A quand la banque «Roger Federer»?

mardi, 03.12.2019

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

Les célébrités auront leur banque:  Kylie Jenner, Clooney, Federer, etc.Cela ne fait aucun doute. Car aujourd’hui déjà, avec les outils offerts sur le marché de la «Bank-as-a-Service (BaaS), tout un chacun ou presque peut constituer une banque virtuelle. Des sociétés comme 11:FS (aux USA) ou Treezor (en France) vendent de tels services. Ils le font sous forme d’appli correspondant à des services financiers particuliers. Une banque «digitale» est, en fait, comme un jeu de Lego, un assemblage de pièces (appli) qui correspondent à autant de services: compte client, change, carte de crédit ou de débit, paiement national ou international, prêt, hypothèque, etc.

Les activités bancaires ont cessé d’être réservée à un petit nombre d’acteurs historiques. Les fintech, les entreprises du numérique et demain les célébrités, tout ce monde ouvrira sa boutique de prestations financières. Pour se convaincre de ce phénomène il suffit de regarder les actualités. Dernière annonce en date: Google avec un service de compte client imaginé avec CitiGroup. Après des services de paiement  en ligne comme PayPal, Apple Pay, ou Google Pay voilà que les GAFA s’aventurent vers de nouveaux services financiers. Pensons ici à Facebook et son projet de crypto-monnaie libra ou encore à la carte de crédit de Goldman Sachs et Apple. Même si pour l’instant, ces projets rencontrent un grand nombre de difficultés, ils sont résolument en marche et finiront tôt ou tard par s’imposer. 

Dans cet ordre d’annonces multiples, n’oublions pas le formidable élan créé par des centaines voire des milliers de start-up de la fintech. Il y a bientôt plus de start-up dans la finance que d’acteurs traditionnels! C’est un tsunami. Et certains de ces nouveaux entrants, issus de la révolution numérique, ont acquis une grosse clientèle. Songeons ici à Square (USA), Stripe (USA), Revolut (UK), N26 (Allemagne), Afluenta (en Amérique latine) ou encore Neon (Suisse). La fintech a non seulement révolutionné les services financiers mais déconstruit ceux-ci. C’est le principe de Schumpeter de destruction-construction qui s’applique encore une fois. La banque traditionnelle devra évoluer. Elle ne sortira pas indemne de ce bouleversement.

Nous n’avons seulement évoqué que les banques digitales sans parler de la formidable pression qu’apportera l’intelligence artificielle au secteur. C’est encore une toute autre histoire avec une magnitude d’une autre ampleur. Nous reviendrons dans un autre article sur ce sujet.

Mais à ce stade de développement des services financiers, on se retrouve déjà dans une situation vécue dans d’autres secteurs d’activités à d’autre moment de notre histoire comme les sites web dans les années 2000 (chacun a pu constituer son propre Site avec des outils génériques d’usages aisés) ou alors dans les années 90 lorsque l’industrie horlogère lançait à tour de bras des montres à l’effigie de célébrités. 

Dans le commerce, tout repose sur l’audience, l’influence et la capacité de mobiliser les foules. Si vous possédez ce pouvoir, alors vous pouvez vendre toutes sortes de produits y compris financiers. Les grandes équipes de foot le savent bien et Roger Federer aussi. Donc la seule question qui reste en suspens est: qui de Kylie Jener ou de Federer va commencer?

En collaboration avec Loris Comtesse, spécialiste tech-finance

* ManufactureThinking






 
 

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