Pas de Noël pour Wall Street qui chute

mardi, 25.12.2018

Après une semaine au plus bas, Wall Street a continué à chuter lundi à la veille de Noël.

L'administration de Donald Trump a nettement accentué la fébrilité des investisseurs, déjà anxieux depuis plusieurs semaines face aux conséquences des tensions commerciales et d'une remontée trop rapide des taux d'intérêt. (Kesytone)

La Bourse de New York, après avoir encaissé sa pire semaine depuis 2008, a de nouveau flanché lundi dans un marché ébranlé par les remous à Washington et la chute des prix du pétrole.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 2,91% pour terminer à 21.792,20 points, enregistrant au passage la chute la plus importante de son histoire une veille de Noël.

L'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a lâché 2,21% pour clôturer à 6.192,92 points.

L'indice élargi S&P 500 a plongé de 2,71% pour finir à 2.351,10 points, son plus bas niveau depuis avril 2017.

Considéré comme le plus représentatif par les investisseurs, le S&P 500 a perdu 19,8% depuis son pic fin septembre, s'apprêtant ainsi à rejoindre le Nasdaq dans la catégorie des indices ayant lâché plus de 20% en quelques mois.

Nombre de courtiers ayant déserté les salles de marché à l'occasion d'une séance écourtée à la veille de Noël, plusieurs observateurs avaient prévenu que les échanges pourraient être chahutés lundi en raison d'un faible volume.

Mais l'administration de Donald Trump a nettement accentué la fébrilité des investisseurs, déjà anxieux depuis plusieurs semaines face aux conséquences des tensions commerciales et d'une remontée trop rapide des taux d'intérêt.

Le locataire de la Maison Blanche, agacé par la décision de la Banque centrale américaine d'augmenter une nouvelle fois les taux la semaine dernière, a tempêté lundi contre l'institution, affirmant dans un tweet: "Le seul problème de notre économie, c'est la Fed".

"Ils ne sentent pas le marché, ils ne comprennent pas nécessairement les guerres commerciales", a-t-il ajouté.

Ces critiques acérées contre la puissante institution interviennent après la publication ce week-end d'informations de presse selon lesquelles le président américain aurait discuté en privé de la possibilité de congédier le patron de la Banque centrale.

'Pays dans le chaos'

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a dans un tweet samedi démenti cette rumeur.

Il a aussi annoncé dans un communiqué dimanche avoir eu des discussions individuelles avec les patrons des six principales banques américaines et devait tenir lundi une réunion téléphonique avec un groupe de travail comprenant les divers régulateurs des marchés financiers.

Mais les efforts déployés par le secrétaire au Trésor pour rassurer les marchés ne cachent pas "le chaos qui semble régner dans l'administration et crée de l'incertitude", a relevé Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

"Cela ne fait qu'alarmer encore plus les gens et les incitent à se dire que si (M. Mnuchin) appelle les dirigeants des six plus grandes banques, il se passe peut-être quelque chose de plus inquiétant", a aussi souligné Nate Thooft de Manulife Asset Management.

Autre source de préoccupation: après l'échec des tractations au Congrès sur le financement d'un mur à la frontière mexicaine voulu par Donald Trump, les administrations fédérales restaient partiellement fermées pour la troisième journée lundi et aucune solution n'était en vue.

Les chefs démocrates du Congrès américain ont accusé le locataire de la Maison Blanche de plonger les États-Unis dans l'instabilité à cause de cette paralysie et de ses critiques à l'encontre de la Fed.

"C'est la veille de Noël et le président Trump plonge le pays dans le chaos", ont regretté Nancy Pelosi, chef des démocrates à la Chambre des représentants, et Chuck Schumer, son homologue au Sénat.

Le sous-indice regroupant les entreprises de l'énergie a par ailleurs cédé 4,02% alors que le prix du baril de brut continuait aussi à chuter: à New York, le baril de référence a perdu 6,7% lundi, les investisseurs restant sceptiques face aux promesses de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole de contrôler leur production et s'inquiétant des turbulences économiques.

Dans ce contexte, alors qu'on s'approche de la fin de l'année, "il n'y a tout simplement personne pour acheter des actions", a observé M. Thooft.

Signe de la volonté des investisseurs de se tourner vers des actifs jugés plus sûrs, le marché obligataire montait nettement: le taux d'intérêt sur la dette à dix ans des États-Unis reculait à 2,734%, contre 2,790% vendredi à la clôture, et celui à 30 ans à 2,991%, contre 3,031%. (awp)






 
 

AGEFI



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