Plus particulièrement l’été: lire, c’est bon pour la santé!

lundi, 02.07.2018

Marc Ehrlich*

Marc Ehrlich, CEO de Vipa.

L’été approche avec l’angoisse pour certains de se retrouver sur une plage isolée sans avoir pris suffisamment de bons bouquins avec soi. 

Faire un choix optimal n’est pas une tâche aisée, il faudra trouver le juste équilibre entre légèreté, réflexion, développement et plaisir. Pour y parvenir, pourquoi ne pas s’inspirer de quelques lecteurs illustres? 

Rien de tel en effet que de plonger dans l’intimité des grands hommes à travers leurs lectures et d’imaginer l’impact qu’elles auront eu sur leurs décisions et leur destin. C’est d’ailleurs certainement une démarche similaire qui aura inspiré la reine Catherine II de Russie en achetant à prix d’or la bibliothèque entière de Voltaire, généreusement annotée par le philosophe. Ce trésor se trouve encore aujourd’hui à Saint-Pétersbourg. Vous trouverez facilement sur internet toutes sortes de listes et d’analyses des lectures de personnes célèbres.

Prenons par exemple Napoléon Bonaparte, un vrai boulimique de lecture! Il demande à son bibliothécaire personnel de préparer des livres sans marges et imprimés sur du papier fin afin de pouvoir les transporter durant ses campagnes. 

Il se passionne bien sûr pour les livres de stratégie – Jomini et Machiavel – mais il lit volontiers Rousseau et les classiques grecs ou même Goethe; il accorde également une attention particulière aux récits de campagne: Jules César et la guerre des Gaules, Thucydide et la guerre du Péloponnèse. Dans un article de 1965 sur ses livres ramenés de la campagne d’Egypte, Emmanuel Davin rapporte que l’on retrouve un livre de Bacon marquée à une page où l’on peut lire: «C’est une étrange passion que celle de vouloir dominer sur les autres en perdant sa propre liberté». Une autre marque sur un livre de Mercier prophétise: «Tu mourras dans l’exil et dans l’oubli!». 

On peut lire dans son livre autobiographique «Mes jeunes années» à quel point Winston Churchill raffole des livres. Selon Jonathan Rose, Winston adore particulièrement «The time machine» de HG Wells. Grâce à ce livre, il comprendra l’importance de développer des chars d’assaut qui changeront le sort de la première guerre mondiale. Toujours selon Rose, la lecture des «Mines du roi Salomon» de Haggard influencera Winston sur l’importance de résister à un tyran...

Autre époque, Warren Buffet prétend lire au moins 500 pages par jour et y consacre 80% de son temps, c’est selon lui comme cela que la connaissance se construit; il aurait vivement recommandé à Bill Gates de lire «Business adventures» de John Brooks. Jeff Bezos a été fortement influencé par la quête de l’absolu d’un majordome et les réflexions apparaissant dans les «Vestiges du jour» de Kazuo Ishiguro, bien avant que ce ce dernier ne remporte le prix Nobel en 2017 et «The Innovator dilemna» de Clayton Christensen.

J’ose pour ma part recommander les deux livres qui m’ont particulièrement marqué cette année: «Barbarians at the gate» de Bryan Burrough, qui relate l’épouvantable fiasco de la prise de contrôle de RJR Nabisco par des financiers, et le magnifique «La peur de l’insignifiance nous rend fous» de Carlos Strenger. Ces deux livres montrent chacun à leur manière à quel point l’humain doit toujours rester au centre de toutes les préoccupations.

*CEO Vipa






 
 

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