Le marché affiche sa confiance

mardi, 10.11.2020

Actions. Malgré l’expansion de la pandémie de Covid-19, le rebond hebdomadaire a été en moyenne de 7% et l’indice Nasdaq a décollé de 10%.

Françoise Mensi*

Après la forte correction de fin octobre, les marchés boursiers ont opéré une reprise en V la semaine dernière, poussés par la tenue de l’élection présidentielle du 3 novembre aux Etats-Unis, des résultats d’entreprises souvent au-dessus des attentes et une reprise graduelle de l’économie. Malgré l’expansion de la pandémie de Covid-19, le rebond hebdomadaire a été en moyenne de 7%, et l’indice Nasdaq a décollé de 10%. 

La «blue Wave» n’a pas eu lieu

La proclamation officielle du démocrate Joe Biden le 7 novembre, après un long comptage de votes, n’interrompt pas l’ambiance favorable aux actions, même si Donald Trump ne se résigne pas à la défaite et menace d’actions légales. 

L’absence prévisible de leadership au Congrès est vue comme un élément positif. Un gouvernement divisé est fortement probable en janvier car la «blue Wave» espérée par les démocrates n’a pas eu lieu. Avec un Congrès qui garderait une majorité républicaine au Sénat, même si tout n’est pas décidé en Géorgie, il sera difficile de forcer des changements importants de législation. C’est pour l’heure salué par les investisseurs qui estiment notamment qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts pour les entreprises.

En ce qui concerne les relations avec la Chine, la guerre commerciale ne va pas forcément s’arrêter. Elle avait commencé avant Trump. Mais un renforcement de la communication est probable, avec un dialogue basé sur les avantages réciproques. Les investisseurs étrangers ont d’ailleurs fortement augmenté leur positionnement sur les actions chinoises avant l’élection.

Les chiffres de l’emploi américain publiés vendredi 6 novembre ont été salués. Le taux de chômage a reculé en octobre de 7,7% vers 6,9% et les créations d’emplois dans le secteur privé s’élèvent à 906.000. Le total, tous secteurs confondus, s’élève à 638.000 alors que le consensus prévoyait 600.000. 

Avec les nouvelles restrictions pour contenir l’expansion du virus et le Brexit, l’économie du Royaume-Uni va sans doute encore se contracter au quatrième trimestre. 

La Bank of England a décidé d’étendre son programme d’achats d’actifs de 150 milliards de dollars pour le porter à 800 milliards, jusqu’à fin mars 2021, afin de faire le pont pour le financement des ménages et des entreprises. 

De son côté, la Réserve fédérale américaine va maintenir des taux bas, tant que l’inflation ne dépasse pas 2%, et continuer ses achats de bons du Trésor. Les taux d’intérêt resteront bas pendant longtemps, ce qui renforce l’effet «Tina» (there is no alternative) et pousser les actifs à risque et les valeurs de croissance.

* Gérante discrétionnaire de la Banque Bonhôte & Cie






 
 

AGEFI



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