Le retard des caisses publiques romandes

vendredi, 11.05.2018

Prévoyance. Le fossé entre les caisses privées et publiques est plus préoccupant que les chiffres ne le laissent penser.

Christian Affolter

Le rapport annuel de la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle (CHS PP) permet d’observer que seulement 5,3% des caisses privées sont en sous-couverture à un taux technique unique de 2,2%. Contre 95,7% des caisses publiques. La CHS PP n’établit cependant pas de distinction entre les régions linguistiques. D’autres sources, notamment l’étude annuelle de Retraites Populaires, mettent en évidence que le problème est nettement plus important du côté romand. Le spécialiste des questions de prévoyance chez Avenir Suisse Jérôme Cosandey parlait même d’un triple Röstigraben.

Le premier fossé est celui des taux de couverture: à fin 2016, nous étions à 101% du côté alémanique, contre 69% en Suisse latine. La deuxième différence constatée est nettement liée à la première, puisque la capitalisation partielle avec garantie d’État est le modèle privilégié en Suisse romande, tandis que depuis le changement des règles en 2012, les Alémaniques ont mis le cap sur une capitalisation complète, dans la plupart des cas sans garantie d’État.

Le taux technique forme le troisième Röstigraben majeur. Selon les estimations d’Avenir Suisse qui correspondent à celles de la CHS PP, les taux en Suisse romande sont en moyenne 45 points de base plus élevés que du côté alémanique. Le problème, c’est qu’un taux technique plus élevé embellit la situation au niveau du taux de couverture.






 
 

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