«La main invisible» des réseaux sociaux

mardi, 15.09.2020

Xavier Comtesse **

Xavier Comtesse

Monde visible, monde invisible: la séparation est indéniable. Internet se cache du réel tout en étant capable de l’influencer fortement.


Donald Trump l’a bien compris, en jouant les réseaux sociaux contre les médias traditionnels. Il a su profiter de la situation lors de l’élection de 2016.Les sondages et médias donnaient Hillary Clinton victorieuse, mais cependant, la campagne via les réseaux sociaux allait lui donner la victoire. C’est cette vérité qu’un trio composé du professeur Jacques Savoy et de Loris Schmid, spécialistes en traitement de la langue naturelle à l’Institut d’informatique de l’Université de Neuchâtel associés à Christoph Glauser, politologue et spécialiste des médias à l’IFAA, ont voulu analyser à nouveau cette année pour la campagne présidentielle 2020. A nouveau le Web donne Trump gagnant. On verra! Mais ce qui est évident, c’est que la vérité du monde réel n’est pas celle du monde invisible des réseaux sociaux.

La leçon à tirer, c’est que l’opinion publique se forge de plus en plus dans cette sphère invisible des réseaux sociaux. Quel enseignement devons-nous avoir pour l’activité économique?

D’abord ignorer les réseaux sociaux, c’est se condamner à un échec commercial. La maîtrise de l’opinion est vitale pour toutes les entreprises. Laisser à d’autres forger l’opinion est dangereux. Il faut garder la maîtrise et le digital marketing devrait toujours inclure cette dimension des réseaux. Le chef d’entreprise doit être en première ligne de la communication d’entreprise.

Ensuite, les médias internet ne sont pas les réseaux sociaux. Il ne faut pas confondre. Ces deux véhicules de communication sont bien distincts. L’un est l’œuvre de journalistes et l’autre de la «main invisible»: Facebook, Twitter, LinkedIn sont aujourd’hui plus important que jamais. C’est sur ces plateformes que se joue l’opinion. Nulle part ailleurs. Ainsi, continuer à faire de la pub sur un site d’information en ligne, c’est passé à côté de ce phénomène social. Beaucoup d’entreprises se trompent en se contentant de simples publicités médias en ligne. La pub internet n’est pas si adéquate pour façonner les opinions… cela peut tout au plus renforcer une image, pas la créer. Seuls les réseaux sociaux savent créer un impact décisif. Les influenceurs en sont l’expression la plus visible. Aujourd’hui, il faut aller au charbon sur les réseaux.

Enfin, développer une compétence en réseaux sociaux devrait être le but premier de tout chef d’entreprise. Il faut savoir «tweeter» si vous voulez être quelqu’un! L’entrepreneur ne doit pas simplement diriger, il doit expliquer sa démarche. Non seulement auprès de ses collaborateurs mais face «à la main invisible*» des réseaux sociaux. Elon Musk est passé maître en la matière. Plus près de nous, Pascal Meyer, CEO de Qoqa est un autre très bon exemple. Entrepreneur, c’est maintenant à vous de jouer.

Bon, Il y aurait bien d’autres observations concernant ce changement brutal amplifié par la crise sanitaire actuelle comme la vitesse, la fréquence et la justesse de réaction sur les réseaux. Toutefois, une leçon apparaît comme déterminante: toute campagne de marketing devrait façonner une «story» pour la main invisible! n

*En économique, la main invisible est une expression, qui désigne la théorie selon laquelle l’ensemble des actions individuelles des acteurs économiques, guidées par le seul intérêt personnel de chacun, contribuent à la richesse et au bien commun.

** Manufacture Thinking






 
 

AGEFI



...