Présidence du PS: Christian Levrat passera la main

mardi, 12.11.2019

Après douze ans à la tête du parti socialiste, Christian Levrat ne souhaite pas briguer un nouveau mandat.

"J'ai été président pendant douze ans, avec beaucoup de plaisir et d'énergie. Mais ça use, aussi bien sur le plan politique que personnel. Il faut savoir passer la main", a confié Christian Levrat. (Keystone)

Christian Levrat ne briguera pas un nouveau mandat à la tête du parti socialiste. Il passera la main en avril après douze ans de présidence, indique le sénateur de 49 ans dans des interviews publiées mardi dans La Liberté et le Blick.

"Cela fait un certain temps déjà que j'ai décidé de ne pas me représenter", précise le Gruérien dans le journal fribourgeois. Et d'ajouter: "J'ai été président pendant douze ans, avec beaucoup de plaisir et d'énergie. Mais ça use, aussi bien sur le plan politique que personnel. Il faut savoir passer la main".

Interrogé sur l'influence du score historiquement bas du PS lors des dernières élections sur sa décision, Christian Levrat reconnaît assumer "une part de responsabilité dans ce résultat". Il relève toutefois que tous les grands partis sont à leur niveau le plus bas.

Son départ au printemps est d'ailleurs "décidé depuis longtemps. C'est pourquoi nous avons au début de l'année décidé d'avancer le congrès du parti de novembre 2020 à avril", explique-t-il dans les colonnes du Blick.

Après les élections fédérales du 20 octobre dernier, plusieurs élus socialistes avaient publiquement demandé le départ de Christian Levrat. Parmi eux figurait la conseillère d'Etat zurichoise Jacqueline Fehr, qui estimait que le PS devait devenir plus jeune et féminin.

Widmer-Schlumpf et immigration de masse

Le Fribourgeois a pris la tête du parti socialiste en 2008. A l'heure du bilan, il estime que l'un de ses succès "qui a probablement marqué le plus la politique suisse, c'est l'élection d'Eveline Widmer-Schlumpf en 2007 et l'installation pour huit ans d'un Conseil fédéral plus ouvert que celui des quatre dernières années".

Et de mentionner également des succès dans des "votations importantes", comme celles sur le taux de conversion du deuxième pilier, le Gripen ou encore la réforme de l'imposition des entreprises.

A l'inverse, il voit dans l'acceptation de l'initiative contre l'immigration de masse son plus grande échec. "Les partis, en particulier le PS et le PLR, portent une responsabilité", reconnaît-il.

"Empoigner les réformes nécessaires"

Pour la suite, Christian Levrat invite son parti à rester uni et "empoigner les réformes nécessaires dans le domaine de la santé, des retraites, de l'Europe et du climat" plutôt que de "plonger dans des abîmes d'introspection". "C'est en faisant de la politique qu'on va gagner les élections, pas seulement en faisant de l'introspection", insiste-t-il.

Interrogé sur le profil de son ou sa successeur(e), le Fribourgeois n'a pas souhaité se prononcer. "C'est typiquement le genre de questions auquel un président quittant son poste doit s'abstenir de répondre", a-t-il avancé. Les délégués du PS choisiront leur prochain président lors de leur congrès en avril à Bâle.

Les noms de plusieurs papables ont circulé dans les médias. Les conseillères nationales Mattea Meyer (ZH), Nadine Masshardt (BE), Flavia Wasserfallen (BE), Samira Marti (BL) et Barbara Gysi (SG) ont été évoquées de même que les conseillers nationaux Cedric Wermuth (AG) et Jon Pult (GR). (ats)






 
 

AGEFI




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