L'agence publicitaire Publicitas dépose son bilan

vendredi, 11.05.2018

Après plusieurs retraits de gros clients comme Tamedia ou Ringier, l'agence publicitaire Publicitas annonce sa faillite.

Publicitas dépose son bilan.(keystone)

Clap de fin pour Publicitas. L'agence publicitaire dépose son bilan. La société, qui traversait de grosses difficultés financières, était en sursis concordataire depuis la semaine dernière.

L'administrateur de faillite, Urs Boller, a confirmé vendredi à l'ats une information du site Klein Report. Le bilan a été déposé auprès du Tribunal de district de Bülach (ZH).

Les éditeurs avaient jusqu'au 14 mai pour se prononcer sur le plan de redressement qui leur avait été soumis par Publicitas, un délai qui avait déjà été prolongé de quelques jours mercredi. Mais il n'y aura pas de sortie de crise. Sans attendre la fin du délai, Publicitas a annoncé sa faillite vendredi. Au total, 120 à 150 collaborateurs sont concernés.

Dans son plan de redressement, le groupe proposait aux éditeurs un modèle de commissions permettant de réduire leurs risques, ainsi qu'une participation dans l'actionnariat à hauteur de 50%. Cela aurait offert une transparence complète sur les chiffres-clés de la société, selon Publicitas.

Plusieurs grandes maisons d'édition ont annoncé ces derniers temps qu'elles mettaient fin avec effet immédiat à leur collaboration avec Publicitas. Tamedia, Ringier et Ringier Axel Springer Suisse, Admeira, le groupe NZZ, AZ Medien et le groupe 

Romandie Combi, représentant Le Nouvelliste, La Liberté, Le Quotidien Jurassien, ArcInfo et le Journal du Jura lui reprochaient des manquements dans ses obligations financières.(ats)

Les dates clés

Publicitas dominait jadis le marché des annonces en Suisse et brassait des milliards de francs de chiffre d'affaires. 

Aujourd'hui, l'entreprise vieille de 128 ans tire définitivement la prise et dépose son bilan.

1868: fondée en 1855 à Hambourg, l'agence d'annonces publicitaires "Insertionsagentur Haasenstein & Vogler" crée une filiale à Bâle. Peu à peu, elle étend ses activités à toute la Suisse.

1890: Charles W. Georg, fils d'un immigré allemand, reprend l'entreprise, la transforme en société anonyme et transfère son siège à Genève. Il étend les activités à l'Italie, la France et l'Espagne et acquiert la maison-mère à Hambourg.

1917: l'entreprise adopte le nom "Publicitas", son adresse télégraphique d'alors. Jusqu'à l'éclatement de la Première Guerre mondiale, l'agence compte 54 filiales et 380 représentations dans neuf pays européens.

1930: le siège de l'entreprise est transféré à Lausanne.

1947: après avoir concentré ses affaires pendant les deux conflits mondiaux en Suisse, Publicitas ouvre à nouveau une filiale à Paris.

1965: Publicitas reconstruit un réseau international, qui englobe des représentations dans 17 pays sous le toit du Groupe Publicitas International.

1988: échec d'une OPA hostile de la part du promoteur immobilier Jürg Stäubli.

1989: le groupe des annonces est réuni sous le nom de Publicitas Holding SA. L'entreprise compte alors 30 sociétés et 3450 employés et détient des parts minoritaires dans plusieurs journaux. Pour la première fois, le chiffre d'affaires dépasse les deux milliards de francs.

1992: sous la pression d'un important recul des annonces publicitaires, Publicitas avale les numéros deux et trois du secteur, Orell Füssli Werbe SA et Assa. Elle atteint désormais 65% du marché des annonces en Suisse.

1998: Publicitas Holding SA change de nom et devient "PubliGroupe". L'entreprise restructure une année plus tard ses sociétés publicitaires.

2001: les volumes de publicité qui diminuent drastiquement dans les journaux et le manque d'investissements dans le secteur online font plonger PubliGroupe dans les chiffres rouges. Au cours des années suivantes, environ 1000 postes sont supprimés. Le groupe se maintient à flot grâce à des ventes dans l'immobilier et des participations comme dans le cas de local.ch.

2002: la Commission de la concurrence (COMCO) mène une enquête sur de possibles abus de position dominante par Publicitas. En 2007, elle condamne le groupe à une amende de 2,5 millions de francs.

Juillet 2014: après la perte de contrats publicitaires avec plusieurs éditeurs de journaux, la régie Publicitas - qui emploie 860 collaborateurs - est vendue par PubliGroupe à la société allemande Aurelius.

Septembre 2014: Swisscom reprend PubliGroupe à la suite d'une surenchère avec Tamedia.

Décembre 2016: Aurelius revend Publicitas au CEO Jörg Nürnberg, au directeur financier Carsten Brinkmeier ainsi qu'à un tiers anonyme.

Avril 2018: Tamedia, Ringier, Admeira, le groupe NZZ, AZ Medien et le groupe Romandie Combi mettent fin à leur collaboration avec Publicitas.

3 mai 2018: face à ses grandes difficultés financières, Publicitas demande un sursis concordataire provisoire et présente un plan de redressement aux éditeurs. Ceux-ci ont d'abord jusqu'au 10 mai pour se prononcer.

9 mai: l'entreprise prolonge au 14 mai le délai qu'elle avait donné aux éditeurs.

11 mai: Publicitas tire définitivement la prise et dépose son bilan.

 

 






 
 

AGEFI



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