés, dont l’Euro Stoxx 50, le S&P 500, le Nikkei 225, le FTSE 100 et le Nasdaq 100. La stratégie de référence est calibrée pour avoir une volatilité ex-ante proche de et inférieure à 10% et dont les positions individuelles peuvent aller jusqu’à 200% de l’actif net, sans que, sur le moyen terme, la position acheteuse ou vendeuse d’un marché soit a priori privilégiée.
Enfin, certaines innovations se concentrent non pas tant sur les processus que sur les classes d’actifs présentant des primes de risque plus élevées. Plus précisément, des primes de liquidité. C’est le cas du nouveau fonds de la société de gestion britannique Somerset Capital Management qui, via sa sicav EM Discovery Fund, offrira dès le 30 octobre une exposition aux petites et moyennes capitalisations des marchés émergents.
Son gérant Mark Asquith, lead manager de l’équipe MI Somerset EM Small Cap Fund, attire l’attention sur le fait que le fonds se concentrera essentiellement sur les sociétés d’Amérique latine, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique plutôt que sur la région asiatique. Il y voit trois opportunités: les valorisations attrayantes des marchés émergents dans leur ensemble, la période prolongée de sous-performance des petites et moyennes sociétés des régions LatAM et EMEA et, enfin, le biais du fonds sur une région qui, contrairement à l’Asie, ne jouit pas du même degré de couverture. D’où, là encore, le caractère déterminant de l’expertise des gérants vis-à-vis d’une classe d’actifs relativement moins connues.






 
 

AGEFI




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