Innovation: le facteur clef de l’éducation

mercredi, 09.05.2018

Marie Owens Thomsen

Marie Owens Thomsen

En matière de croissance, il faut optimiser l’utilisation des ressources à sa disposition. Ne pas utiliser toute sa main d’œuvre au mieux équivaut à un gaspillage.

Pour maximiser la productivité de la main d’œuvre, l’éducation est un facteur clé. Les pays où les jeunes sont les plus performants dans les matières scientifiques (selon l’étude PISA de l’OCDE - l’Organisation de coopération et de développement économiques) sont Singapour, le Japon et l’Estonie. La Chine arrive en 10e place, la Suisse en 18e, et les Etats-Unis en 25e

Les trois pays en tête présentent des contraintes liées à leur population, et le fait qu’ils misent visiblement sur l’éducation est une bonne stratégie pour créer plus de croissance économique et défendre le niveau de vie dans ces pays. Les petits pays et/ou les pays avec une population vieillissante qui sous-performent sur le plan de l’éducation auront un désavantage comparatif dans le futur.

La contribution des femmes

Ayant investi dans l’éducation, pourquoi se priver de la contribution des femmes? McKinsey Global Institute (avril 2018) analyse que l’Inde, le Sri Lanka et la Chine pourraient augmenter leur PIB (Produit Intérieur Brut) entre 13% et 18% d’ici 2025 si les femmes étaient mieux intégrées dans la vie économique.

Malgré toute la sympathie que nous inspirent les cheminots en France ou les employés du secteur de l’acier aux Etats-Unis, une politique qui vise à les protéger ne pourra jamais générer des gains de production comparables.

30% des demandes de brevets

Certes, la comparaison est un peu exagérée car en Occident les femmes sont déjà mieux intégrées dans le marché du travail. Toutefois, l’Occident se trouve à la traine en ce qui concerne l’optimisation des femmes éduquées.

L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle a publié des statistiques en avril 2018 démontrant qu’au moins une femme était liée à 30% des demandes de brevets dans le monde en 2017 contre 22% en 2003.

Si le progrès est notable, le différentiel par rapport aux hommes reste écrasant.

Les pays qui profitent le plus des femmes innovatrices sont la Corée du Sud, où les femmes figurent sur 50% des demandes de brevets, et la Chine où le chiffre correspondant atteint 48%.

Les Etats-Unis se trouvent 15 points plus bas, à 33%, et la Suisse encore plus bas à 28%.

Les innovatrices sont surtout actives dans la biotech et le secteur pharmaceutique, ce qui permet à une société suisse de se placer au 2e rang des sociétés ayant le plus de brevets incluant des femmes, à 69% (Hoffman La Roche), derrière les 72.5% de LG Chem en Corée du Sud.

Dans le classement des institutions académiques, les Asiatiques dominent la liste de brevets citant des femmes inventrices car seul 5 établissements du top 30 se trouvent en occident.

A la lumière de ces quelques chiffres, l’Occident pourrait tirer meilleur parti des ressources existantes. Une politique proactive en matière d’éducation et d’intégration des femmes aurait une probabilité de succès bien plus élevée que la politique visant à défendre les «acquis». L’Orient semble déjà l’avoir compris.

* Indosuez Wealth Management






 
 

AGEFI



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