Des espoirs de relance mis à mal

mardi, 30.06.2020

Le soutien budgétaire, les plans de relance et monétaire des banques centrales sont un appui important.

Karine Patron*

Karine Patron

En fin de semaine, un regain de volatilité a été observé sur les marchés boursiers, qui se sont inscrits en nette baisse. Les investisseurs ont fait les comptes avec les effets des prévisions macroéconomiques alarmistes du FMI publiées le 24 juin, de l’envol des cas de Coronavirus-19 dans le Sud des Etats-Unis et en Chine ainsi que de l’augmentation, supérieure aux attentes, des demandes d’indemnités de chômage.

Selon les gros titres du week-end, le Covid-19 aurait désormais touché plus de 10 millions de personnes dans le monde et fait environ 500.000 victimes. Les espoirs de reprise conjoncturelle rapide ont ainsi été mis à mal et la correction des actions s’explique aussi par le fait que la hausse des cours depuis fin mars avait laissé plusieurs intervenants perplexes. Beaucoup sont restés prudents et sous-pondérés, alors que les alternatives de placement manquent (avec un rendement du dividende généralement plus élevé que les taux obligataires). Ceci rassure sur les perspectives.

Selon le FMI, il s’agit d’une crise économique sans précédent. Le recul du PIB mondial atteindrait -4,9% en 2020, du jamais vu. La reprise serait de seulement 5,4% en 2021. La France serait l’un des pays les plus touchés, avec une contraction de 12,5%.

La pression vendeuse a été forte sur les valeurs bancaires après les résultats des stress tests aux Etats-Unis. La Fed a décidé de suspendre les programmes de rachats d’actions et gelé les hausses de dividendes pour les grandes banques jusqu’en septembre. Cependant une nouvelle positive est venue des autorités de régulation américaines qui sont sur le point d’assouplir la loi Volcker. Les banques, en particulier, pourraient plus facilement investir dans le capital-risque et les réserves de liquidités pour les opérations sur produits dérivés seraient moindres.

Un refuge

Sur le front de la pandémie, le traitement de cette affection s’améliore, avec une réduction du pourcentage d’hospitalisations et de fatalités. La reprise de l’activité semble toutefois hésitante, avec les craintes de nouvelles fermetures si on venait à être dépassés par l’augmentation des cas. Il est cependant peu probable que de nombreux secteurs soient à nouveau stoppés, vu les dégâts qui en ont résulté pour l’économie mondiale. 

La reprise va certes être lente, mais le maintien du soutien budgétaire, avec les plans de relance et monétaire des banques centrales, constitue un appui important. A cet égard, les investisseurs peuvent trouver refuge dans les bonnes paroles de la BCE qui a défini son programme de «Quantitative Easing» proportionné par rapport à la situation et avec des garanties suffisantes. 

recommandations

Nike: (ISIN: US6541061031, prix: USD 93.67)

Le quatrième trimestre fiscal, au 31 mai 2020, a été assez mauvais pour Nike. Le chiffre d’affaires est ressorti à USD 6.3 milliards contre USD 10,1 milliards il y a un an, soit en chute de 38%. La baisse des revenus est imputable aux fermetures de 90% des magasins sur une période de huit semaines, du fait de la pandémie de Covid-19. En Europe et aux Etats-Unis, le repli des ventes a été de 46%, tandis qu’en Chine, où 100% des magasins sont ouverts, il a été de seulement de 3%.

Le profit, qui s’élevait à 1,2 milliards de dollars au Q4 l’an dernier, s’est transformé en perte nette de 790 millions de dollars, soit 52 cents par action. C’est la première perte depuis 2009. La marge d’exploitation s’est fortement contractée à 37,3%, du fait de l’augmentation des coûts liés au gonflement des stocks et aux annulations de livraisons vers le réseau de distributeurs (réduction de 50% des ventes de gros).

Cette situation doit toutefois être vue comme exceptionnelle. Ce mauvais quatrième trimestre devrait avoir peu d’importance dans l’esprit de l’investisseur. L’élément réconfortant est que les ventes en ligne, pour lesquelles la marge est élevée, étaient en hausse de 75% sur le trimestre, pour représenter près de 1/3 du chiffre d’affaires. Nike réalise des investissements pour pousser encore la part des ventes directes au consommateur. Des efforts de coupes des coûts, avec notamment une réduction des effectifs, sont également en cours.

Faut-il courir après le titre Nike? A plus de 30 fois les bénéfices attendus, le cours boursier est sans doute évalué pour la perfection. Mais l’entreprise a une position de marché dominante avec de bonnes perspectives de croissance de la demande pour l’habillement et les chaussures de sport, la force de la franchise Jordan et l’innovation produits. 

*Gérante discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie






 
 

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