Pétrole: cela ne suffira pas à stopper la chute des cours

mardi, 13.11.2018

Alors que les indices d’une offre surabondante apparaissent aux États-Unis, l’Arabie saoudite a insisté sur la nécessité pour l’OPEP de réduire sa production de pétrole.

Aneeka Gupta*

Les cours du pétrole bénéficient de l’annonce selon laquelle l’Arabie saoudite prévoit de réduire ses exportations de pétrole de 0,5 million de barils par jour (b/j) le mois prochain, annonce faite lors de la réunion du Comité de suivi ministériel conjoint OPEP-Non-OPEP (JMMC) à Abu Dhabi ce week-end. Le ministre saoudien de l’énergie Khalid Al-Falih a confirmé que l’Arabie saoudite prendrait la tête de l’OPEP dans sa lutte contre la chute du cours du pétrole.

Les sanctions à l’encontre de l’Iran restent sans effet

Alors que les indices d’une offre surabondante apparaissent aux États-Unis, Al-Falih a insisté sur la nécessité pour l’OPEP de réduire sa production de pétrole d’un million de barils/jour par rapport aux niveaux d’octobre. Mais l’Arabie saoudite pourrait avoir du mal à convaincre ses partenaires de procéder à une réduction de leur offre. 

Le ministre russe de l’énergie, Alexander Novak, n’a donné aucun signe de son intention d’agir dans l’immédiat et, jusqu’à présent, l’objectif des producteurs de pétrole russes était de porter la production à 300.000 barils par jour. 

L’Irak est parvenu à amener sa production à un niveau record et, plus important encore, la production américaine de pétrole brut a atteint un nouveau record, dépassant la Russie et se rapprochant des niveaux que l’Arabie saoudite pourrait atteindre au courant des six prochains mois. En l’espace d’un mois, les cours du pétrole sont repartis en territoire baissier et c’est ce qui a amené la JMMC à agir plus rapidement, avant la tenue de sa prochaine réunion politique, le 5 décembre à Vienne. 

Les sanctions à l’encontre de l’Iran n’ont pas eu d’effet escompté de réduction de la production pétrolière du fait que, très étonnamment, les États-Unis ont accordé des dérogations à huit pays, dont la Corée du Sud, le Japon et l’Inde, qui peuvent ainsi continuer à importer du pétrole brut d’Iran pendant les 180 prochains jours.

Alors que le cours du pétrole s’est consolidé ce matin, cette réaction devrait s’atténuer jusqu’à ce que les investisseurs détectent des signes visibles de réduction de l’offre et que l’OPEP se montre effectivement à la hauteur de sa rhétorique.

*Directrice associée de la recherche chez WisdomTree






 
 

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