Leadership: le management directif est dépassé

mardi, 15.05.2018

Faut-il revoir la chaîne de commandement actuelle? La réponse de Thierry Blanc, directeur de la gouvernance DFI Service.

Thierry Blanc, directeur de la gouvernance DFI Service

Thierry Blanc, directeur de la gouvernance DFI Service.

Le management le plus courant dans les entreprises est, sans aucun doute, la chaîne de commandement. Cela signifie que la communication s’effectue toujours par l’intermédiaire d’un gestionnaire.

L’inconvénient avec cette approche est que le renforcement du pouvoir du gestionnaire ne sert pas l’entreprise. Ajoutons qu’en termes d’efficacité, cette solution est pour le moins discutable.

Surtout, ce type de management décourage les meilleurs éléments, les incite à quitter l’entreprise. Pire encore, les collaborateurs se désengagent. Quant aux nouveaux talents, ils ne sont pas attirés par ces entreprises. Enfin, tôt ou tard, ce type de management repoussera les futurs clients. La solution ne réside pas dans le fait d’installer une salle de sport ou d’organiser des séances de yoga en pensant que cela transformera la situation des collaborateurs, améliorera leur bien-être et leur engagement au travail.

Un lieu de responsabilisation

La véritable transformation est qu’aujourd’hui, il n’y a plus d’un côté les «sachants» et de l’autre les «exécutants». La concentration du pouvoir dans les mains d’un organe de décision n’est donc plus de mise.

Mais l’objectif n’est pas non plus de concevoir des entreprises anarchiques, constituée de groupes autonomes ne répondant à aucune directive et définissant leurs actions et priorités selon leur bon plaisir. C’est, au contraire, un lieu de responsabilisation. La confiance n’exclut pas le contrôle, l’autonomie n’exclut pas l’encadrement.

Aujourd’hui l’entreprise, tout comme la société, devient collaborative. Collaborer, c’est s’ouvrir à la perspective de l’autre, à sa vision, son intelligence, ses compétences. Des notions de transversalité doivent s’installer dans les entreprises. De ce fait, l’information circulera de manière plus fluide et créera naturellement de la transparence. Les décisions prises dans ces conditions ne peuvent donc être que meilleures.

La priorité est donnée à l’agilité et à la créativité. A chacun de trouver le bon équilibre entre le cadrage global et la liberté des personnes du terrain. Le leadership d’aujourd’hui consiste vraiment à gérer la fluidité entre distance et proximité, cadrage et influence.

Le travail d’un dirigeant est donc de gérer et d’intégrer les savoirs collectifs de ses équipes pour résoudre des problèmes organisationnels majeurs. Il faut mettre les bonnes personnes au bon endroit, amener du bon sens, se mettre face aux réalités et avancer vers l’objectif, Cela démultiplie l’engagement, et la motivation de chacun, multiplie la souplesse et la vitesse d’implémentation.

Le leader de demain n’est pas le faiseur mais plutôt celui qui est capable d’inviter à une conversation intelligente.

Il existe des entreprises dans des secteurs très porteurs qui font faillite tous les jours. La pression concurrentielle qui pèse sur les entreprises est bien une réalité. Il est donc indispensable que l’entreprise s’adapte aux changements de son environnement et demeure rentable pour sa propre survie. De ce point de vue les dirigeants ont pour mission de conduire les changements nécessaires.






 
 
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