L’Europe sous tension

lundi, 19.11.2018

1ère partie. Incertitudes et hausse de la volatilité sur les marchés actions européens.

Enguerrand Artaz*

Après un début de mois dans le vert, les marchés actions sont repartis nettement à la baisse la semaine dernière, notamment en Europe. Il faut dire que l’actualité a été pour le moins chargée sur le Vieux Continent. 

Tout d’abord, alors qu’elles avaient jusqu’à mardi pour transmettre à la Commission européenne une version modifiée du budget 2019, les autorités italiennes ont annoncé qu’elles ne procéderaient à aucune modification. L’Italie s’expose ainsi à des sanctions financières en cas d’ouverture d’une procédure pour déficit excessif. La réunion de la Commission du 21 novembre donnera le ton. Globalement attendue, cette annonce du gouvernement italien n’a fait que peu bouger les taux. 

Ensuite, pour la première fois depuis 2015, le PIB allemand s’est contracté au 3e trimestre, reculant de -0,2%. La principale cause de ce tassement, anticipé, est l’entrée en vigueur, le 1er septembre, de nouvelles normes de certification anti-pollution des véhicules. Celles-ci ont fortement pesé sur l’industrie automobile. Volkswagen, par exemple, a ainsi été contraint de stocker des milliers de véhicules en attente d’homologation et de fermer plusieurs jours son usine de Wolfsburg pour ne pas augmenter ce stock. Si elle s’explique donc par un phénomène ponctuel, cette faiblesse de l’économie allemande inquiète dans un contexte d’incertitude, comme l’a montré le décevant niveau du dernier indicateur ZEW sur le sentiment économique des investisseurs. 

Enfin, la semaine a été marquée par l’accord sur le Brexit. Mardi, les négociateurs européens et britanniques sont parvenus à un projet de compromis qui, pour être validé, doit être entériné par les pouvoirs politiques des deux parties. Une première étape a été franchie mercredi, avec son approbation – dans la douleur – par le gouvernement de Theresa May. Considérant le texte comme trop désavantageux pour l’intérêt national, cinq ministres ont démissionné. De plus, l’aile dure du Parti conservateur, sous l’égide du député Jacob Rees-Mogg, envisage de soumettre une motion de défiance contre le gouvernement de Theresa May. Elle sera déposée si 48 députés conservateurs en font la demande, et s’ensuivrait un vote à la Chambre des communes et la destitution de Madame May si une majorité de députés conservateurs votent en ce sens. Même si M. Rees-Mogg déclarait vendredi avoir réuni 48 parlementaires, ce scénario paraît improbable. Toutefois, la validation de l’accord est tout aussi loin d’être acquise. Un flou qui suscite une vague de méfiance. 

Connaître l’issue des sujets italiens et britanniques est une gageure. Une chose est néanmoins certaine: sans soutien des données macroéconomiques, l’incertitude qu’engendrent ces dossiers continuera de peser sur la tendance des marchés et d’alimenter la hausse de la volatilité. Ainsi s’éloigne l’hypothèse d’un rallye de fin d’année…

*Analyste-gérant à La Financière de l’Echiquier 






 
 

AGEFI



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