Des dizaines de milliers de manifestants ont fait "la fête à Macron"

dimanche, 06.05.2018

A l'appel de la France insoumise et de syndicats, des manifestations se sont déroulées samedi en France, à Toulouse, Bordeaux, Lyon, Strasbourg et Rennes.

Près de 40.000 personnes ont manifesté à Paris contre la politique d'Emmanuel Macron. (Keystone)

"La fête à Macron", manifestation "pot-au-feu" à l'initiative du député insoumis François Ruffin, s'est élancée samedi à Paris dans une ambiance festive, encadrée par 2.000 policiers et gendarmes venus empêcher l'irruption de "black blocs", quelques jours après les violents incidents du 1er mai.

La France insoumise (LFI) a revendiqué la présence de 160.000 manifestants à Paris pour le premier anniversaire de l'élection du chef de l'Etat, mais la préfecture de police a fait état de 40.000 participants.

Un comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias en milieu de parcours faisait état de 38.900 participants.

Les manifestants avaient commencé à affluer peu après midi place de l'Opéra à Paris, et le cortège s'est ébranlé peu avant 14 heures en direction de la place de la République, puis de la Bastille.

Des rassemblements ont également eu lieu dans plusieurs villes de France dont Toulouse, Bordeaux, Lyon, Strasbourg et Rennes.

Conformément aux souhaits des organisateurs, l'ambiance était festive et bon enfant, certains manifestants parisiens venus en famille pique-niquant sur place au milieu de banderoles reprenant des slogans de LFI: "non au coup d'Etat social", "pour la planification écologique", "Pour une VIe République", avec certains plus potaches: "Manif pot-au-feu, c'est encore meilleur réchauffé", "arrêtons ToutenMacron", "En Marche à l'ombre".

Quatre chars sont mêlés au cortège: le char Jupiter, le char Dracula, le char Napoléon, avec sur chacun d'entre eux une personne grimée en Emmanuel Macron, et enfin un char "résistance", où les manifestants pourront exposer leurs revendications. Une marionnette à l'effigie du président, couronnée et accrochée à une potence, a également fait le parcours.

"Nous sommes tous là pour donner du courage aux cheminots, aux hospitaliers, aux travailleurs de tous les secteurs", a lancé le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, dans une harangue à la foule.

"Nous sommes un rassemblement qui condamne la violence et d'abord la violence verbale des tout puissants. Ceux qui ont dit qu'il y avait dans les gares des gens qui n'étaient rien, ceux qui ont traité le peuple travailleur de fainéants, d'illettrés et d'alcooliques", a pourfendu le député de Marseille dans un florilège de citations d'Emmanuel Macron.

La France insoumise n'est pas l'organisatrice de cette manifestation "pot-au-feu" -où chacun apporte "ses revendications, banderoles et espoirs"- même si l'initiative en revenait à l'un de ses députés, François Ruffin. LFI a néanmoins largement mis la main à la pâte en affrétant une centaine de cars et en fournissant de nombreuses pancartes.

"Par millions, déferlez" le 26 mai

Dans le cortège, également, des représentants de la CGT, de Sud, de Solidaires, d'Attac, des étudiants, des cheminots, postiers et personnel de santé. Pierre Laurent pour le PCF, Philippe Poutou et Olivier Besancenot pour le NPA ont aussi battu le pavé.

Depuis deux jours, le ton est monté entre exécutif et LFI. Les Insoumis veulent "tenir un discours d'agitation", "ils n'ont jamais accepté la défaite", "ils aiment la démocratie quand ils gagnent" a accusé cette semaine, depuis les antipodes, Emmanuel Macron.

Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, a accusé M. Mélenchon de reprendre "des méthodes d'extrême droite", avec une manifestation qui, selon lui, "incite à la violence".

Deux mille policiers et gendarmes ont été déployés à Paris, conformément à la promesse du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb -sous le feu des critiques après les débordements spectaculaires le 1er mai causés par 1.200 "black blocs".

"Il y a une espèce de campagne qui est organisée pour diaboliser toute opposition". Emmanuel Macron "est crispé, incertain de lui-même et il entre dans une mauvaise période où se rencontrent le mouvement social et les affaires", avait un peu plus tôt déclaré sur TF1 M. Mélenchon, dans une allusion aux articles de presse sur le financement de la campagne présidentielle du chef de l'Etat.

Selon les organisateurs, cette initiative est une "première étape". Déjà, plusieurs associations, syndicats, partis envisagent une nouvelle journée de protestation le 26 mai. Ce jour-là, "par millions, déferlez ! Soyez la marée humaine qui change l'Histoire", a imploré samedi M. Mélenchon.

Peu après 16 heures, à l'arrivée place de la Bastille, quelques manifestants ont scandé "ni dieu ni maître ni Mélenchon", "tout le monde déteste la police" ou "aha anticapitalista". Quelques jets de projectiles et quelques coups sur les camions de médias ont conduit ces derniers à quitter la place.

Des contrôles préventifs avant le départ de la place de l'Opéra avaient conduit à deux interpellations pour port d'arme prohibé. (awp)






 
 

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