Appel de dizaines d'Etats et d'entreprises pour un Internet sûr

mardi, 13.11.2018

Cinquante Etats, dont la Suisse, et 159 entreprises ont signé un appel pour un Internet sûr lundi à Paris.

L'Appel de Paris vise à relancer des discussions sur un code international de bonne conduite sur internet. (Keystone)

Des dizaines d'Etats et d'entreprises du secteur des technologies ont signé lundi l'"Appel de Paris pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace". Contrairement à la Suisse, ni la Chine, ni la Russie, ni les Etats-Unis n'ont apposé leur paraphe.

Les signataires disent soutenir "un cyberespace ouvert, sûr, stable, accessible et pacifique", où le droit international s'applique et où les droits des personnes doivent être protégés. L'Appel de Paris vise à relancer des discussions sur un code international de bonne conduite sur internet.

"Plus un jour ne se passe sans que l'on ne découvre une nouvelle campagne malveillante dans le cyberespace ou une nouvelle attaque informatique menée à des fins d'espionnage, de sabotage ou d'influence", a rappelé lundi matin le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian.

"Il faut des accords"

Comme pour les armes nucléaires, "il faut des accords pour éviter la guerre numérique qui serait catastrophique", a-t-il ajouté. Les discussions sont au point mort depuis 2017, lorsqu'un groupe d'experts mis en place à l'ONU s'est séparé sur un constat d'échec, du fait des divergences entre les grandes puissances de la planète.

Dans l'appel, les signataires se déclarent "résolus à agir de concert" pour empêcher les cyberactivités malveillantes "qui causent des dommages importants, sans discernement ou systémiques", indique également le manifeste. De même, ils s'engagent à développer les capacités pour "empêcher des acteurs étrangers de perturber des processus électoraux".

Ils promettent également d'empêcher des acteurs privés de répliquer aux attaques informatiques par d'autres attaques informatiques, au risque de provoquer un embrasement général. "Cet Appel de Paris est un vrai tournant dans la façon d'affronter les problèmes de cybersécurité dans le monde", a souligné Brad Smith, président de Microsoft, dont l'entreprise a signé l'appel.

Des grandes entreprises

Au total, 359 entités ont signé l'appel. Outre 50 Etats issus de tous les continents, parmi lesquels les 28 membres de l'Union européenne et tous ceux du G7 sauf les Etats-Unis, il y a aussi 159 entreprises, dont Microsoft, qui a joué un rôle de chef de file, des grands groupes américains comme Alphabet (Google) , Facebook, IBM, Intel ou Dell, ainsi que 93 acteurs de la société civile.

Des opérateurs télécoms sont également signataires, dont BT , Deutsche Telekom, Telefonica ou la division Orange Cyberdefense d'Orange.

Trois événements organisés lundi à Paris touchent à ces problématiques: le Forum sur la paix, organisé par Emmanuel Macron, qui a un volet numérique, le forum de l'ONU sur la gouvernance de l'internet, et un sommet "Govtech" sur les liens entre acteurs publics et privés dans le domaine numérique.

Doris Leuthard à Paris

Lors de la réunion sur la gouvernance de l'internet, la conseillère fédérale Doris Leuthard a souligné la nécessité d'une coopération numérique mondiale orientée vers la recherche de solutions, centrée sur l'être humain et susceptible de relever les défis de la numérisation.

"Nous sommes fermement convaincus qu'un tel niveau de coopération devrait s'appuyer sur les institutions, processus et arrangements existants", a-t-elle dit.

Emmanuel Macron a en outre reçu lors d'un repas à midi des personnalités participant à ces événements. Doris Leuthard en a profité pour s'entretenir avec le chef de l'Etat français, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres ainsi que d'autres personnalités de questions urgentes touchant à la gouvernance numérique.

Il y a presque un an, Genève avait accueilli la 12e édition du Forum de l'ONU sur la gouvernance de l'internet. La Suisse avait annoncé le lancement d'une initiative mondiale pour clarifier le rôle des gouvernements, du secteur privé et des individus pour un Internet "pacifique" et "sûr". (ats)






 
 

AGEFI



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