Nicolas de Toledo intensifie les relations Suisse-Chine

lundi, 07.10.2019

Nicolas de Toledo, le fondateur de Mosaiq affiche les retombées de ses voyages et délégations sur-mesure en Chine. Cap sur les cinq prochaines années.

Elsa Floret

Nicolas De Toledo. Fondateur de Mosaiq.

Fondateur de Mosaiq, Nicolas de Toledo partage sa vie entre la Suisse et la Chine. Deux pays. Deux cultures. Il est à l’aise dans les deux langues. Il navigue. Il voyage.

Nicolas de Toledo a créé Mosaiq en avril 2017, tel un puzzle, qui permet de reconstituer toutes les facettes d’un pays, d’une culture.

Alors que la start-up atteint les chiffres noirs, le jeune entrepreneur, global shaper (initiative du WEF) fait son bilan et prépare l’avenir en capitalisant sur les retombées de ses missions.

La signature de partenariats est un exemple de mesures concrétisées lors des séjours qu’il organise, comme le MoU (memorandum of understanding) signé entre l’université de Genève et l’Université Tsinghua à Shenzhen ou celui de la CCIG et de la Chambre de commerce internationale de la Route de la soie.

«Avec un réseau aussi important créé dans différents secteurs et pays et avec une compréhension approfondie des défis auxquels sont confrontées les entreprises européennes, nous sommes en mesure d’organiser des conférences et réunions, afin que nos experts et les entreprises chinoises sélectionnées puissent rencontrer nos clients sur leur territoire et partager des connaissances sur les tendances innovantes en Chine et sur la manière de rester à la pointe de la technologie», résume Nicolas de Toledo.

Visite de deux experts chinois à Genève

A Genève en septembre, ce fut le cas avec Lincoln Yin (fondateur & CEO, RootAnt), lors du China Club organisé par la Chambre Suisse-Chine à Genève début septembre et Michael Norris, invité par la CCIG fin septembre sur le thème du new retail et par l’OPI sur la transformation numérique de la Chine axée Mobile first.

Lincoln Yin développe des plateformes de supply chain finance, dont le modèle de fonctionnement devance largement les pratiques de ses contreparties occidentales. Ces plateformes connectent tous les acteurs de la chaîne de valeur, et leur écosystème notamment la logistique, les banques et assurances. Une fois l’écosystème regroupé, le propriétaire de la plateforme peut alors développer de nouveaux modèles d’affaires au-delà de son cœur de métier. La visite de Lincoln a donné suite à des discussions avec différents leaders d’industrie quant à la création de leur propre plateforme de supply chain finance.

Michael Norris, quant à lui, est un expert du commerce en Chine. Le new retail, défini comme la fusion des mondes online et offline, est né en Chine de l’expansion des géants de l’Internet (Alibaba, Tencent, Netease) dans la vente de détail en magasin. Bien qu’opérant dans un environnement tout à fait différent, les retailers suisses peuvent sans aucun doute s’inspirer des pratiques chinoises, très largement fondées sur le téléphone comme seul point d’accès à l’Internet, car rappelons-le, les chinois font tout avec leurs téléphones et peu avec leurs ordinateurs.

«Nous avons organisé en septembre en Suisse un roadshow avec nos experts, auprès des banques suisses, des multinationales, des organisations internationales, des start-up et des retailers, notamment une des deux plus grandes coopératives suisses, tous intéressés par de nouveaux modèles d’affaire dont la Chine est précurseur», explique Nicolas de Toledo.

Plus de 500 events en Chine

En termes de chiffres, Mosaiq a organisé plus 500 évènements et de visites de clients en Chine (Beijing, Shenzhen, Hangzhou et Shanghai), pour plus de 1000 chefs d’entreprises, leaders, et politiciens.

«Nous sommes fiers de ce bilan après 2 ans et demi d’existence. Une simple formule mathématique nous permet d’atteindre un résultat de 500.000 connexions, qui se sont transformées en follow up commerciaux, opportunités de partenariats et collaborations sous forme de co-entreprises», ajoute-il.

