De la Machine-Outil à la Machine-Intelligente

mercredi, 11.07.2018

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse, mathématicien et digital shapers.

Reto Wyss est un physicien formé à l’EPFL (1995-97), à ETHZ (1997-2000) puis à Caltech (2005) aux Etats-Unis qui travaillait au CSEM (2006-2012) de Neuchâtel lorsque la société CPA Groupe cherchait à développer de nouveaux outils dans le domaine de la vision industrielle. 

Il a alors proposé d’appliquer à cette problématique une toute nouvelle méthode (pour l’époque) appelée le «machine learning». Ce fut rapidement un succès. En 2012, il co-crée donc ViDi Systems SA, une start-up fribourgeoise qui aujourd’hui fait partie du groupe Cognex, leader mondial de la vision industrielle. La compagnie propose un ensemble d’outils software et hardware qui se distingue par une approche de «machine learning» simplifiant le contrôle visuel par apprentissage automatique sans nécessiter à chaque fois une nouvelle programmation.

Véritable révolution en milieu industrielle

Le logiciel IA (Intelligence Artificielle) interprète les images d’une série de «bonnes» pièces pour en définir un modèle de référence auquel sont ensuite comparées les pièces produites en grandes séries que l’on désire inspecter. Le modèle inclut les variations liées aux processus de fabrication. Cette découverte est une véritable révolution en milieu industrielle mais pas seulement comme nous le verrons.

Ainsi, pour une vis, le modèle est créé en moins de 20 minutes à partir d’une sélection d’images de plusieurs «bons» échantillons mis en rotation sur leur axe.

Un algorithme digital n’a pas d’état d’âme

En phase d’inspection, le logiciel rapporte les défauts identifiés (rayures, bosses, taches...) n’importe où à la surface de la vis, avec une acuité jusque-là obtenue par l’œil humain rapporte Reto Wyss.

Inventé et programmé par Reto Wyss – la légende dit qu’il a fait une version Bêta en quelques semaines seulement même s’il y travaille encore aujourd’hui – ce package qui est – maintenant l’œuvre d’une équipe – permet à tout système de production automatique d’avoir un contrôle expert virtuel souvent meilleur que l’homme car ce dernier est inconstant. Influencé par son état physique (fatigué) ou mental (lunatique) l’homme n’agit pas avec constance. Un algorithme digital n’a pas d’état d’âme... dans ce cas cela peut être utile!

Denis Jeannerat est directeur R&D, Willemin Macodel à Delémont, avant il était l’assistant à l’EPFL du Professeur Pruvot. Aujourd’hui, il est un visionnaire capable de tout remettre en cause pour trouver le «Saint Graal» de la machine «intelligente» afin de pouvoir produire en masse des lots unitaires tel qu’un implant dentaire ou l’erreur est exclue. La personnalisation des implants est une nécessité puisque les pièces à fabriquer sont liées à un Scan 3D de la mâchoire du patient. C’est beaucoup plus multidisciplinaire car il faut connaitre l’impression 3D, la façon d’usiner et surtout savoir prendre les bonnes références. Comprendre comment la matière va se déformer et comment atteindre la qualité d’emblée car la première pièce doit impérativement être bonne dès lors qu’il s’agit d’un prototype unique faite d’une seule ébauche. Le but est de stabiliser au mieux le processus pour qu’il soit reproductible à long terme.

A l’avenir, chez Willemin Macodel, les machines seront flexibles, autonomes, multiprocess… en un mot «intelligentes».

*Mathématicien, digital shapers






 
 

AGEFI


 

 



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