Swiss Skies prête à ouvrir un nouveau chapitre de l'aviation

vendredi, 14.09.2018

A la faveur de l'évolution du marché du transport aérien et de la technologie, Swiss Skies veut ouvrir un nouveau chapitre pour le secteur: celui des vols long-courrier à prix cassés et un modèle moins complexe.

Alvaro Oliveira, Armin Bovensiepen, Philippe Blaise et Harald Vogels misent sur l'Airbus A321 neo LR. (keystone)

Les quatre initiateurs du projet de compagnie aérienne à bas coûts Swiss Skies ne manquent pas d'ambition. A la faveur de l'évolution du marché du transport aérien et de la technologie, ils veulent ouvrir un nouveau chapitre pour le secteur: celui des vols long-courrier à prix cassés et un modèle moins complexe.

Pour porter leur projet, les quatre hommes - Alvaro Oliveira, Armin Bovensiepen, Philippe Blaise et Harald Vogels - lesquels évoluent dans le transport aérien depuis plusieurs années, misent sur l'appareil de nouvelle génération d'Airbus A321neo LR, pour Long Range. Qualifié de "game changer", ce dernier permet d'effectuer des liaisons long-courrier à moindre coûts et avec un nombre limité de passagers, ont-ils relevé vendredi devant la presse à Bâle.

Mais pour l'heure, les responsables du projet se concentrent sur la quête d'investisseurs. Si des rencontres avec de potentiels soutiens financiers se sont déroulées jeudi à Bâle, il n'en est rien ressorti vendredi. Il s'agissait avant tout de susciter l'intérêt d'éventuels investisseurs, a précisé Harald Vogels. Des discussions individuelles sont prévues.

M. Vogels s'est dit confiant de pouvoir boucler d'ici la fin de l'année un premier tour table destiné au financement de départ. La fondation de la compagnie nécessite 50 millions de francs. Outre des investisseurs locaux, les initiateurs du projet Swiss Skies veulent aussi approcher de grands acteurs internationaux. Reste que pour l'heure, la discrétion reste de mise quant aux fonds déjà recueillis, les initiateurs du projet ne pouvant pas en dévoiler le niveau.

Grosses ambitions

Ceux-ci se montrent plus prolixes à l'heure de parler de l'avenir de leur projet. Tablant sur une croissance rapide, ils estiment que Swiss Skies pourrait déjà disposer d'une flotte de 38 appareils afin de transporter quelque 3,8 millions de passagers vers 46 destinations d'ici cinq ans. Les appareils devraient afficher un taux d'occupation des sièges de 82% et Swiss Skies devrait dégager un chiffre d'affaires de 1,5 milliard de francs.

Interrogé sur les capacités offertes par l'aéroport de Bâle-Mulhouse, base de Swiss Skies, M. Bovensiepen a expliqué que des créneaux horaires, des "slots" dans le jargon, y sont encore disponibles. Mais tous les appareils ne seront pas stationnés sur le tarmac de l'Euroairport, a poursuivi M. Vogels. Quant aux destinations, mis à part la ville américaine de Cincinanati, le secret reste bien gardé.

Les quatre hommes se sont dits surpris de l'intérêt suscité dans les médias par leur projet. "Aujourd'hui, il ne s'agissait pas de lancer une nouvelle compagnie aérienne, mais bien de présenter une idée", a souligné le porte-parole, Adrian Kohler.

Swiss Skies a indiqué mercredi viser le seuil de rentabilité après trois ans d'exploitation et compte créer quelque 5000 emplois, dont la moitié sera directement liée aux activités aéroportuaires. Selon M. Oliveira, "de nombreux voyageurs sont fatigués de devoir prendre une correspondance dans de grands aéroports en Europe ou aux États-Unis".

"Ils seront ravis de pouvoir profiter de vols internationaux depuis des aéroports moins surchargés et plus proches de chez eux, ce qui leur permettra de réduire sensiblement les coûts engagés tout en diminuant de 30% le temps de voyage".

M. Oliveira espère que la compagnie aérienne deviendra "un véritable disrupteur au sein de l'industrie du transport aérien".

L'entreprise, qui s'est lancée dans une levée de fonds de 100 millions de dollars (97,4 millions de francs), veut débuter ses activités au second semestre 2019 et se concentrer sur les destinations en Amérique du Nord.(awp)






 
 

AGEFI



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