Grindr: l'application de rencontres gay a partagé le statut VIH de ses utilisateurs

mercredi, 04.04.2018

Après Facebook, c’est au tour de l’application de rencontres gay Grindr de perdre des utilisateurs. En cause: le site a partagé le statut VIH de sa communauté.

Grindr fait face à des appels au boycott sur les réseaux sociaux sous le hashtag DeleteGrindr.

Grindr, l’application de rencontres  pour hommes homosexuels, queers et bisexuels, comptant plus de 3,6 millions d’utilisateurs actifs, est accusée d’avoir permis à des applications tierces d’avoir accès à des données sensibles, incluant le statut de séropositivité des utilisateurs.

Les données récoltées rendraient les personnes concernées tout à fait identifiables, a rapporté le site d’informations Buzzfeed à l’origine de ces révélations.

Face aux accusations, Scott Chen, directeur technique de Grindr, a publié un communiqué sur Tumblr rappelant les paramètres de sécurité et de confidentialité de l’application de dating. "Grindr n'avait jamais vendu et ne vendra jamais d'informations identifiables concernant ses utilisateurs, et plus particulièrement des informations relatives au statut VIH ou le dernier test en date, à des tierces ou des annonceurs [...] notre but a toujours été de promouvoir la santé et la sécurité de nos utilisateurs".

Surnomée le Tinder Gay, l’application fait désormais face à des appels au boycott sur les réseaux sociaux sous le hashtag #DeleteGrindr, rappelant lea célèbres #Iquitfacebook et #deletefacebook apparus plus de 40'000 fois sur Twitter à la suite du scandale de Cambridge Analytica. Facebook est cloué au pilori depuis deux semaines, accusé d’avoir récolté des données de plus de 50 millions comptes, sans l’autorisation de ses utilisateurs.

Un parallèle avec la polémique Facebook que nie Bryce Case, le chef de la sécurité de Grindr, dans une interview menée par Axios : "Il ne faut pas confondre un problème et essayer de nous mettre dans le même camp, nous n’y sommes pas du tout. Toutes les informations que nous soumettions aux applications tierces [Apptimize et Localytics], dont le statut VIH des utilisateurs, étaient cryptées. À aucun moment nous n'avons partagé des informations sensibles comme le statut de séropositivité à nos annonceurs", a-t-il précisé.

Les utilisateurs de l’application et les associations de lutte contre le Sida ont qualifié cet acte de "négligence importante et flagrante des standards de base que l'on n'attendrait pas d'une société qui se positionne comme supporter de la communauté queer".

Le dimanche 1er avril, Grindr a annoncé le lancement d’alertes, permettant de notifier ses utilisateurs tous les 3 ou 6 mois, afin qu'ils effectuent des tests VIH.






 
 

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