Après deux délégations économiques organisées par la CCIG, l’Etat de Genève et la Chambre économique Suisse-Chine, Mosaiq cherche à renouveler l’expérience et fidéliser ses clients privés et institutionnels.

«En ce qui concerne la Chine, il est crucial de montrer sa présence très régulièrement pour maintenir des liens forts. Cela prend du temps. On devient amis d'abord, puis les collaborations se dessinent, et ensuite tout va très vite», précise-t-il.

«En juillet, nous avons accueilli la délégation de développement économique de Genève et de la CCIG à Beijing. Les réunions avec Tsinghua University Holdings et JD.COM ont été particulièrement productives. Dans le cas de JD.COM, les entreprises de distribution qui ont rejoint le groupe ont eu la chance d’en apprendre davantage sur les avantages des échanges transfrontaliers avec la Chine via la plateforme de commerce électronique en Chine, une structure sur laquelle de nombreuses marques basées à Genève peuvent également tirer parti, pour atteindre le marché chinois. En parallèle, il s’agit d’une occasion unique de rappeler les avantages stratégiques de Genève pour son expansion future en Europe», résume-t-il.

De nombreuses retombées

Dans le cas de Tsinghua University Holdings, après la visite, une conversation d'investissement potentiel avec une société de technologie de la santé basée dans la région a débuté.

Les cas d’Orbiwise et de Tencent, ainsi que celui de Nestlé et de Tezign sont éloquents.

Le co-fondateur d’Orbiwise, start-up genevoise dans l’IoT hébergée à la FONGIT, a participé deux années de suite aux délégations de Mosaiq en Chine. La première année, il a rencontré des vice-présidents au siège de Tencent. La deuxième année, il a noué des liens avec le directeur de Tencent pour l’Europe. Après s'être reconnectés à plusieurs reprises depuis juillet, ils ont décidé de commencer une collaboration et d'intégrer les produits IoT respectifs.

«Nestlé est l’un de nos premiers clients. Ils réfléchissent, avec le soutien de la London Business School, à l’évolution de sa culture d’innovation et à sa diffusion au sein des équipes de direction. Une partie du programme en Chine consiste à dialoguer avec les entrepreneurs locaux et à comprendre comment ils fonctionnent, innovent, restent agiles, tout en explorant l’objectif et le dynamisme du fondateur d’une start-up», précise Nicolas de Toledo.

Tezign est une entreprise innovante à croissance rapide, qui propose des services de personnalisation de masse. Après une séance inspirante avec le fondateur de Tezign, Nestlé a immédiatement engagé un projet avec la start-up.

Un projet concret avec QR code

Lors d’un séjour destiné à l’étude de l’Internet des Objets en Chine, un éditeur suisse a eu l’idée de connecter son prochain livre, à une communauté de lecteurs. Cependant, connecter un livre, tel que nous l’imaginons intuitivement en Suisse, impliquerait l’utilisation d’un élément matériel, afin de le connecter au réseau. Le partage de vélos en Chine a été une grande source d'inspiration pour l'éditeur, qui a décidé d'appliquer le concept de QR code à son livre. En effet, les vélos ne sont pas tous liés aux cartes SIM à localiser. Certains sont localisés via l'utilisation du téléphone via le balayage de QR code, et c'est le téléphone qui envoie le signal de l'emplacement du vélo. L'éditeur a ainsi imprimé des conditions de conduite QR sur son livre, permettant de localiser à tout moment le QR code scanné avec un téléphone, donnant ainsi la chance à chaque lecteur de savoir qui est et où se trouve le même livre.

«En mai, nous avons accueilli à Shenzhen les étudiants de l'Executive MBA de la meilleure école de commerce en Russie. Environ 8 groupes différents ont eu la chance de discuter de leurs projets d’entreprise centrés sur la Chine avec nos experts locaux sélectionnés. L'un des projets, dans le secteur des produits de grande consommation, a déjà testé son produit pour une entrée imminente sur le marché pour la fin de 2019 avec un focus initial sur la région du nord-ouest de la Chine», explique Nicolas de Toledo, dont les clients sont situés dans tout le territoire européen.

>>Retrouvez une partie de l'interview en vidéo






 
 

AGEFI




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