Un environnement qui reste solide

mercredi, 22.08.2018

Actions. Les risques politiques et monétaires compliquent cependant la donne.

Benjamin Melman*

La saison des publications de résultats des entreprises du deuxième trimestre est déjà bien avancée et a confirmé le dynamisme américain, et dans une moindre mesure dans le reste du monde. Si elle a réservé un peu de volatilité sur quelques titres emblématiques comme Facebook, elle a globalement rassuré les marchés.

La croissance américaine, dopée par le plan de relance de Donald Trump, est soutenue tandis que le ralentissement en Europe comme au Japon est un peu plus marqué que prévu. En Chine, les autorités multiplient les mesures, essentiellement d’assouplissement monétaire, afin d’endiguer le risque d’une décélération accentuée. Au global, la croissance mondiale reste bien orientée et les actifs risqués ont salué la qualité des fondamentaux en juillet, avec une progression des marchés boursiers mais également des marchés du crédit.

Pour autant, les mêmes risques pour les marchés demeurent. La question du protectionnisme, avec une escalade de menaces entre les Etats-Unis et la Chine. On notera cependant avec intérêt la désescalade entre les Etats-Unis et l’Europe. Les craintes d’un tarissement de la liquidité des marchés, et notamment de la liquidité issue des banques centrales. La Fed affiche sa volonté de poursuivre la réduction de son bilan, la BCE confirme son virage monétaire et la Banque du Japon promet une politique accommodante plus flexible, et probablement un peu moins expansionniste. Les actifs financiers ont largement profité de l’abondance de liquidités des banques centrales ces dernières années et s’il est difficile de mesurer l’impact que pourrait avoir ces inflexions moins favorables de la liquidité sur les marchés, il convient de rester vigilant.

Ainsi, nous continuons de naviguer dans un environnement fondamentalement solide, invitant à conserver une surpondération en actions, mais de façon mesurée du fait de la nature des risques. Ce mois-ci, à la marge, nous avons choisi de répartir cette surpondération entre l’eurozone et les Etats-Unis afin d’intégrer le différentiel (qui s’annonce durable) de croissance entre les Etats-Unis et l’Europe et le fait que le protectionnisme, s’il devait se matérialiser, impacterait davantage les entreprises européennes, plateformes de l’économie mondiale.

*Directeur allocation d’actifs et dettes souveraines, Edmond de Rothschild Asset Management






 
 

AGEFI



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