ETF: les thèmes à suivre en 2019

mercredi, 20.02.2019

2018 a été une des pires années pour les marchés. L’observation des flux ETF permet de préparer l’avenir et d’élaborer des pistes de réflexion pour 2019.

Marlène Hassine Konqui*

Les flux des ETF ont en effet considérablement ralenti dans le monde et en Europe en 2018. Toutefois, en Europe, ils ont connu leur troisième meilleure année en termes de nouveaux actifs nets. Contrairement aux actions européennes qui ont le plus souffert (-3,4 milliards d’euros), les ETF sur actions américaines ont été les grands gagnants, avec 20 milliards d’euros de collecte (+54% par rapport à 2017). Les marchés développés mondiaux ont été la seule autre catégorie d’actions à ne pas connaître une baisse des capitaux entrants (+7,2 milliards d’euros, un niveau similaire à celui de 2017). Les actions émergentes arrivent troisièmes (6 milliards d’euros), soutenues par des conditions financières moins strictes aux États-Unis et des valorisations attrayantes.

Alors que les ETF sectoriels n’ont collecté que 0,2 milliard d’euros, les investisseurs européens ont injecté 1 milliard d’euros dans les ETF factoriels. Le facteur qualité s’est illustré (0,9 milliard d’euros de collecte), mais les stratégies défensives s’en sont globalement bien sorties, les investisseurs cherchant à protéger leurs gains sur fond d’incertitude. 

La gestion passive prend le dessus en Europe

De son côté, l’investissement responsable est toujours en plein essor, avec 4 milliards d’euros de capitaux entrants dans les ETF ESG en Europe en 2018. Cela représente 9% de l’ensemble des flux vers les ETF. Les ETF ESG ne représentent encore qu’une fraction des actifs du marché mondial des ETF, mais leur croissance devrait se poursuivre. Pour l’instant, les stratégies avec une approche de pointe élargie vis-à-vis des critères ESG représentent la plus grande partie du marché.

Les flux européens ont fortement diminué, passant de 770 milliards en 2017 à 187 milliards d’euros. Ils ont en fait atteint un niveau inférieur à la moitié de leur moyenne sur les sept dernières années (424 milliards d’euros). La façon dont ces flux se répartissent pourrait présager ce qui nous attend. 

En effet, l’écart entre les capitaux entrants dans les fonds actifs et passifs est aujourd’hui plus faible qu’il ne l’a été depuis longtemps: les fonds actifs n’ont récolté que 27 d’euros milliards de plus que les fonds passifs, soit beaucoup moins que la moyenne de 250 milliards d’euros sur les sept dernières années, les flux vers les fonds d’actions passifs ont de nouveau été supérieurs à ceux vers les stratégies actives, malgré une baisse de plus de moitié (passant de 115 milliards l’année dernière à 52 milliards d’euros), les fonds d’actions actifs n’ont enregistré que 30 milliards d’euros de capitaux entrants et, finalement, pour la première fois, les stratégies passives se sont également imposées dans l’obligataire, avec des collectes de 26 milliards d’euros, contre des sorties de 14 milliards d’euros pour les fonds actifs (une autre première annuelle).

Les thèmes à suivre en 2019

En 2019, le potentiel de hausse des actions mondiales semble limité, mais la possibilité d’une volatilité accrue paraît élevée. Étant donné que la croissance économique des pays développés pourrait s’essouffler légèrement, les flux vers les ETF actions des pays développés pourraient suivre la même tendance. Les réducteurs de risques, comme les ETF Minimum Variance et les ETF Smart Beta de qualité, devraient être favorisés. 

Par ailleurs, les inquiétudes au sujet de la croissance aux États-Unis sont de plus en plus vives, et la Fed a adopté un ton toujours plus accommodant. C’est une excellente nouvelle pour les actifs des marchés émergents. La rotation qui s’est amorcée à la fin de l’année dernière en faveur des marchés émergents et aux dépens des pays développés devrait se poursuivre. Les investisseurs obligataires pourraient être confrontés à de nombreux défis (fin des programmes de QE des banques centrales et hausse des taux d’intérêt). Les ETF à duration courte devraient continuer à susciter l’intérêt. Parallèlement, nous anticipons une hausse progressive de l’inflation. Les ETF investis en obligations indexées sur l’inflation pourraient ainsi prospérer plus tard dans l’année.

Gagner en popularité

Enfin, les ETF ESG devraient encore gagner en popularité, notamment sous l’effet d’une hausse de la demande et de l’évolution de la réglementation. Par exemple, la Commission européenne obligera bientôt les investisseurs à inclure des critères ESG dans leurs décisions d’investissement.

*Head of ETF Research, Lyxor ETF






 
 

AGEFI



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