Valais: le PDC reste très présent mais s'érode

dimanche, 15.11.2020

Après l'élection dimanche des présidents de quinze communes valaisannes, le PDC a maintenu sa majorité tout en cédant un peu de terrain.

A Collombey-Muraz, bastion PDC depuis des décennies, le socialiste Olivier Turin engrange 1268 voix, remportant la mise face à la démocrate-chrétienne Sandra Cottet Parvex qui récolte 1019 voix.(Keystone)

Le PDC s'est érodé en Valais après l'élection dimanche des présidents de quinze communes encore disputées. Il dirige toutefois encore une moitié des exécutifs du canton. Le PLR et l'UDC progressent légèrement, le PS conserve ses acquis.

Douze communes du Valais romand et trois du Haut-Valais sur les 122 que compte le canton attendaient encore leur président(e) dimanche. Parmi elles, Collombey-Muraz, bastion PDC depuis des décennies, où le socialiste Olivier Turin engrange 1268 voix, remportant la mise face à la démocrate-chrétienne Sandra Cottet Parvex qui récolte 1019 voix.

"Olivier Turin est la meilleure personne pour reprendre la commune", réagit la présidente du PS du Valais romand Barbara Lanthemann auprès de Keystone-ATS. Elle y voit un symbole fort dans le Chablais. Elle estime aussi que l'alliance conclue entre le PDC et l'UDC pour porter Sandra Cottet Parvex n'a pas plu aux citoyens.

Le PDC fait les frais des affaires

Après Val de Bagnes et les constructions illicites, le PDC perd une seconde commune empêtrée dans des affaires. Collombey-Muraz était présidée jusqu'ici par l'ancien conseiller Yannick Buttet. "Nous sommes déçus, mais le résultat n'enlève rien aux mérites de notre candidate qui avait en face d'elle un candidat avec une aura cantonale en tant que président du Grand Conseil", a réagi le président du PDC du Valais romand Joachim Rausis.

Au total, le PDC reste le parti qui compte le plus de présidences de communes dans le canton. Mais si dans le Haut-Valais il se maintient avec plus d'une trentaine de sièges sur 63 (en comptant les élus de listes d'alliances), dans le Valais romand il passe de 33 à 29 présidents sur 59 communes.

"Il y a une petite érosion, dans la suite logique du premier tour. C'est un coup de semonce pour le parti et nous devrons serrer les rangs pour les cantonales de l'an prochain", admet Joachim Rausis.

Le PLR dépasse son objectif

Le PLR de son côté passe de 19 présidences à 17 sur les 122 communes du canton. Il dépasse son objectif de 16 affiché avant le scrutin, selon le secrétariat de la formation. Le parti pourrait même en gagner une dix-huitième présidence à Brigue, en ballottage dimanche, mais où son candidat Mathias Bellwald fait la course en tête.

Pour mémoire, le PLR a perdu automatiquement trois présidences après la fusion de Veyras, Venthône et Miège (commune de Noble-Contrée) ainsi que de Charrat et Martigny (commune de Martigny). Toutes les cinq étaient en effet présidées par des libéraux-radicaux.

Avec ces deux fusions plus celle de Bagnes et Vollèges (commune de Val de Bagnes), le canton est passé de 126 à 122 communes, dont 59 dans le Valais romand.

Première socialiste présidente

Le PS se maintient avec quatre présidences (Albinen, Chippis, Evionnaz et Collombey-Muraz). Barbara Lanthemann a vu avec "particulièrement de plaisir" l'élection de la première femme socialiste à la tête d'une commune valaisanne avec la désignation de Valérie Santacroce-Tacchini à Evionnaz.

Quant à l'UDC, il tient pour l'heure les rênes de quatre communes dans le Haut-Valais (Fieschertal, Obergoms, Naters, Saint-Nicolas) et a décroché sa première présidence dans le Valais romand avec Hérémence. Tous ces présidents ont été élus tacitement dans la foulée des communales du 18 octobre.

Enfin, les Verts qui disposent désormais de 13 sièges dans les exécutifs communaux, avaient renoncé à présenter des élus pour la présidence.

Ballottage à Brigue

A Brigue, le scrutin de dimanche a abouti à un ballottage entre les quatre candidats en lice (2 PDC, un PLR, un UDC) pour succéder à l'indépendant Louis Ursprung. Le libéral-radical Mathias Bellwald a une confortable avance avec 2173 voix.

Le candidat UDC Michael Graber indique dimanche sur le site du Walliser Bote qu'avec un résultat aussi clair en faveur du libéral radical, "le peuple a déjà tranché" et qu'un deuxième tour le 29 novembre serait "une perte d'argent, de temps et d'énergie". Seul le candidat PDC Patrick Amoos, second meilleur score à 700 voix du premier, indique "qu'il doit réfléchir à la suite".

Hommes surreprésentés

Du côté des genres, les hommes sont toujours largement surreprésentés, malgré une hausse du nombre d'élues. Au total, lors de la prochaine législature, 18 femmes dirigeront des communes valaisannes, contre douze actuellement.(ats)






 
 

AGEFI



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