Des chômeurs encore et toujours exclus des statistiques

mardi, 08.01.2019

A fin septembre, le taux de chômage en Suisse calculé par le Bureau international du travail s'établissait à 4,4%. Pour sa part, le Seco le plaçait à 2,4% de la population active.

La statistique établie par les services de la Confédération ne tient compte que des personnes inscrites auprès des offices régionaux de placement. (Keystone)

Le taux de chômage en Suisse parait souvent flatteur en comparaison à d'autres pays européens. Cet écart important est d'origine statistique, puisque la méthodologie utilisée par le Seco diffère avec les normes du Bureau international du travail (BIT). Conséquence: certains sans-emploi disparaissent du radar.

A fin septembre, le taux de chômage en Suisse calculé par le BIT s'établissait à 4,4%. Pour sa part, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) le plaçait à 2,4% de la population active. Toujours selon le Seco, la proportion de sans-emploi a atteint 2,6% en moyenne en 2018.

>> Lire aussi: Le taux de chômage a retrouvé en 2018 son niveau d'avant-crise

La statistique établie par les services de la Confédération ne tient compte que des personnes inscrites auprès des offices régionaux de placement. Le BIT, lui, considère comme chômeur toute personne résidant de manière permanente dans le pays, sans travail, recherchant un emploi et disponible à court terme pour le début d'une activité.

Ainsi, le taux de chômage moyen dans la zone euro atteint de 8,1%, selon les données publiées par Eurostat en novembre, suivant la définition du BIT.

Pour Samy Chaar, chef économiste auprès de Lombard Odier, les chiffres du Seco reflètent malgré tout la réalité. "Dans l'interprétation du chômage en Suisse, il n'y a pas de divergence majeure (entre les deux statistiques)", a-t-il indiqué à AWP.

Le niveau de sans-emploi dans le pays constitue un indicateur, mais c'est bel et bien l'évolution du chômage qui est déterminante, selon M. Chaar. Un avis partagé par Arnaud Masset, analyste chez Swissquote. "Ce sont les tendances qui sont intéressantes", affirme-t-il.

Arnaud Masset reconnait toutefois que les mesures effectuées par le Bureau international du travail ont davantage de sens. Samy Chaar relativise. "Même si l'on considère les chiffres du BIT, la Suisse affiche l'un des taux de chômage les plus faibles d'Europe." (ats)






 
 

AGEFI



...