Les quatre fantastiques

lundi, 03.08.2020

Apple, Amazon, Facebook et Alphabet performent, malgré la pandémie et une récession profonde.

Valentin Girard*

Valentin Girard

Cette semaine, tout, ou pres­que, aura tour­né autour des quatre géants du secteur technologique américain: Apple, Amazon, Facebook et Alphabet (parent de Google). Mercredi d’abord, les dirigeants respectifs des quatre sociétés étaient sous le feu des projecteurs pour répondre aux accusations du Congrès américain concernant leur position dominante et les abus potentiels de celle-ci.

Cette conférence virtuelle s’est révélée être davantage un bureau des plaintes plutôt qu’un vrai dialogue entre les intervenants. De nombreux documents ont appuyé des attaques (bipartisanes) contre les pratiques de ces entreprises. Cependant, cette audition n’est guère que le premier épisode d’une longue série, car ce comité de députés n’a pas le pouvoir de «casser» ces monopoles, mais seulement de faire des recommandations pour la mise à jour de la loi antitrust américaine.

Jeudi, soit le lendemain, ces quatre mêmes sociétés ont publié leurs résultats sur le deuxième trimestre et leurs chiffres se sont révélés être... éblouissants. Le contraste est saisissant: sur fond de pandémie, de récession mondiale, de nombre record de chômeurs aux États-Unis, ces entreprises affichent une croissance qui semble être sans faille. Amazon, pour n’en citer qu’une, a vu son chiffre d’affaires progresser de 40% sur le deuxième trimestre! C’est toutefois compréhensible, car le confinement généralisé favorise structurellement l’économie digitale et les services offerts par ces géants technologiques. Mais c’est quand même impressionnant.

20% de la valeur du S&P 500

Du côté de l’économie, c’est la grisaille. Le PIB américain est en baisse de 10% sur le deuxième trimestre, ce qui n’était plus arrivé depuis la Deuxième Guerre mondiale. En Europe les données ne sont guère plus encourageantes, l’économie de la zone euro affiche un recul de 12% par rapport aux trois premiers mois de l’année. Les pays les plus touchés sont l’Espagne (-18%), la France (-14%) et l’Italie (-12%).

Si les marchés financiers européens reflètent ces difficultés (l’indice Eurostoxx 50 est en baisse de 15% depuis le début de l’année), les marchés américains sont, eux, dans le vert! Mais attention, les quatre géants de la «tech» américaine constituent aujourd’hui 20% de la valeur du S&P 500 et tronquent la performance de l’indice à la hausse. Jusqu’à quand cette suprématie américaine durera? À vos boules de cristal!

Recommandation

APPLE: ISIN: US0378331005, prix: USD 425,00

Les résultats du troisième trimestre d’Apple ont défié la crise du Coronavirus, profitant largement de la période de confinement, malgré des fermetures de magasins. Le chiffre d’affaires a augmenté à 59,69 milliards de dollars, soit une hausse de 10,9% sur un an. Le bénéfice s’est établi à 2,58 dollars par action alors que les attentes pointaient sur 2,07 dollars. 

Les craintes concernant un déclin du chiffre d’affaires ont été effacées, tous les segments affichant une forte croissance. C’est le hardware qui a dominé la tendance positive même si les services ont aussi affiché une belle progression, avec des marges confortables. 

Les ventes de produits Mac (+31% sur un an) et iPad (+22% sur un an) ont joliment bénéficié du travail à domicile et de l’apprentissage en ligne. Les ventes d’iPhone se sont établies à 26,42 milliards de dollars nettement au-dessus des attentes de 22 milliards de dollars. La demande impressionnante pour le modèle SE, à prix plus abordable, démontrent la capacité d’Apple à garder la confiance de sa base établie de clients. En pleine récession, les acheteurs ont tout de même voulu débourser près de 400 dollars, une preuve du pouvoir de la marque. 

La sortie de la nouvelle génération d’iPhones, perturbée par des problèmes d’approvisionnement et de logistique, a été retardée de quelques semaines, pour mi-octobre. Ces appareils, compatibles avec le réseau 5G, feront sans doute l’objet d’une forte demande. 

L’annonce surprise d’un fractionnement de ses actions en quatre, pour le 31 août, a aussi plu. Historiquement, les splits d’actions, qui se sont faits rares ces dernières années, ont entraîné un biais positif sur la performance car ils rendent l’achat de titres plus accessible pour les petits investisseurs.

* Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie 






 
 

AGEFI



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