Aller droit au but et à l’essentiel demande du travail!

lundi, 13.07.2020

Céline Renaud*

Céline Renaud

Blaise Pascal a conclu sa seizième lettre aux révérends pères jésuites dans les Provinciales en 1656 par «Je n’ai fait celle-ci (lettre: ndlr) plus longue que parce que je n’ai pas eu le loisir de la faire plus courte.» Ceci résume tellement bien l’importance de faire court pour être percutant et pour ce faire, cela demande du temps, de la réflexion et du travail. Cette philosophie est applicable partout que ce soit dans des discours, des lettres ou des e-mails! J’ai tellement souvent l’impression qu’on me vole mon temps avec trop d’informations, trop de textes, trop de détails inutiles qui me perdent.

Aller droit au but et à l’essentiel, c’est mon leitmotiv! C’est ce que je fais quand j’écris et que je me fais corriger. C’est également ce que je fais quand je coache les personnes pour leurs interventions publiques ou que je corrige leurs discours. En fait travailler un texte signifie le simplifier, retirer le superflu, le rendre plus dynamique et aller droit au but. Travailler l’écriture veut dire effacer des mots!

Cela vous est peut-être aussi arrivé de recevoir des e-mails qui sortent de l’ordinaire par leur longueur, que je rechigne à lire et quand, après plusieurs tentatives avortées, je m’y mets, je constate que je ne comprends pas où l’expéditeur voulait en venir. Cherche-t-il à faire un stage chez nous? A obtenir des informations? A simplement être en contact ou nous faire part de ses félicitations? Aller droit au but, de manière claire et précise demande du temps de réflexion et du travail de relecture. 

Aujourd’hui nous recevons des messages par tellement de biais différents. Si le courrier est devenu assez rare et que le fax a disparu, je me sens parfois assaillie par les e-mails, les messages sur mon smartphone, les messages sur Whatsapp, Messenger ou encore sur les autres réseaux sociaux. Cela m’arrive parfois d’avoir six ou sept canaux différents avec une seule personne. Pire encore, les messages vocaux. Quand je dis à mes interlocuteurs que je ne souhaite pas les recevoir – j’ai d’ailleurs supprimé ma combox pour cette même raison – ils s’étonnent et me rétorquent que c’est plus simple. Pour eux oui bien sûr! Cependant, quand je regarde le temps cumulé de tous les messages vocaux, je tombe par terre! Non, je ne veux pas moi perdre du temps parce que la personne en face n’a pas pris le temps de synthétiser. Sans noter tous les euh et autres hésitations qu’ils se permettent et qui grignotent mon temps!

Et c’est la même chose dans l’oralité. Améliorer votre discours revient à le rendre plus punchy, droit au but et à l’essentiel. Votre sujet, vous le connaissez parfaitement. Mais l’humain a souvent tendance à vouloir faire beau et mieux et à rajouter des détails inutiles... qui vont avoir pour effet plutôt de perdre l’auditeur. Le public veut de l’action. C’est ce que nous recherchons dans un bon film, en ouvrant un journal ou en allant sur les réseaux sociaux. Et comme le sous-entendait Blaise Pascal il y a plus de 360 ans, cela demande de prendre du temps à l’émetteur pour faire plus simple et plus efficace.

Adopter cette philosophie permet aussi de combattre la réunionite. Que ce soit dans la manière de poser les questions ou de préparer les présentations, il est apprécié tant sur la forme que sur le fond d’avoir des interlocuteurs qui vont droit au but et qui sont clairs. Alors n’hésitons plus à investir du temps pour être plus concis et permettre ainsi d’être mieux compris et entendu!

* Entrepreneure et conférencière






 
 

AGEFI



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