Falcon Private Bank: le MPC ouvre une procédure pénale

mercredi, 12.10.2016

1MBD. Le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert une procédure pénale à l'encontre de Falcon Private Bank.

La procédure pénale contre la banque Falcon se base sur les résultats de l'enquête liée à 1MBD, ainsi que sur ceux de la décision d'"enforcement" délivrée par l'Autorité fédérale de surveillance des marchés (Finma). - (Reuters)

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert une procédure pénale à l'encontre de Falcon Private Bank, dans le cadre du vaste scandale de corruption lié au fonds souverain malaisien 1MBD. Le MPC indique mercredi dans son communiqué soupçonner des défaillances dans l'organisation interne de l'établissement zurichois, qui aurait dès lors laissé se perpétrer des actes de blanchiment d'argent.

La procédure pénale contre la banque Falcon se base sur les résultats de l'enquête liée à 1MBD, ainsi que sur ceux de la décision d'"enforcement" délivrée par l'Autorité fédérale de surveillance des marchés (Finma), précise le texte. Le MPC établit à ce titre un parallèle direct avec la procédure ouverte en mai contre la banque tessinoise BSI.

Le MPC rappelle qu'à l'instar des personnes physiques, la présomption d'innocence prévaut également pour les personnes morales.

Falcon Private Bank s'est vu confisquer mardi par la Finma 2,5 mio CHF de gains obtenus illégalement dans le dossier 1MBD. Le gendarme helvétique des marchés a aussi émis une interdiction pour la banque de faire des affaires avec des personnes exposées politiquement à l'étranger pour une durée de trois ans et menacé de retirer la licence bancaire en cas de récidive.

Licence bancaire révoquée à Singapour


L'Autorité monétaire de Singapour (MAS) a pour sa part sauté l'étape de l'avertissement et banni Falcon Private Bank de son territoire. Le pendant singapourien de la Finma a dans la foulée condamné l'établissement à une amende de 4,3 mio SGD (environ 3,7 mio CHF), pour son implication dans le scandale de corruption autour de 1MBD.

L'affaire 1MDB a entraîné l'ouverture d'enquêtes dans plusieurs pays, y compris aux Etats-Unis. Elle a fini par atteindre le Premier ministre malaisien Najib Razak après des révélations du Wall Street Journal, selon lesquelles le dirigeant aurait perçu 1 mrd USD (980 mio CHF) de financements liés au fonds souverain, endetté aujourd'hui à hauteur de plus de 10 mrd USD.

L'affaire avait déjà coûté en juin dernier sa licence bancaire singapourienne à la banque tessinoise BSI, en voie d'intégration par EFG International, en supplément d'une sanction pécuniaire de 13,3 mio SGD (9,5 mio CHF au cours de l'époque).

En Suisse, la Finma avait sanctionné en mai la BSI d'une ponction de 95 mio CHF sur son bénéfice net, imposé la dissolution de la banque et interdit à ses dirigeants d'occuper des postes à responsabilité auprès de son nouveau propriétaire, créant une onde de choc sur la place financière helvétique. - (awp)


 

 
 

 
 

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