Un autre actionnaire apporte son soutien à Tidjane Thiam

mercredi, 05.02.2020

Après la firme américaine Harris Associates, un autre actionnaire de Credit Suisse, Silchester International Investors, apporte également son soutien au patron de la banque.

Selon Silchester International Investors, le président Rohner doit renoncer à solliciter un nouveau mandat s'il ne veut pas soutenir publiquement Tidjane Thiam. (Keystone)

Mardi, la firme américaine Harris Associates, qui détient 8,42% des actions de Credit Suisse, est montée au créneau pour défendre Tidjan Thiam. Ce mercredi un autre actionnaire conséquent de Credit Suisse, Silchester International Investors, lequel revendique une participation de 3,3% dans l'établissement, est aussi venu apporter son soutien au directeur général de la banque.

Selon la société d'investissement londonienne, le président Rohner doit renoncer à solliciter un nouveau mandat s'il ne veut pas soutenir publiquement Tidjane Thiam.

Ces informations ne semblaient guère semer le trouble chez les investisseurs. Vers 14 heures à la Bourse suisse, l'action Credit Suisse se négociait à 12,60 francs, en vive hausse de 1,45%, alors que l'indice de référence SMI bondissait aussi de près de 1,5% à un nouveau plus haut historique.

Selon l'agence Reuters, le conseil d'administration de Credit Suisse discute ce mercredi des éventuelles conséquences des affaires de filatures. Urs Rohner et d'autres administrateurs de la banque sont d'avis qu'il est nécessaire d'agir après les dernières révélations parues dans la presse et l'enquête menée par l'autorité fédérale de surveillance des marchés (Finma).

Urs Rohner examinerait déjà la question du remplacement du directeur général Tidjane Thiam au cas où la Finma arriverait à la conclusion qu'il a négligé ses obligations, a déclaré à Reuters une personne proche du dossier. La réunion du conseil d'administration ne devrait pas forcément déboucher immédiatement sur un changement de patron, mais pourrait poser les jalons pour une telle décision.

No comment

Une des personnes du milieu a ajouté qu'il faudra voir si M. Rohner dispose d'assez de soutien au sein du conseil d'administration ou si sa position est remise en question. Contacté mardi soir par Reuters, Credit Suisse n'a pas voulu commenter.

La banque aux deux voiles est sous pression depuis septembre dernier lorsqu'on a appris qu'elle avait fait suivre son ancien banquier star Iqbal Khan par des détectives privés. Après enquête interne, la banque a exonéré M. Thiam de toute responsabilité, mais un second cas de surveillance a été dévoilé par la suite ce qui a détruit les efforts pour tirer un trait sur cette affaire.

La Finma examine de son côté si il y a eu des manquements au contrôle dans les étages de direction de la banque. Selon le résultat de l'enquête, la Finma pourrait exiger des changements à la tête du groupe. (awp)

Commentaire: L’opposition Rohner contre Thiam

La discussion médiatique au sujet des conséquences que devrait avoir l’affaire d’espionnage au sein des dirigeants de Credit Suisse commence à se cristalliser autour des deux personnes à la tête des organes respectifs. Ceux qui soutiennent le président Urs Rohner veulent voir partir le CEO Tidjane Thiam – et vice versa. Le plus désolant, c’est que cette discussion ne se fonde pas sur des critères objectifs, mais qu’elle se mène sur des bases plutôt émotionnelles, pour ne pas dire sur des questions d’appartenance nationale.

Le Suisse Urs Rohner, présenté comme le dernier bastion de ceux qui souhaitent voir une Paradeplatz où les Suisses conservent une certaine influence, se trouve face au Français Tidjane Thiam, plus ou moins ouvertement soutenu par des groupes français. Le niveau qu’a atteint le débat explique pourquoi le conseil d’administration du groupe peut très bien décider de ne rien décider, et de laisser en place les deux principaux concernés. Il a ses propres critères, qui sont probablement un peu plus inspirés par la marche des affaires de Credit Suisse.

La dernière mesure à cet égard, le dernier trimestre 2019, n’est pas encore connue. Cependant, il n’y a pas de fumée sans feu. Le conseil d’administration ferait probablement mieux d’anticiper le résultat de l’enquête de la Finma, plutôt que de se laisser dicter les mesures par l’organe de surveillance. C’est cette procédure-là qui représente aujourd’hui la menace la plus importante, tant pour Urs Rohner que pour Tidjane Thiam. – (Christian Affolter)






 
 

AGEFI




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