Digitalisation des trésoreries: source de ROI encore sous-utilisée

mardi, 10.07.2018

Yves Garagnon*

Yves Garagnon, CEO Dilitrust.

La Suisse est un pays aux traditions bancaires anciennes. Pourtant il est bien une pratique qui, comme partout ailleurs, a du mal à décoller. Celle de la dématérialisation des pouvoirs bancaires, incarnée par un standard: l’eBAM. Il s’agit de la traduction numérique du BAM (le Bank Account Management), connu comme chronophage, cher (car consommateur de papier) et source d’erreurs.

L’eBAM (electronic Bank Account Management) est la réponse à ces trois problèmes: cette norme qui concerne la délégation des pouvoirs bancaires mise en place par Swift est agile et flexible, totalement dématérialisée et sûre (tant au niveau de l’écriture que de la sécurité, mais on y reviendra).

Concrètement, un outil eBAM répertorie l’ensemble des sociétés et des mandataires afin de dessiner les chaînes de délégation. Il automatise toutes les procédures suivantes: l’ouverture et la fermeture de compte, la mise à jour de pouvoirs bancaires, les circularisations bancaires, la maintenance de compte et le reporting bancaire. Le tout en s’abolissant du règne du tout papier et en renforçant le contrôle interne et la traçabilité. Notons que la dématérialisation des pouvoirs bancaires va impérativement de pair avec celle de la signature, ce qui garantit un process avec un niveau de sécurité accru.

Modèle de délégation des pouvoirs

Dans un sens, avec l’eBAM, le digital et l’automatisation transforme positivement les métiers financiers au sein des entreprises. 83% des trésoriers interrogés y voyaient en 2016 un moyen de simplifier la gestion des pouvoirs et 80% la garantie que la banque prendrait bien en compte leurs demandes (Sondage Universwiftnet). Mais si le standard eBAM est si révolutionnaire, pourquoi n’est-il pas davantage adopté?

La raison principale tient à la difficulté d’établir un modèle de délégation des pouvoirs. Car avant de déployer eBAM, il faut avoir une idée précise de qui fait quoi dans l’entreprise, qui détient quel pouvoir et quelles sont les limites, en termes de trésorerie. Une question rarement abordée sous l’angle du numérique. Si les banques et les entreprises ont rapidement compris l’intérêt que pose un standard de communication en commun, les secondes restent régulièrement dépourvues quand vient le moment d’intégrer une solution eBAM. 

Car il s’agit souvent d’un projet au sein duquel une bonne organisation des pouvoirs bancaires est une condition sine qua non. Remettre à plat cette organisation s’apparente pour les entreprises, au nettoyage des écuries d’Augias (manque de moyens, manque de connaissance, etc).

Ce qui laisse donc dirigeants d’entreprises et Trésoreries face à un casse-tête: comment intégrer une solution eBAM?

D’abord, concevoir le projet «pas à pas». L’eBAM est à la fois utile pour les grandes entreprises internationales, disposant de filiales à travers le monde, que pour celles de taille moyenne qui souhaitent muscler leur trésorerie. Dans les deux cas, il faut délaisser une approche reposant sur un «Big bang» et privilégier les victoires tactiques, segment par segment.

Ensuite, envisager le recours à des professionnels pour bâtir une architecture solide de gestion des pouvoirs bancaires. Ces professionnels peuvent soit provenir du monde bancaire, ou à l’image de DiliTrust avoir une expérience éprouvée dans la délégation des pouvoirs. Mais gare dans les choix des prestations: tous les eBAM ne se valent pas, et il vaut mieux se concentrer sur une version v.2, plus rapide, sans bugs, et dont les retours sur investissements sont avérés, qu’une version v1 presque obsolète de nos jours.

Si toutes ces étapes peuvent apparaître comme rédhibitoires pour un chef d’entreprise, il faut garder en tête que le retour sur investissement est avéré dans neuf cas sur dix. Et qu’entre le papier économisé et le temps dégagé pour les trésoreries, c’est autant de coûts, d’erreurs de paiement et de temps humain qui permettront à l’entreprise de se recentrer sur son cœur de métier.

*CEO Dilitrust






 
 

AGEFI


 

 



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