Une semaine sociale chaude attendue en France

dimanche, 08.04.2018

Air France, Sncf, universités... la semaine sociale sera chaude pour le gouvernement français.

L'ouverture à la concurrence et la fin du recrutement au statut à la SNCF sont jugés comme non négociables par le gouvernement français. (Keystone)

Sur les rails, dans le ciel, ou encore dans les amphis d'universités occupés, la semaine sociale, qui sera marquée lundi par le début de l'examen du projet de loi SNCF à l'Assemblée, s'annonce intense et tendue.

Sur le dossier SNCF, la CGT est encore montée d'un cran vendredi en expliquant que, faute de véritable négociation possible avec le gouvernement, la grève par épisode de deux jours sur cinq pourrait se prolonger "au-delà du mois de juin".

Les syndicats sont ressortis cette semaine furieux de leurs deux premières séances de concertation au ministère des Transports, où Elisabeth Borne menait les débats sur le statut, la dette, le recrutement...

Le deuxième épisode de la grève débute samedi soir à partir de 20H00 et se poursuivra dimanche et lundi après deux premières journées les 3 et 4 avril. Dimanche, le trafic s'annonce toutefois moins perturbé, avec un TGV et un Intercités sur cinq, un TER et un Transilien sur trois, a annoncé la direction de la SNCF samedi.

Le taux de grévistes pourrait, lui aussi, être moins élevé: 35% des personnels indispensables pour faire rouler les trains se sont déclarés, contre 48% pour les 3 et 4 avril. La SNCF a néanmoins appelé à ne pas "tirer de plans sur la comète", la différence de mobilisation pouvant s'expliquer par le fait que cette journée de grève aura lieu pendant le weekend.

Le conflit du rail se télescope ce samedi avec la cinquième journée de grève chez Air France depuis le 22 février: la direction a annulé 30% des vols (25% des long-courriers, 35% des moyen-courriers depuis et vers Roissy, 30% des court-courriers à Orly et en région).

Tout cela le premier weekend de départ en vacances de la zone A qui comprend notamment Bordeaux, Lyon, Besançon et Grenoble. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a d'ailleurs décidé de reporter le déplacement qu'il avait initialement prévu au Mali.

Après un nouvel échec des négociations jeudi, les salariés d'Air France poursuivent en effet leur bras de fer pour obtenir 6% d'augmentation générale de salaire qu'ils réclament en contrepartie des efforts qu'ils considèrent avoir fournis ces dernières années. Le conflit semble dans l'impasse.

Débat ferroviaire à l'Assemblée

Dans le sud-est de la France, ce sont les contrôleurs aériens qui étaient appelés à la grève pour le weekend par deux syndicats, mais selon l'Aviation civile, cela ne devait pas se traduire par des annulations de vols. Ils protestent pour des questions d'effectifs et pour leurs conditions de travail.

Chez Air France, deux autres journées de grève sont d'ores et déjà programmées mardi et mercredi.

Entre-temps, après l'examen en commission, le débat sur la réforme ferroviaire va entrer pleinement dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale lundi soir. Il promet, là aussi, d'être tendu avec une partie de la gauche mobilisée pour défendre les cheminots. La CGT Cheminots et SUD Rail ont appelé à un rassemblement en début d'après-midi aux abords du Palais Bourbon.

L'examen du projet de loi doit se tenir jusqu'à jeudi soir, avec au menu la transformation de la SNCF en société anonyme, le calendrier de l'ouverture à la concurrence prévue au niveau européen et la suppression de l'embauche au statut.

Et au bout de la nuit parlementaire... un troisième épisode de grève à la SNCF vendredi 13 et samedi 14 avril, qui va coïncider cette fois avec le début des vacances de la zone C (Montpellier, Paris, Toulouse, Versailles).

Autre terrain de conflit, encore plus imprévisible: les universités. Trois facultés sont complètement bloquées - Jean-Jaurès (Toulouse), Paul-Valéry (Montpellier) et Paris-8 - et d'autres connaissent des blocages, du fait d'une grogne contre les modalités d'accès à la fac, assimilées à de la "sélection".

La semaine n'est décidément pas avare en dossiers chauds, puisque lundi démarre la concertation dans la fonction publique, que l'exécutif prévoit de réformer, suivie d'une intersyndicale mardi, qui pourrait déboucher sur l'annonce d'une nouvelle journée d'actions, après celle du 22 mars.

Macron au JT de TF1

Devant les protestations sociales, Emmanuel Macron viendra expliquer ses réformes aux Français jeudi au JT de 13 heures de TF1, animé par le vétéran Jean-Pierre Pernaut, rendez-vous favori des seniors, un électorat à reconquérir. Durant cet entretien d'une heure, diffusé également sur LCI, le président expliquera le cap qu'il entend donner à la France à l'approche de son premier anniversaire à l'Elysée.

"Il s'agit de remettre de la perspective. Peut-être que des choses ont été mal comprises, car mal expliquées. Il faut toujours faire de la pédagogie", a indiqué le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, en marge d'un porte-à-porte de militants d'En Marche qui démarrent leur "grande marche européenne".

Aller jusqu'au bout de la réforme

Le Premier ministre Edouard Philippe a réaffirmé au Parisien à paraître dimanche que le gouvernement irait "jusqu'au bout" dans ses projets de réforme de la SNCF, alors que les cheminots ont repris leur grève samedi soir jusqu'à mardi matin.

Cette grève "est conçue pour maximiser les nuisances pour les usagers", a déploré le Premier ministre, mais "je reçois des messages de Français qui soutiennent le gouvernement, en disant qu'il faut aller jusqu'au bout. Eh bien c'est ce que nous allons faire", a lancé Edouard Philippe.

Certains sujets ne sont "pas négociables", comme l'ouverture à la concurrence et la fin du recrutement au statut, a-t-il répété, en se disant "ouvert aux discussions pour parler des modalités". "J'ai bon espoir qu'à la fin on s'entende", assure-t-il, malgré l'échec des discussions de vendredi avec les syndicats. (awp)






 
 

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