Des employées d’UBS pénalisées après leur congé maternité

mardi, 12.03.2019

Les primes de certaines employées d’UBS ont été réduites à long terme lors de leur retour au travail.

Stéphanie Giroud

UBS offre un congé maternité pouvant aller jusqu’à 210 jours. (Keystone)

Plus d’une douzaine de femmes de l’unité de gestion de fortune d’UBS en Suisse ont été pénalisées en matière de bonus après avoir eu des enfants, selon un article du Financial Times. A leur retour au travail, elles ont dû faire face à une réduction d’au moins 30% de leur prime.

Le journal britannique cite le cas d’une femme qui a eu quatre enfants et dont le bonus a été réduit après chaque congé maternité. «Une fois enceinte, on ne rattrapera plus jamais ses collègues masculins par rapport à la carrière construite avant d'avoir eu des enfants», explique une employée d’UBS au FT. Cette pratique aurait poussé des femmes à quitter la banque. 

UBS offre un congé maternité pouvant aller jusqu’à 210 jours. Une fois de retour aux affaires, les employées ont constaté une réduction de leur prime annuelle en fonction de leur mois d’absence. Par la suite, leur salaire au rendement n’a pas été établi à son niveau précédent mais il a été revu à la baisse, indique le FT. Dans de nombreux cas, trois ans plus tard voir plus, il n’avait toujours pas retrouvé le niveau atteint avant le congé maternité. 

Les femmes pénalisées doivent contacter les RH

Contacté le géant bancaire explique que les cas évoqués par le FT ne correspondent pas à la politique et la volonté d’UBS. «Chez UBS, dans le processus de rémunération, la thématique du congé maternité est appréhendée de façon proactive et systématique. Il s’agit en particulier de déterminer si des cas de différences existent et, cas échéant, de corriger ces différences. Ces processus ont encore été renforcés l’an passé», explique la banque. 

UBS n’indique pas combien de personnes ont été concernées par cette problématique, mais «encourage vivement toute personne qui aurait l’impression que sa rémunération a été pénalisée suite à une maternité de contacter son service des ressources humaines, jusqu’à ses plus hauts responsables si nécessaire. Chaque cas annoncé sera analysé très précisément et la banque s’engage à corriger tout écart qui serait constaté.»

Répartition des bonus peu transparente

De son côté, l’Association suisse des employés de banque (ASEB) n’a pas reçu de plaintes d’employées d’UBS à propos des bonus. «La répartition des bonus n’est pas transparente et l’on reçoit peu de plaintes à ce sujet car les femmes préfèrent en recevoir un plutôt que de risquer de se faire mal voir et de perdre davantage», explique Denise Chervet, directrice de l’ASEB.

Toutefois, la répartition des primes entre femmes et hommes serait loin d’être équitable. La dernière enquête salariale de l’association, datant de 2017 et menée auprès de 4800 employés de banque, révélait une différence de 17% entre le bonus médian des cadres hommes (12'000 francs) et celui des femmes (10'000 francs). «Cet écart est énorme», commente Denise Chervet.

Dans les activités financières et d’assurance, la part inexpliquée des différences salariales entre femmes et hommes est de 30,6% et représente en moyenne 1297 francs par mois, selon les chiffres de l’OFS, qui incluent les bonus, publiés début 2019. 






 
 

AGEFI



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