La durabilité, notre avenir commun

mardi, 10.07.2018

René Longet*

René Longet, expert en développement durable.

En septembre 2015 l’Assemblée générale de l’ONU validait l’Agenda 2030, qui comporte la définition de 17 Objectifs de développement durable (ODD). Ce sont autant de têtes de chapitre ouvrant sur 169 cibles qui en constituent le contenu opérationnel. Les ODD visent à fédérer l’ensemble des acteurs: pouvoirs publics, secteur privé et société civile et sont à comprendre comme un système dynamique et interconnecté.

Nous disposons ainsi d’une concrétisation actualisée du principe du développement durable énoncé en 1987 par la commission Brundlandt et officialisé au Sommet de la Terre de 1992. Il s’agit essentiellement d’une justice globale à travers une gestion équitable et responsable des ressources de notre planète, dont les disponibilités doivent être assurées sur le long terme.

Toutefois, la manière dont a été établie la première contribution suisse au Forum politique de haut niveau des Nations Unies pour le développement durable qui se tient ce mois de juillet montre que notre pays n’est pas à l’abri des manipulations politiques et enjolivements des situations. Pas si éloigné d’un Trump qui interdit à son administration d’évoquer le changement climatique, notre ministre des affaires étrangères a jugé utile d’expurger ce rapport de ce qui pouvait ternir notre image bien surestimée de premier de classe.

En effet, pays peu doté en ressources naturelles, nous vivons en bonne logique largement de ressources importées. Cela ne posait pas de problèmes tant qu’il y en avait assez pour tout le monde sur cette Terre. Or on ne peut pas nier que le calcul de notre empreinte écologique nous conduit au constat qu’elle est trois fois trop importante. Des innovations technologiques, comportementales et financières doivent nous permettre de ramener notre impact d’autant, par exemple en généralisant des approches comme l’économie circulaire et de la fonctionnalité, ou aussi la Société à 2000W s’agissant d’énergie.

Par ailleurs, le développement durable est fondé sur une capacité de gouvernance globale des enjeux globaux – mais aussi sur la capacité locale d’en assumer les conséquences concrètes. Elle exprime la nécessité d’un pilotage collectif des enjeux collectifs et rejette l’illusion de l’autorégulation de l’économie: il n’y a pas de marché sans régulation – et pas de régulation sans marché. La durabilité s’oppose ainsi tant aux notions de souveraineté nationale que de libre marché conçues comme un absolu, tendances qui malheureusement se renforcent actuellement et privent les individus comme l’humanité dans son ensemble d’avoir prise sur les évolutions qu’elle a elle-même déclenchées.

*Expert en développement durable






 
 

AGEFI



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