La fièvre liée au coronavirus est en train de retomber

mardi, 18.02.2020

A ce jour, ce nouveau virus a largement dépassé l’épidémie de SRAS, qui s’était propagée en 2003.

Daniel Varela*

Daniel Varela

Le coronavirus continue de se propager. A ce jour cette maladie a largement dépassé, tant en nombre de personnes affectées que de décès, l’épidémie de SRAS, ou Syndrome respiratoire aigu sévère, qui s’était propagée en 2003. 

Pour l’instant, cette maladie a surtout affecté la Chine. Moins de 1% des cas d’infection sont recensés en dehors de son territoire. Il faut dire que le gouvernement de Pékin a imposé des mesures de confinement drastiques pour essayer de contenir les cas de contamination dans la province de Hubei et en particulier dans sa capitale Wuhan. Cette ville est une plaque tournante en termes de transport et elle abrite des usines particulièrement importantes au niveau de l’outil de production chinois. L’impact sur la croissance de la Chine sera donc sévère si les mesures d’isolement de la région se prolongent.

Pourtant, après un accès de faiblesse initial, les Bourses mondiales ont retrouvé leur calme. Comme nous l’anticipions à fin janvier, les investisseurs ont rapidement considéré qu’il s’agissait d’un phénomène temporaire dès lors que le pic de contamination a été atteint. Le recul observé au niveau des nouvelles infections quotidiennes nous conforte d’ailleurs dans notre scénario optimiste. On surveillera néanmoins l’évolution de ce chiffre ainsi que celui de la mortalité (environ 2% des personnes contaminées à ce jour) avant de proclamer que l’épidémie est définitivement sous contrôle.

En attendant, le sentiment a clairement tourné sur les marchés financiers. 

Les bourses asiatiques ont récupéré l’entier de la baisse, les places européennes sont en hausse depuis le début de l’année, tandis que la Suisse et Wall Street inscrivent de nouveaux records historiques. Car les marchés actions profitent par ailleurs d’un contexte monétaire favorable. L’épidémie de coronavirus a fortement pénalisé le prix des matières premières et a écarté le risque d’un dérapage de l’inflation à moyen terme.

Présidentielle aux USA

Cela conforte les banques centrales dans des politiques accommodantes qui se prolongent bien plus longtemps que prévu. Les taux d’intérêt à long terme ont ainsi de grandes chances de rester à de bas niveaux renforçant d’autant l’attrait des Bourses malgré des valorisations qui se sont nettement appréciées depuis un an. Sur le plan politique, le dossier de la guerre commerciale est refermé, du moins temporairement. Et l’attention va rapidement se tourner en direction de la campagne présidentielle américaine. Elle est traditionnellement source d’incertitude et de volatilité sur les marchés, même si les chances de réélection de Donald Trump se sont renforcées durant une procédure de destitution inaboutie qui aura beaucoup coûté au Parti démocrate. 

*Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland






 
 

AGEFI



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