A Genève, les banques moyennes sont les moins optimistes pour 2018

mardi, 09.10.2018

Une part de 45% des établissements bancaires genevois de taille moyenne s'attend à un recul des recettes et du bénéfice net lors de l'exercice 2018.

Yves Mirabaud, président de la Fondation Genève Place Financière. (keystone)

L'exercice 2018 devrait s'avérer moins favorable pour les banques genevoises de taille moyenne que pour le reste de la place financière. Une part de 45% d'entre elles s'attend à voir ses recettes et son bénéfice net s'éroder entre 3% et 7%, une proportion supérieure à toutes les autres catégories, selon l'enquête conjoncturelle publiée mardi par la Fondation Genève Place Financière.

Les établissements de 50 à 199 emplois sont également ceux qui prévoient le plus de réduction d'effectifs pour raisons économiques. En tout, 25% des banques moyennes ayant répondu au sondage tablent sur un tel scénario.

Ce constat doit toutefois être relativisé puisque la moitié des banques de cette taille anticipe une croissance de l'effectif, par le truchement de fusions/acquisitions, de transfert d'activités à Genève ou grâce à la croissance organique des affaires.

Dans l'ensemble, 36,4% des établissements de cette catégorie s'attend à une année difficile, 27,3% à un statu quo et 27,3% à un bon exercice. Il s'agit des résultats les moins optimistes de l'étude conjoncturelle, lancée au mois de juin.

Les gérants indépendants et les petites banques (1 à 49 emplois) nourrissent globalement des espoirs modérés pour l'année en cours. Les banques de grande taille (200 emplois et plus) interrogées semblent tirer leur épingle du jeu, aucune ne prévoyant une issue négative pour l'exercice 2018.

Capacité à attirer des clients

Ces tendances par catégorie correspondent peu ou prou à la marche des affaires au premier semestre. Les banques de grande taille ont enregistré en majorité des hausses très fortes du produit d'exploitation et du bénéfice net. Le tableau est plus contrasté parmi les autres établissements, surtout chez les moyens.

L'évolution de la masse sous gestion (privée et institutionnelle) suit la même logique. Les résultats les plus positifs sont à chercher du côté des banques de grande taille, dont avec une proportion de 41,7% qui revendique une croissance de 3% à 7%.

La variation d'une année à l'autre résulte principalement (63,2%) d'apports ou de retraits pour ces établissements, preuve de leur importante capacité à attirer de nouveaux clients. L'effet de marché et les effets de change représentent respectivement 21,1% et 15,8% de l'augmentation pour cette catégorie.

Les gérants indépendants se démarquent dans ce domaine, avec des apports ou retraits totalisant 63,6% de l'évolution de la masse sous gestion.

La provenance des fonds varie très fortement selon le type d'établissement. Le Moyen-Orient apparaît néanmoins comme l'une des régions les plus dynamiques en termes d'entrées nettes d'argent.

Les petites banques et les gérants indépendants posent le regard le plus critique sur l'attractivité de la place financière genevoise en termes de conditions-cadre que celle-ci propose.

L'étude conjoncturelle de la Fondation Genève Place Financière est publiée chaque année. (ats)






 
 

AGEFI



...