«La première compétence d’un innovateur, savoir s’entourer»

lundi, 20.07.2020

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse

C710 est son nom. C’est un bras robotisé expert en polissage qui a une importance primordiale sur la qualité de surface et sur l’éclat des produits. Très importante notamment pour l’industrie horlogère, cette technique est largement une affaire artisanale.

Un pas est aujourd’hui franchi vers l’industrie 4.0, futur de notre société toute entière. Cette nouvelle machine est à la fois géniale et fort simple. L’utilisateur, expert en polissage, montre au robot les mouvements à accomplir dans une phase de «teaching». Ensuite le robot collaboratif continue seul le polissage de l’ensemble de la série.

Trois questions à Philippe Crevoisier, directeur de l’entreprise du même nom qui a été distingué en 2020 par le Prix de l’industrie 4.0 The Shapers.

Comment décrire au mieux vos innovations?

Bien que le domaine des métiers de l’horlogerie constitue le secteur de prédilection de Crevoisier SA, notre entreprise est également active sur les marchés de la microtechnique, de la maroquinerie, de l’aéronautique et du domaine médical.

Nous développons et fabriquons principalement des machines CNC (computer numerical control en fait des machines-outils à commande numérique) pour l’usinage et le meulage des matériaux durs comme la céramique, le saphir etc. Nous fabriquons également des postes de polissage qui ressemblent à de véritables bureaux reléguant les anciens tours des polisseurs aux oubliettes.

Notre dernière grande innovation est le robot collaboratif. Il est une solution qui valorise le savoir-faire du polisseur en reproduisant sa gestuelle, tout en gérant l’usure des consommables. Pour ce faire, la cellule C710 utilise les dernières technologies de robotique collaborative. D’une simplicité d’utilisation déconcertante et de petite taille, cette cellule est équipée d’un moteur C5100 qui permet le travail sur l’ensemble des accessoires de la gamme produite par notre entreprise. Un polisseur expérimenté pourra s’occuper de plusieurs cellules, ce qui devrait permettre de rapatrier des travaux actuellement sous-traités à l’étranger.

Cette innovation est le résultat de la continuité des machines et appareils que nous développons depuis des années. Une société comme la nôtre se doit d’être et de rester à la pointe de la technologie.

Quelle compétence doit avoir un innovateur?

Il doit avant tout être passionné, avoir du plaisir à contribuer à la recherche et à la mise au point de machines et appareils...

Avoir la possibilité de travailler dans un domaine intéressant permet très souvent d’avoir l’impression de réussir, d’avoir des satisfactions ce qui donne beaucoup de plaisir dans l’activité professionnelle et qui provoque un genre de compétition poussant à l’innovation. 

La première compétence d’un innovateur est de savoir s’entourer.

Une personne qui a des idées ne doit pas être seule pour les concrétiser, il faut constituer un groupe avec de multiples capacités, savoir fédérer une équipe pour avancer ensemble, avec motivation et sans préjugés.

Les autres compétences sont diverses mais la persévérance et la disponibilité sont également très importantes. 

Innover en temps de crise... c’est comment?

En temps de crise sanitaire, il y a une option qui permet pour certains domaines de réaliser des objets ou appareils pour atteindre le plus rapidement possible les objectifs et éviter la propagation du/ des virus en aidant au mieux les personnes qui s’activent pour sauver des vies, tout en protégeant les personnes en bonne santé.

Notre option est d’anticiper la suite, à savoir le retour à la vie dite «normale» et continuer les développements en cours car l’innovation est une culture d’entreprise.

* Manufacture Thinking






 
 

AGEFI



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