A la recherche des tendances du marché des actions 2019

jeudi, 21.03.2019

Après un début d’année unique, les investisseurs ne devraient pas enjoliver l’évolution des marchés boursiers.

Klaus Kaldemorgen*

Klaus Kaldemorgen

Le début d’année a été fulgurant sur les marchés des actions dans le monde entier. Jusqu’à la fin du mois de février, le MSCI ACWI a par exemple augmenté de près de 11% en dollars. Si l’année se poursuivait comme cela, on pourrait qualifier en toute confiance 2019 de meilleure année que la moyenne pour les actions. Si l’on examine plus précisément la situation, on voit cependant que le moteur de cette évolution des cours était unique et que dans le meilleur des cas, il s’allume plus que faiblement. Dans une année pour laquelle le marché promet peu de potentiel à venir, il s’agit donc d’examiner les tendances sous-jacentes. Les modèles de 2018 se répètent-ils ou de nouveaux schémas se sont-ils imposés? 

Au cours de l’année dernière, les réductions successives des prévisions de croissance ont fait office de fil rouge. Le principal facteur du pessimisme conjoncturel qui se propage de plus en plus a certainement été le conflit commercial avec la Chine imposé par le président américain, Donald Trump. À cela se sont ajoutés les problèmes de croissance maison de la zone euro. Dans ce contexte, les quatre hausses de taux de la Banque centrale américaine, la Réserve fédérale, ont causé une tempête qui continue d’enfler. Les marchés des actions en Chine et en Europe ont souffert des conséquences du resserrement de la politique monétaire. Le quatrième relèvement des taux en décembre a ensuite causé également des dégâts sur le marché américain. Celui-ci a perdu près de 16% au pic du dernier mois de 2018, le plus mauvais résultat d’un mois de décembre depuis plus de 50 ans. 

Si l’on observe les tendances de l’année passée, on peut constater d’une manière générale que les secteurs et les entreprises sensibles à la conjoncture ont connu une évolution plus défavorable que la moyenne. Ce n’est pas surprenant compte tenu des prévisions qui s’assombrissent en permanence. Des deux côtés de l’Atlantique, les valeurs industrielles font partie des grands perdants. Les actions financières et des matières premières ont également dû accepter de lourdes pertes.

En Europe, les valeurs de la chimie ont surtout été touchées, les actions de BASF ont par exemple plongé de plus de 30%. Les titres des entreprises internationales du secteur de l’énergie ont enregistré une évolution variable selon les régions, malgré la baisse des prix du pétrole. L’un des plus grands perdants aux États-Unis avec des chutes de cours de plus de 18%, le secteur faisait partie des rares gagnants en Europe.

Pas de tendance sans exception

Les entreprises européennes du secteur de l’énergie ont bénéficié du renforcement du dollar, ainsi que du rendement élevé de leur dividende. En 2018, les titres ayant des rendements élevés du dividende ont pris un virage notable. D’«underdogs», ils sont devenus favoris des investisseurs du fait de leur caractère défensif. Mais il n’y a pas de tendance sans exception: malgré leurs dividendes versés, les valeurs automobiles allemandes ont enregistré des pertes à deux chiffres en pourcentage. Les valeurs pharmaceutiques et de la santé se trouvaient largement du côté des gagnants. Aux États-Unis par exemple, ces actions ont progressé de dix points de pourcentage de plus que l’indice général du marché. Les valeurs technologiques ont également brillé aux États-Unis avec une hausse de 2,6%, alors que leurs homologues européens ont perdu six pour cent. 

L’observation des styles d’investissement s’avère également intéressante. En 2018, outre les stratégies de dividendes, la tendance était à miser sur les puissances relatives et les valeurs stables. Par ailleurs, les actions des grandes capitalisations ont surpassé les petites et moyennes valeurs. 

Début 2019, la Réserve fédérale a de nouveau provoqué un revirement de tendance remarquable sur le marché des actions. Les relèvements de taux aux États-Unis ne sont largement plus d’actualité pour cette année, depuis que la Banque centrale américaine a indiqué qu’elle voulait se montrer patiente. De plus, on pourrait entrevoir une solution dans le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Ainsi, une récession semble tout d’abord évitée pour 2019. Mais ces deux évolutions pourraient être largement intégrées après le rebond qui est derrière nous. Il est donc judicieux d’examiner les tendances qui se sont imposées sous ce modèle prédominant au cours des deux premiers mois de 2019. Quels schémas de l’an dernier restent valables et quels schémas ont perdu leur importance? 

Il faut d’abord relever la faible performance des actions pharmaceutiques aux États-Unis. Bien qu’il reste légèrement dans le positif, le secteur est lanterne rouge. Peut-être parce que ces entreprises pourraient être une cible privilégiée dans la campagne électorale qui arrive. En Europe, en revanche, les valeurs pharmaceutiques s’en sortent un peu mieux que l’indice général du marché. Les valeurs industrielles connaissent actuellement une renaissance. Aux États-Unis, elles font partie des secteurs les plus solides, en Europe, elles restent parmi les plus performants. 

Miser sur les perdants de l’année passée?

De ce côté de l’Atlantique, à l’inverse de l’année dernière, on ne distingue pas de différence marquée entre les valeurs défensives et cycliques. Les actions de la chimie et des matières premières affichent une performance aussi bonne que les titres du secteur agroalimentaire. Parfois, certaines valeurs entraînent un secteur entier par le fond. C’est par exemple le cas des télécommunications en Europe, le seul secteur placé sous un signe négatif, car les actions de Vodafone ont reculé de près de 12%.

Aux Etats-Unis, le secteur agroalimentaire a été pénalisé par une perte de cours de 25 % de Kraft Heinz. Les actions technologiques et les titres des plateformes Internet ont poursuivi la tendance positive de l’année précédente. Les valeurs financières ont évolué moins bien que l’ensemble du marché, mais restent dans le vert. La puissance relative s’est comportée négativement parmi les styles d’investissement, à l’inverse de 2018. 

Jusque là, miser sur les perdants de l’année passée n’était pas une mauvaise stratégie. Ainsi, Apple a subi une perte de 6,3 % en 2018, mais en 2019 le titre a rebondi de 17%. En revanche, Amazon a poursuivi la tendance, avec une progression de 14,5% cette année après une hausse de 26,5% en 2018.

* DWS






 
 

AGEFI



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