Apple, une situation très contrastée

mardi, 03.11.2020

Pierre-François Donzé*

Pierre-François Donzé

Apple a enregistré pour le quatrième trimestre de son exercice fiscal 2020 un chiffre d’affaires record, à 64,7 milliards de dollars, mais en maigre progression par rapport à l’an dernier. 

Le bénéfice net de 12,67 milliards de dollars, soit 73 cents par action, s’est replié de -7%, malgré l’important programme de rachat d’actions venu en soutien.

Le plongeon du chiffre d’affaires a été de -29% en Chine, le client clé. La progression était par contre de plus de 13% en Europe. La contreperformance des ventes d’iPhones, à 26,1 milliards de dollars, soit 2 milliards de dollars de moins qu’attendu, a choqué. Il est cependant difficile de s’alarmer car les ventes d’ordinateurs Mac (9,03 milliards de dollars contre 7,27 milliards de dollars attendus), d’IPads et de services, stimulées par le télétravail et l’enseignement à distance, ont établi des records.

La chute importante de la demande d’iPhones est largement imputable à l’anticipation de sortie de la nouvelle génération d’iPhones, compatibles avec la 5G. Celle-ci a été retardée à mi-octobre, mais il ne faut pas sous-estimer la performance industrielle que ça représente dans un contexte de difficultés d’approvisionnement. 

Cette gamme d’iPhones 12, qui a bien démarré, devrait profiter du sursaut de demande saisonnier de fin d’année. Il reste que le déclin en Chine, qui a débuté en 2015, n’est sans doute pas juste cyclique. 

Le concurrent chinois Xiaomi y vend désormais plus de smartphones qu’Apple. Le climat actuel de guerre commerciale et technologique avec les Etats-Unis pourrait fort bien freiner la reprise attendue par Tim Cook, qui compte sur la Chine aussi bien pour l’offre que la demande.

L’absence de prévision financière pour le prochain trimestre, liée à l’incertitude Covid avec d’éventuelles fermetures de magasins, a quelque peu refroidi les investisseurs. Mais la correction du titre qui a suivi, portant la baisse à -20% depuis le pic de septembre, est à mettre en perspective avec une évaluation généreuse (à plus de 27 fois le bénéfice anticipé) et une progression annuelle du cours de 48%.

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie






 
 

AGEFI



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