«Machine as a service»

mardi, 20.11.2018

Xavier Comtesse / Philippe Grize*

Xavier Comtesse / Philippe Grize

A nouvelle vague industrielle, nouvelle vague de fabricants. Les usines deviennent «intelligentes», connectées et font appel à des nouvelles ressources en savoir-faire. Ainsi la maintenance devient prédictive et les réparations sur des machines connectées peuvent se faire à distance pour éviter tout arrêt de production. Pour cette raison, les fabricants de machine se tournent vers un nouveau business model: la machine en tant que service.

Mais la numérisation des processus de fabrication n’est pas aussi simple que de connecter des périphériques au Wi-Fi. D’une part, l’industrie manufacturière est plus reconnue pour son génie mécanique que pour ces compétences dans le numérique, sans parler de «cloud computing».  D’autre part, l’évolution d’une organisation manufacturière vers l’industrie 4.0 nécessite un changement de paradigme, voire de culture avec comme défi de faire communiquer des experts métiers de l’usine traditionnelle avec les data scientists.

Les industriels d’aujourd’hui n’achètent déjà plus d’équipement de production en un seul paiement, ils négocient les indicateurs clés de performance (KPI) et conditionnent une partie du paiement en fonction de la productivité de l’équipement. Par définition, ils n’achètent pas une machine, ils achètent des capacités et des performances dont ils acceptent de moins en moins de porter seuls les risques. Et les notions de maintenance prédictive de machines connectées ouvrent la porte à une gestion des équipements de production par les fabricants eux-mêmes, ce que l’on peut voir comme une menace parce que les risques reposeraient de plus en plus sur eux, mais aussi comme une immense opportunité par le développement de nombreux services associés. Par exemple, sous forme d’un «abonnement» qui garantirait aux industriels que leur parc machine est en permanence sous surveillance et opérationnel et avec un «abonnement premium», ils pourraient même bénéficier des dernières évolutions technologiques.

Les services à développer ne se limitent donc pas à la maintenance et à la réparation des équipements, ils prendront la forme de mises à jour logicielles, par définition nécessaires pour des machines connectées  mais permettant également d’en améliorer les fonctionnalités, l’ergonomie d’utilisation et les performances. Les mises à jour de nos smartphones sur des machines en tant que service générant de nouveaux profits.
Les entreprises doivent regarder au-delà de leurs machines pour répondre aux attentes croissantes de leurs clients et trouver de nouveaux moyens d’accroître leur satisfaction. Une solution consiste à développer un large panel de services pour couvrir au maximum leurs besoins, sous forme de plateforme dédiée à des domaines d’activités spécifiques. Par exemple, les entreprises du numérique les plus performantes aujourd’hui ont étendu leur portefeuille de moteurs de recherche et de librairies à des méga-conglomérats technologiques, offrant aux clients finaux une possibilité de choix complet au lieu de produits individuels.

En fin de compte, le client vient toujours en premier et l’industrie 4.0 va atteindre le summum de la satisfaction du client grâce à cette philosophie de la machine en tant que service. La transformation numérique ne se limite pas à la connectivité des machines. Elle implique une approche globale basée sur de nouveaux business modèles qui valoriseront machines et services en tant que solution packagée selon le besoin de chaque client.

* Mathématicien / Directeur, HE-Arc Ingénierie






 
 

AGEFI



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