Petit guide à destination de l’investisseur en obligations

mardi, 15.05.2018

Paul Brain, directeur de la gestion obligataire Newton IM

Paul Brain, directeur de la gestion obligataire Newton IM.

Aux États-Unis, dans la zone euro et au Royaume-Uni, le discours dominant de la banque centrale est celui de la normalisation des politiques.

Les taux d’intérêt sont à la hausse, les bilans des banques centrales diminuent et l’assouplissement quantitatif touche à sa fin. Ce virage politique forcera les investisseurs obligataires à penser différemment.

À première vue, nous vivons dans un monde où les banques centrales avancent à vitesse accélérée. La Réserve fédérale américaine se tient fermement dans la voie rapide: avec six hausses de taux d’intérêt depuis fin 2016, elle prévoit jusqu’à six autres hausses au cours des 12 prochains mois..

Les bilans diminuent

L’approche de la Fed, avec ses multiples hausses de taux, est le parfait exemple d’approche «hawkish». Les banques centrales du monde entier commencent à adopter une approche similaire.

En parallèle, les bilans diminuent. Encore une fois, la Fed est l’exemple le plus frappant: son taux de réduction actuel est de 20 milliards de dollars US par mois. La vitesse de cette réduction va continuer de s’accélérer, avec environ 500 milliards de dollars US d’obligations qui devraient revenir sur le marché dans les 12 prochains mois. La ligne de conduite à l’extérieur des États-Unis est claire alors que les banques centrales du monde entier commencent à réduire leurs achats d’actifs.

Vient ensuite la problématique de «dérapage fiscal», c’est-à-dire l’adoption par les gouvernements de politiques populistes, qui pourraient servir à stimuler l’économie au sens large.

Adapter son positionnement

En théorie, ce changement de ton (taux d’intérêt plus élevés et retour à l’inflation) est une très mauvaise nouvelle pour les obligations. Mais cela ne veut pas dire que les investisseurs devraient thésauriser. Bien au contraire: différentes opportunités s’offrent à eux.

La diversité même de l’environnement politique peut aller en faveur des investisseurs mondiaux, leur permettant de sélectionner leur exposition face aux différents taux d’intérêt et approches en matière de relance budgétaire. Le paradigme d’une banque centrale à plusieurs vitesses donne la liberté de prendre un chemin nuancé en matière d’allocations.

Des investisseurs prudents pourraient naturellement être attirés vers des pays aux notations de crédit plus élevées Mais en même temps, si vous êtes payés pour prendre des risques, vous vous tourneriez également vers certains des pays avec un compte courant ou équilibre budgétaire plus fragiles. En fin de compte, il s’agit de savoir si le rendement offert est suffisant pour compenser toute augmentation du risque.

Alors que certaines dettes souveraines émergentes sont toujours libellées en dollar, d’autres pays ont rompu ce lien en émettant des obligations libellées en monnaie locale. Il est ainsi possible d’adapter le positionnement sur l’ensemble du spectre des risques grâce à des expositions sélectives aux devises.

Afin de contrer la tendance «hawkish», les obligations à taux variables, les produits dérivés et les instruments à duration courte ont un énorme potentiel.

Il est intéressant d’adopter un ou plusieurs de ces instruments de temps à autre lorsque le marché ne semble pas intégrer de manière précise l’augmentation des taux ou la menace d’inflation à la fixation des  prix.






 
 

AGEFI



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