Quid de la situation des banques italiennes?

jeudi, 19.07.2018

Après l’incertitude entourant la formation du nouveau gouvernement, le contexte semble quelque peu stabilisé. Les banques représentent aujourd’hui une opportunité intéressante.

Christopher Gannatti*

La fin du deuxième trimestre 2018 a été plutôt volatile pour les actions italiennes. L’imposition de nouveaux tarifs douaniers américains et l’accord nucléaire iranien ont eu un impact sur le sentiment des investisseurs. Mais les actions italiennes ont également connu une volatilité importante en raison de l’incertitude entourant la formation d’un nouveau gouvernement italien, avec des négociations politiques intensives qui ont duré jusqu’à la toute dernière minute.

Aujourd’hui, le contexte semble quelque peu stabilisé. Quelles sont les implications pour les actions italiennes? Les banques italiennes vont-elles rebondir? Après une forte performance entre janvier et avril, les actions bancaires italiennes ont fortement chuté en mai, les investisseurs ayant actualisé un niveau de risque beaucoup plus élevé à l’égard de l’Italie. L’indice FTSE MIB Banks a chuté de plus de 19% au cours du mois, soit plus de deux fois la baisse de l’indice MSCI Italie au cours de la même période. Alors que l’indice MSCI Italie a affiché un rendement légèrement positif pour les cinq premiers mois de 2018, l’indice FTSE MIB Banks a reculé de plus de 7% au cours de la période. Étant donné que le sentiment à l’égard de l’Italie a tendance à se refléter fortement dans les mouvements de l’indice FTSE MIB Banks, la prochaine évolution de cet indice pourrait-elle être à la hausse?

Croissance économique

Alors que la croissance économique de l’Italie a été très faible ces dernières années, les données ont montré qu’en mai, l’inflation a plus que doublé par rapport au mois précédent, avec des prix en hausse de 1,1% sur une base annuelle, contre 0,5% en avril, selon les estimations préliminaires de l’Istat (Institut national de la statistique). Historiquement, l’inflation en Italie a toujours été liée à deux facteurs: la hausse des prix des matières premières et la demande d’achat. Le prix plus élevé du pétrole a très probablement joué un rôle dans la récente hausse de l’inflation, mais il semble qu’il y a eu une plus grande demande pour les biens et services qui composent le «panier d’achat» de l’IPC (Indice des prix à la consommation). Même si la consommation italienne n’est pas encore en plein boom, des indices positifs apparaissent. Et ceux-ci pourraient être renforcés par le programme fiscal gouvernemental «Flat Tax», qui vise à stimuler la croissance.

Deux principaux indicateurs de risque sont à considérer sur ce secteur. L’écart entre les rendements des obligations BTP Italia et les rendements des Bunds allemands constitue la première mesure importante du risque. En ce qui concerne les obligations à 10 ans, en 2013, le rendement de la dette à 10 ans de l’Italie était supérieur de 3% à celui de l’Allemagne. Il a ensuite fallu environ cinq ans - jusqu’à la fin mai 2018 - avant que ces niveaux ne soient de nouveau testés. Toutefois, depuis l’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement, l’écart a chuté de 70 points de base, passant de 3,0% à 2,3%, ce qui donne à penser que le risque a diminué. L’écart de taux des swaps sur défaillance (CDS) sur les banques italiennes est une autre mesure du risque pertinente. Si les écarts CDS des trois plus grandes banques italiennes se sont creusés en mai, les écarts ne se sont pas rapprochés des niveaux observés en juin 2013, ce qui indique que les niveaux de risque sont bien en deçà des niveaux observés il y a cinq ans.

Valorisations faibles

L’indice FTSE MIB Banks se négocie actuellement à un ratio cours/bénéfice global de 9,6x, avec un ratio cours/valeur comptable de 0,7x. Il s’agit de valorisations très faibles, ce qui suggère qu’une grande partie du risque a déjà été évaluée dans cette partie du marché. 

A la lumière de ce qui précède, les banques italiennes représentent aujourd’hui une opportunité d’investissement intéressante. L’Italie a un nouveau gouvernement en place et de nouvelles réglementations visant à améliorer la croissance économique italienne pourraient avoir un impact positif sur la consommation et stimuler la demande de crédit. Pour ceux qui cherchent à capitaliser sur l’amélioration du sentiment envers l’Italie, être long sur l’indice FTSE MIB Banks pourrait être une stratégie payante.

*Directeur de la recherche, WisdomTree






 
 

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