Felco et les nouveaux défis de la 4e révolution industrielle!

mercredi, 04.07.2018

Xavier Comtesse*

Xavier Comtesse, mathématicien et digital shaper.

Felco est une superbe entreprise familiale du canton de Neuchâtel qui fabrique des sécateurs. Elle tente aujourd’hui de défier la révolution industrielle 4.0. 

Rencontre avec Christophe Nicolet, son directeur qui a travaillé dans de grands groupes internationaux avant de s’atteler à la tâche d’entraîner l’entreprise dans le numérique. Récit. 

Avec quel bagage avez-vous pris les commandes de Felco?

Mes expériences dans le domaine de la machine-outil, notamment aux USA puis au sein du Swatch Goup en Asie m’ont permis d’acquérir de bonnes pratiques de management basées sur l’efficience et la profitabilité. Dans le respect des valeurs propres à une Société familiale, nos décisions chez Felco se prennent sur le long terme, nous pratiquons un management bienveillant. J’amène également de bonnes pratiques afin de préparer la société aux enjeux industriels actuels à savoir la digitalisation et l’intégration de la production. J’ai initié tout d’abord une approche qui vise l’amélioration des tâches effectuées notamment par les méthodes 5S, visant à améliorer en continu la gestion d’entreprise. Nous avons ensuite connecté l’ensemble de notre parc machines à un logiciel qui permet de suivre en temps réel, le taux de rendement synthétique.

L’objectif étant de connaître et partager les causes des pertes de productivité de chaque moyen de production.

Désormais chaque opérateur peut grâce à son Smartphone connaître le statut de sa machine et des autres machines de l’atelier. Il prendra lui-même la décision de lancer une nouvelle série ou d’opérer une fonction spéciale sur la machine. Ce virage nous l’avons initié il y a à peu près quatre ans et cette remise en cause depuis lors pratiquement quotidienne contribue à la profitabilité de l’entreprise. Nous avons également implémenté le SMED qui a permis l’optimisation du temps de mise en train des machines et actuellement, nous travaillons à l’introduction de la maintenance préventive et prédictive (Système TPM-RCM), afin de réduire les arrêts intempestifs et non planifiés, du type «pannes».

Donc vous avez fait du «lean management» avant de digitaliser?

Nous sommes allés aussi loin que possible avec le «lean management» mais étant donné que nous avons grandi sur les lieux où l’entreprise a été fondée et où le premier sécateur a été fabriqué, nous sommes donc limités par nos murs. Nous travaillons tous à tendre vers l’excellence organisationnelle et c’est un élément motivateur important. Nous observons un changement sociétal. Les aspirations de la jeune génération sont complètement différentes, elles sont très axées sur le partage, la collaboration et le travail en équipe et on peut dire que le lien entre vie professionnelle et privée est de plus en plus diffus. Nous devons prendre conscience de réinventer notre manière de travailler et je m’efforce d’accompagner ce changement. Nous nous rendons compte que «la nouvelle génération» sera plus apte à suivre les évolutions que la nôtre. Aujourd’hui, nous n’avons pas de problème pour attirer les nouveaux talents, en revanche les retenir est beaucoup plus délicat. Un bon «Storytelling» et un sens donné à nos affaires sont indispensables pour ne pas les perdre.

*Mathématicien, digital shaper






 
 

AGEFI



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