La France, championne du monde: les investisseurs en actions seront-ils aussi de la fête?

vendredi, 20.07.2018

A plus long terme, la performance de la France à la Coupe du monde de football 2018 sera-t-elle également une victoire pour le marché des actions françaises et pour l’économie française?

Ken Van Weyenberg*

Gagner la Coupe du Monde peut permettre au marché des actions d’un pays de surperformer. (keystone)

Après un mois d’émotions variées pour tous les fous de foot, la Coupe du monde de football 2018 s’est achevée sur une victoire de la France. A plus long terme, cette performance sera-t-elle aussi une victoire pour le marché des actions françaises et pour l’économie française?

Afin d’avoir une perception claire du possible impact d’une victoire en Coupe du monde sur la performance du marché boursier, nous avons pris les 10 dernières Coupes du monde et analysé l’évolution des performances à partir du jour qui a suivi la finale et sur une période de 3 mois, 6 mois et 12 mois.

L’amour dure 3 mois

L’analyse historique démarre donc en 1974 avec la victoire de l’Allemagne de l’Ouest de Franz Beckenbauer sur les Pays-Bas de Johann Cruyff. Un mois après la victoire, l’indice MSCI Allemagne affichait une surperformance d’environ 4% sur le MSCI World en dollars et, six mois après, ce chiffre était monté à 28%. Une performance extrêmement solide.

Ce résultat était-il aléatoire ou a-t-il été annonciateur d’une tendance? L’analyse de la performance relative de tous les vainqueurs de Coupe du Monde suivants (à l’exception de l’Argentine en 1986, en raison d’un manque de données), révèle que le marché boursier du pays vainqueur surperforme l’indice MSCI World de plus de 3% en dollars, en moyenne, dans le mois qui suit la victoire.

En outre, sur un horizon de trois mois, une surperformance relative est encore perceptible, mais elle s’estompe par la suite. Bien sûr, quelques exceptions bien compréhensibles apparaissent : le Brésil était touché en 2002 par des turbulences économiques liées à la crise sud-américaine.

Comment se porte l’économie française?

L’économie française a bénéficié d’une reprise économique généralisée, facilitée par des réformes intérieures passées et en cours, une politique monétaire conciliante de la BCE et un environnement mondial favorable.

La croissance économique de la France progresse à 2% en glissement annuel, un rythme légèrement inférieur à celui de la zone euro. La croissance des exportations est plus faible et le taux de chômage plus élevé.

La France a toutefois réussi à réduire son déficit pour le ramener à 2,6% du PIB, grâce à la reprise économique et à une augmentation des revenus fiscaux. Par conséquent, le déficit respecte désormais la limite de 3% imposée par la PDE (procédure de déficit excessif de l’Union européenne). Selon plusieurs estimations, la victoire en Coupe du monde pourrait générer un gain d’environ 0,1 à 0,2 % de croissance économique en 2018, mais les défis et les risques restent entiers. Même si la France est moins dépendante des exportations que l’Allemagne, une hausse des tensions commerciales externes affecterait négativement la croissance. Par ailleurs, un ralentissement du rythme des réformes pourrait conduire à une croissance inférieure aux attentes.

Le plus grand défi pour la France continue néanmoins de résider dans les difficultés rencontrées pour gagner des parts de marché en matière de commerce extérieur et pour améliorer sa compétitivité.

Le marché des actions françaises peut-il surperformer?

Comme évoqué, gagner la Coupe du monde peut permettre au marché des actions d’un pays de surperformer. L’impact positif sur le sentiment des investisseurs est néanmoins provisoire et l’on ne devrait bien entendu jamais acheter des actions d’un pays sur la seule foi d’une victoire en Coupe du monde.

Dans le cadre de notre allocation d’actifs globale, nous n’avons pas de préférence particulière pour les actions françaises. La croissance des bénéfices de l’indice MSCI France semble être plus ou moins conforme avec celle de l’indice MSCI Europe, mais sa valorisation est légèrement plus élevée, à un niveau de 15,3 fois les bénéfices attendus sur les douze prochains mois.

* Head of Client Portfolio Manager Asset Allocation, Candriam






 
 

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