Affaire Maudet: une bonne fessée aurait suffi!

jeudi, 20.09.2018

Lorenzo Pedrazzini*

Lorenzo Pedrazzini

La comédie médiatolitique genevoise mérite un peu de distance et, pour faire bref, nous ennuie. Affirmer dans un éditorial que 500.000 Genevois ont été floués par une faute de carre déguisée en voyage d’Etat est totalement stupide. Ici il y a 200.000 étrangers et le même nombre de Confédérés qui ne votent jamais, donc s’en contre-fichent. Cette affaire sent le règlement de compte contre un premier de classe. C’est le bal des jaloux.

La seule erreur du président Maudet relève d’une absence totale de malice. C’est bien ce qu’on peut lui reprocher. Sauf à avoir accès au dossier des procureurs (a-t-il eu accès, en Arabie, aux 72.000 vierges que Mahomet promet, la présidente a-t-elle été couverte de perles fines de la Mer Rouge…?), n’importe qui aurait eu à camoufler l’invitation y aurait pensé: un simple mail en 2015 aux organisateurs du voyage aurait suffi, les priant de faire suivre une facture de 17.000 francs (c’est cher, c’est le prix d’un grand…prix de F1, hôtel et vol en business compris, j’ai vérifié). Payée ou non, quelques rappels, l’affaire arabe aurait été réglée. La compensation de mauvaise conscience aux Eglises est encore plus accablante, il aurait pu penser à la Mosquée!

Bref, Genève se «fillonise» et cherche une «affaire», les journaux cherchent la puce, les partis enfument le propos (on est sensé, juste maintenant au Grand Conseil, voter un budget; cela signifie arrêter le choix d’un projet politique, c’est quand même plus sérieux). Pire, l’humeur est xénophobe, on croit comprendre que le piège a été tendu par une sorte de «Beyrouth connexion». Cela fait OSS 117 en pas très original. A quand les espions russes?

Monsieur Maudet, dans un registre inverse, c’est Timon d’Athènes de Shakespeare. La conférence de presse mortifiante du Conseil d’Etat ne fait pas penser à un drame, contrairement à ce qu’on a pu lire. Le drame suppose une morale. C’était une tragédie, une exécution sans cagoule, une formidable humiliation; pas plus le Cheikh bin Zayed que le péquin des Eaux Vives ne peut comprendre combien la politique de village est cruelle, méchante et mensongère. On envie le régime politique des Emirats!

Certes, l’accusé condamné président («émérite», comme le pape Benoît) a forgé sa carrière sur une fumée, il y a treize ans exactement, en arrosant d’huile chaude l’achat par la ville de la rue du Stand. Qui s’en souvient? Habilement, deux conseillers administratifs y ont été flingués sans aucune suite judiciaire et cela a fait de la place. Et plouf….  C’est le jeu de la chaise musicale. Entre Maudit et Maudet, il n’y a qu’une voyelle. C’est si facile.

Pour en revenir au président émérite, il me semble que tout est compris. Je ne saurais évoquer ici la notion judéo-chrétienne du pardon. Son chemin de croix est quasiment achevé. Il doit en être à la 10e station (l’histoire du fiel)! Crucifier ne sert à rien, ni à l’homme sympathique et surtout pas à Genève. Si vous saviez ce que les médias suisses disent de nous! Les Ponce-Pilate du Grand Conseil payeront à leur tour. Tournez manège.

* Administrateur-délégué AMI International






 
 

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